Benoît Biteau

Député européen d’Europe Ecologie-Les Verts
Vice-président de la Commission de l’agriculture et du développement rural
Membre de la Délégation à l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE
Administrateur du CRIIGEN
Administrateur du CReGéne
Gérant de l’EARL Val de Seudre Identi’Terre
Président de la SAS Salu’terre d’Hélios
Site : https://benoit-biteau.eu/

Profil

Conseiller régional de Poitou-Charentes entre 2010 et 2021 et élu au Parlement européen en 2019, Benoît Biteau a souvent été comparé à José Bové, du fait qu’ils sont tous deux issus du monde paysan et qu’ils partagent la même fibre écologiste. Toutefois, l’engagement de Benoît Biteau ne s’inscrit pas au départ dans le courant de l’écologie politique. Quand il décide de faire de la politique en parallèle de ses activités agricoles en bio, il le fait d’abord sur la liste de Ségolène Royal et au sein du Parti radical de gauche (PRG). Comme il l’explique, «le PRG, je suis tombé dans la marmite tout petit», et d’ailleurs, dans son livre Paysan résistant !, il ne cite aucune référence historique de l’écologie politique comme source de son militantisme.
Désormais encarté chez EELV et proche de Yannick Jadot, il mène ses combats au niveau européen contre l’agriculture «chimique», «modèle dominant soutenu par les grandes nations en cogestion avec le monde de la finance et de la chimie, porté par l’économie libérale et la mondialisation». Il dénonce notamment la maïsiculture : «La vision d’une parcelle de maïs, si bien conduite soit-elle, me renvoie non pas au constat d’une réussite de l’agriculteur, mais à son cortège de désastres dans de nombreux répertoires et donc suscite une forme de répugnance.» Il s’oppose de façon radicale aux pesticides, aux OGM, aux engrais de synthèse ou encore aux bassines destinées à l’irrigation agricole. Ainsi, il soutient par exemple le mouvement Nous voulons des coquelicots qui demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse, déclarant : «Sortir des pesticides n’est pas qu’une nécessité agronomique et sanitaire. C’est une décision de bon sens, pragmatique.» Il a aussi témoigné à plusieurs reprises en faveur des Faucheurs Volontaires d’OGM. Il ajoute qu’il n’a «pas de problème avec l’hypothèse que Bayer, BASF, Syngenta et consorts mettent la clé sous la porte». Il s’oppose à «l’agro-industrie qui développe les élevages concentrationnaires», tout en fustigeant les végans dont «leur préférence aveugle pour de l’alimentation non carnée pouvant être fabriquée à base de soja OGM détruisant les forêts amazoniennes ou autres joyeusetés issues de l’industrie font d’eux des alliés efficaces et objectifs de l’agro-business».
Pendant la crise du Covid, de nombreux messages des milieux antivaccination et complotistes sont diffusés sur la page Facebook de la ferme de Benoît Biteau, dénonçant aussi bien les vaccins anti-Covid (qu’il appelle «injections OGM») que les mesures sanitaires. Pour Benoît Biteau, ces «nouveaux vaccins, à base de bidouillage génétique, pour lesquels nous n’avons absolument aucun recul, peuvent nous menacer de l’exact inverse.» Ainsi, dès 2020, il diffuse une vidéo polémique de son ami Christian Vélot du CRIIGEN, sceptique quant à l’utilisation des vaccins à ARNm, ou encore des messages de promotion du film antivaccination et conspirationniste Hold-up. Toujours sur le compte Facebook de sa ferme, un message de sa femme est diffusé dans lequel les mesures sanitaires et la campagne de vaccination sont qualifiées «d’horreur nazie». Il diffuse aussi la vidéo «Pourquoi Raoult est un héros» d’Idriss Aberkane ou des messages concernant les principales figures du mouvement antivaccination, comme Alexandra Henrion-Caude, Martine Wonner, maître Di Vizio, Richard Boutry ou Christian Perronne. Sur le site de sa ferme, il y a aussi eu une vidéo antivaccination des sulfureux Jean-Jacques Crèvecœur et Thierry Casasnovas. Déjà en 2017, Benoît Biteau avait soutenu la position des professeurs Henri Joyeux et Luc Montagnier, pour qui il avait «un réel respect», suite à leurs propos alarmistes sur la vaccination.

Parcours

Né à Royan en 1967, Benoît Biteau est fils d’agriculteur. À la sortie du collège, il s’oriente vers l’enseignement agricole et obtient en 1989 un BTS Semences. Il occupe ensuite un poste de maître d’internat au lycée agricole de Saintes, avant de repartir en formation en BTS Gestion et maîtrise de l’eau. De juin et octobre 1996, il devient directeur de l’exploitation du lycée agricole de Saintes, avant de partir en formation à temps plein à l’ENITAB au sein de la chaire «Productions animales, avicoles et aquacoles». En 1997, il soutient son mémoire de fin d’études sur le thème de la conservation génétique des races mulassières du Poitou. Il devient alors directeur adjoint d’une coopérative du sud de la Charente et de la Charente-Maritime. En 1999, il rejoint le Parc interrégional du Marais poitevin et participe à la création du Conservatoire des ressources génétiques du Centre-Ouest atlantique (CReGéne).
En 2004, Benoît Biteau décline la proposition de Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes, d’être sur sa liste pour briguer un second mandat. En 2007, il reprend l’exploitation de son père et décide de la convertir en bio sans irrigation. Pour Benoît Biteau, c’est un «challenge un peu fou, mais tellement pédagogique, de reprendre une exploitation productiviste pour la transformer en ferme agroécologique et de faire la démonstration que la mutation est possible». En 2008, il se présente aux élections cantonales sous l’étiquette PRG et obtient près de 13% des suffrages. En 2009, il est récompensé par le Trophée national d’agriculture durable, remis par le ministre de l’Agriculture du gouvernement de l’époque, Michel Barnier, au Salon international de l’agriculture à Paris. Il accepte d’être sur la liste de Ségolène Royal pour les régionales 2010 et il est élu vice-président de la Région Poitou-Charentes, président de la commission ruralité-agriculture-pêche et cultures marines. En 2015, il est réélu au Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, sous les couleurs du Parti radical de gauche.
En 2018, il devient administrateur du CRIIGEN. En 2019, il est élu eurodéputé sur la liste commune EELVAEI-RPS menée par Yannick Jadot. Il devient vice-président de la Commission de l’agriculture et du développement rural au Parlement européen. En 2019, Benoît Biteau quitte le PRG suite au rapprochement de ce parti avec les radicaux-valoisiens. De 2015 à 2020, il a été parrain de la Fondation Ekibio.

Bibliographie

Paysan résistant !, Fayard, 2018.

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