Générations Futures (Ex-MDRGF)

179, rue La Fayette
75010 Paris
Tél.-Fax : 01.45.79.07.59
E-mail : adherent@generations-futures.fr
Site : http://www.generations-futures.fr

logo gfAvec 2549 adhérents fin 2017, Générations Futures (GF) est la principale association française de lutte contre les pesticides. Toutefois, elle fait aussi campagne sur d’autres thématiques, en soutenant par exemple les Faucheurs Volontaires d’OGM, en s’opposant à la «Ferme des 1000 vaches» ou encore au Traité de libre-échange transatlantique (TAFTA) et au CETA. L’association a connu un succès rapide, en raison notamment du dynamisme de son animateur François Veillerette, et est devenue un interlocuteur incontournable aussi bien pour les autorités que pour les médias en ce qui concerne les pesticides.
En dépit d’une idéologie radicale, François Veillerette a su développer une stratégie pragmatique pour GF : tisser un large réseau d’associations partenaires (nationales et internationales), sortir des dossiers chocs et alarmistes à l’attention des médias et adopter un profil plus modéré avec les autorités publiques. Ainsi, à terme, GF veut la suppression de tous les pesticides et la mise en place d’une agriculture 100% bio. Sachant que ce n’est pas possible dans l’immédiat, l’association plaide pour une réduction progressive des pesticides, présentant même l’agriculture intégrée comme une alternative.
GF travaille en étroite relation avec les entreprises bio, en leur demandant de «soutenir (leur) travail d’information des citoyens sur les dangers de pesticides et sur l’importance de manger bio», afin de «permettre de développer le secteur de la bio en général et donc de créer un climat propice au développement de votre propre société.» Pour l’UFC-Que Choisir, «Générations Futures assume le rôle d’organisme de promotion d’une filière», en l’occurrence celle du bio. En effet, GF apparaît comme une force de lobbying pour promouvoir le bio en dénigrant les produits issus de l’agriculture conventionnelle. D’autant plus que l’association est présidée par Maria Pelletier, PDG d’une entreprise bio mais surtout administratrice de Synabio (le syndicat national des entreprises bio). De même, les entreprises partenaires de la Semaine sans pesticide, organisée chaque année par GF, sont le Groupe Léa Nature, Bjorg Bonneterre et Compagnie, Biocoop, Ecocert et Botanic, toutes membres du Synabio.
Ces dernières années, la stratégie de GF a été de mettre en avant l’impact des pesticides sur la santé, jugeant le moyen plus efficace pour intéresser les journalistes et mettre la pression sur les responsables politiques. Ainsi, GF manie souvent les chiffres afin de susciter la peur. Lorsque l’association a sorti son étude «Menu Toxique» qui révélait la présence de résidus chimiques dans un menu type, elle a préféré communiquer sur le nombre de résidus (127) plutôt que sur leur quantité qui était infinitésimale. Le toxicologue Jean-François Narbonne avait déclaré au sujet de cette étude : «Il faut arrêter d’affoler les gens sans leur donner les clés pour comprendre les vrais risques qu’ils courent.»
Depuis, GF sort régulièrement des «enquêtes» d’analyse de présence de pesticides perturbateurs endocriniens (PE) dans les fraises ou dans les cheveux d’enfants. Bien que l’association admette que les résultats contenus dans leurs dossiers «n’ont pas de valeur statistique significative», elle communique des chiffres tout en sachant qu’ils n’ont aucune valeur. Ainsi, suite à une «enquête» de GF sur les mueslis, le professeur Didier Raoult avait écrit une chronique au vitriol intitulée «Des pesticides dans les mueslis ? Mais arrêtons le délire !» Concernant une autre de ces «enquêtes», le docteur Dominique Dupagne, chroniqueur sur France-Inter, a estimé que c’était «un rapport militant destiné à convaincre et non à étudier la réalité. La conclusion était écrite avant la réalisation des dosages, c’est une approche typiquement non-scientifique. (…) Ce genre de rapport décrédibilise la lutte scientifique contre les pesticides  un peu comme un policier qui fabrique des fausses preuves».

Association de la loi de 1901, créée en 1996. Depuis décembre 2008, le MDRGF est agréé pour la protection de l’environnement. L’association a été rebaptisée «Générations Futures» en novembre 2011. Elle revendique 14 relais locaux en 2018.

Bureau

  • Maria Pelletier : présidente
  • Georges Toutain : président d’honneur
  • Thierry Verley : trésorier
  • Sylvie Nève : secrétaire

Membres actifs

  • Claude Aubert
  • Florence Foure
  • Fabrice Micouraud
  • Christian Pacteau
  • Rachel Senault
  • Jean-Philippe Cortial
  • Roselyne Serac

Salariés

  • François Veillerette : directeur et porte-parole
  • Nadine Lauverjat : coordinatrice et campagne «Victimes des pesticides»
  • Yohann Garcia : chargé de mission membres, adhérents, relais locaux et bénévoles

En 1992, Georges Toutain, agronome de l’Inra à la retraite, crée un groupe de réflexion informel et local en Picardie pour aborder les problèmes liés à l’agriculture intensive, la relation environnement-santé, la préservation des ressources naturelles, etc. Avec ce groupe, Georges Toutain voulait rendre compte de son action au conseil régional alors qu’il avait été élu comme «écologiste indépendant». Dès le début, François Veillerette fait partie de ce cercle de réflexion. En 1996, ce groupe se constitue en association sous le nom de Mouvement pour le droit et le respect des générations futures et la présidence est assurée par Georges Toutain. Le MDRGF prendra ensuite une autre dimension quand François Veillerette en deviendra le président. C’est lui, en effet, qui en fait une association au rayonnement national et la fait participer à des réseaux internationaux comme Pesticides Action Network (PAN) ou l’International POPs Elimination Network (IPEN).

Depuis 2006, GF organise la Semaine sans pesticides (SSP), son action phare, avec environ un milliers d’événements organisés pour l’édition 2018 en France et dans 14 autres pays. Mais l’association occupe le terrain médiatique principalement avec des «enquêtes» alarmistes sur l’exposition aux pesticides et aux perturbateurs endocriniens (PE). En 2008, il s’agissait d’une étude sur le vin et une autre sur les raisins ; en 2010, un dossier sur la présence de produits chimiques dans un menu type et, en 2011, un autre afin de comparer la présence de résidus de pesticides dans un menu type bio et dans un menu type non bio. En 2013, il y a eu 4 dossiers : Analyse de Pesticides Agricoles dans les CHEveux, Quelles expositions des enfants aux insecticides perturbateurs endocriniens au quotidien ?, Alerte aux néonicotinoïdes dans nos aliments !, Des pesticides interdits et des PE dans des fraises. En 2014, il y a eu le rapport Quelles expositions des enfants aux pesticides perturbateurs endocriniens ?, et un autre en 2015 sur la présence de résidus de pesticides dans les salades, ou encore en 2016, par exemple, dans les mueslis.
Depuis 2016, GF est très engagé dans la campagne contre la réhomologation du glyphosate. En février 2017, l’association est devenue le relais en France de l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) contre le glyphosate, portée par l’organisation européenne WeMove. En avril 2017, elle a publié un premier rapport sur  l’exposition des Français au glyphosate en faisant analyser les urines de 30 personnes dont plusieurs personnalités. En septembre 2017, un deuxième rapport est publié, cette fois portant sur la présence de glyphosate dans les aliments. En novembre 2017, GF publie un troisième rapport, «portant sur l’analyse des motifs de rejets des études montrant une toxicité du glyphosate».
GF intervient régulièrement dans les conférences et dans des films (Témoin gênant en 2003, Pesticides, non merci ! en 2006, Nos enfants nous accuseront en 2008). L’association organise de temps à autres des manifestations, comme contre l’UIPP en 2003 et en 2006, et les années suivantes à l’occasion du Salon de l’Agriculture. En janvier 2008, GF avec Terre d’Abeilles ont mis une page de publicité (financée par le Groupe Léa Nature) dans Le Monde afin de dénoncer l’autorisation du Cruiser. GF a coproduit avec HEAL, dont il est membre, une bande-dessinée antipesticides et produits chimiques. GF a aussi été impliqué dans la mise en place en 2009 du Réseau Environnement Santé. Fin septembre 2017, GF a participé au lancement de l’association «Justice pesticides» dont le but est de recenser toutes les actions juridiques entreprises sur le dossier des pesticides aussi bien en France qu’au niveau international. GF participe régulièrement aux campagnes lancées par Agir pour l’environnement, comme en 2009 avec la campagne «Pesticides : des abeilles piquées au vif !» ou en 2013 avec la campagne intitulée «Alerte aux pesticides» axée sur les «particuliers» victimes des pesticides.
En 2014, à l’occasion de la SSP, GF lance le projet «0 phyto, 100% bio !»  qui, avec deux sites dédiés, «doit permettre de recenser, encourager et valoriser les collectivités à entrer dans cette démarche de réduction des pesticides et de promotion de la bio». En 2017, il y a la sortie au cinéma du film Zéro phyto, 100% bio. En octobre 2016, GF participe à la campagne publicitaire du Groupe Léa Nature contre les perturbateurs endocriniens.
GF ne néglige pas le lobbying institutionnel, notamment en s’impliquant beaucoup lors du Grenelle de l’environnement. En 2009, GF a lancé avec APE, la LPO et l’UNAF, un comité de soutien des élus à l’abeille et à l’apiculture. En mars 2018, ce comité est relancé et compte désormais 135 adhérents. Fin 2011, GF rejoint le collectif PAC2013, un groupe de lobbying sur la réforme de la PAC. En mars 2012, dans le cadre de la Semaine sans pesticides, GF organise au Sénat un congrès «Pesticides et santé» sur deux journées. En juillet 2012, GF a participé à la création du Rassemblement pour la planète (présidé par Nadine Lauverjat, une des responsables de GF), avec plusieurs autres associations, afin de pouvoir peser sur le dossier de santé environnementale à l’occasion de la Conférence Environnementale de septembre 2012. Cependant, ce collectif n’est pas convié à la Conférence Environnementale de septembre 2013. En juillet 2017, GF participe aux Etats Généraux de l’Alimentation. En 2013, GF lance avec APE et l’UNAF un comité d’élus sur les pesticides. En 2014, GF aide le sénateur écologiste Joël Labbé à rédiger une proposition de loi visant à interdire l’usage de pesticides par des collectivités publiques pour l’entretien de leurs espaces et par les particuliers.
A partir de 2009, GF a décidé de mettre en avant les victimes de pesticides, professionnelles ou non, afin de sensibiliser l’opinion publique. Un site Internet a été créé sur ce thème, avec différents témoignages. Dans cette dynamique, GF a aidé Paul François, un agriculteur qui a poursuivi Monsanto suite à une intoxication, pour créer l’association Phyto-Victimes en 2011. Toujours en 2009, GF a demandé le retrait d’AMM pour plusieurs produits Roundup, car, après analyse, il y aurait des irrégularités dans leurs compositions. En avril 2016, l’association met en ligne «la première carte de France des victimes des pesticides», avec environ 400 témoignages. En décembre 2016, à l’occasion d’une conférence organisée par José Bové au Parlement européen, GF a lancé avec d’autres organisations un appel intitulé «Pesticides en agriculture : Levons le voile sur un véritable scandale sanitaire».
GF peut aussi utiliser l’arme juridique. Par exemple, en novembre 2017 suite à un recours en référé, GF a obtenu la suspension pour les AMM des insecticides Closer et Transform. Au même moment, GF a déposé trois recours devant le Conseil d’Etat contre un arrêté concernant les épandages de pesticides.
A partir de 2011, GF a été impliqué dans un PICRI (Partenariat entre Institutions et Citoyens pour la Recherche et l’Innovation) avec Christian Vélot, administrateur du CRIIGEN et de Sciences Citoyenne, afin de remettre en cause le principe d’équivalence en substance à propos des plantes génétiquement modifiées. GF a apporté plus de 42.000 euros à cette étude qui a duré 4 ans. Suite à la publication de l’étude choc de Gilles-Eric Séralini fin 2012, GF signe un appel commun «exigeant la transparence et réclamant la suspension provisoire des autorisations du Maïs NK603 et du Roundup».

En 2017, les cotisations de GF représentent environ 17% des ressources. GF est opaque concernant les sommes octroyées par ses différents sponsors.

AnnéeProduitsChargesRésultat
2017540.251 €334.632 €205.619 €
2016481.945 €286.514 €195.431 €
2015360.129 €260.935 €99.194 €
2014300.225 €220.051 €80.174 €
2013320.270 €237.620 €82.650 €
2012255.157 €214.343 €40.814 €
2011250.394 €197.739 €52.655 €
2010non connunon connunon connu
2009257.519 €211.105 €46.414 €

Principales sources extérieures de financement

Si GF affirme qu’elle «limite autant que possible les financements publics pour ne pas se retrouver dépendant des pouvoirs en place», ce n’est pas le cas en ce qui concerne les financements d’entreprises. En 2013, plus d’un tiers des subventions viennent d’entreprises commerciales membres du Syndicat national des transformateurs de produits naturels et de culture biologique (Synabio), syndicat dont l’une des administratrices est Maria Pelletier, présidente de GF. Par exemple, l’entreprise Botanic donne entre 25.000 et 30.000 euros par an. Pour l’édition 2017 de la Semaine sans pesticides, GF a reçu 10.000 euros de l’Onema (et la même en somme en 2016, 2015 et 2014), 10.000 euros de Biocoop (contre 10.000 euros en 2016 et en 2015, et 5000 euros en 2014) et 5000 euros d’Ecocert (et la même en somme en 2016, 2015 et 2014). Pour la Semaine sans pesticides de 2014, GF a aussi reçu 5000 euros de Distriborg, 5000 euros de Botanic, 4000 euros de la SAS Pelletier, 1000 euros de Moulin Marion. En 2016 et en 2017, le Groupe Léa Nature (à travers Jardin BiO et SO’BiO étic) a donné 30.000 euros à GF. De plus, dans le cadre de son opération Belle et Solidaire, le groupe bio annonce que de septembre à novembre 2016, chaque produit du Laboratoire Léa Nature acheté «permettra de soutenir l’association Générations Futures dans sa Campagne Nationale de sensibilisation aux perturbateurs endocriniens». En 2015, Biocoop a donné 11.348 euros à GF, collectés à partir de la vente de «Jus de Pomme militant» commercialisé dans les magasins du réseau.
La Fondation Macif a donné 25.000 euros en 2017 (contre 25.000 euros en 2016 et 40.000 euros en 2015). GF reçoit régulièrement des subventions de la JMG Foundation (entre 25.000 et 31.000 euros), basée au Liechtenstein et créée par le milliardaire britannique feu Jimmy Goldsmith. La Patagonia Foundation a donné 9700 euros en 2012, 7800 euros en 2011 et en 2010. Parmi ses partenaires, GF mentionne aussi sur son site : la Mutuelle Familiale, la Fondation Lemarchand, la Fondation pour une Terre humaine.
En 2011, GF apporte plus de 42.000 euros à une étude d’une durée de 4 ans, dans le cadre d’un PICRI (Partenariat entre Institutions et Citoyens pour la Recherche et l’Innovation). Cette étude est réalisée par Christian Vélot, administrateur du CRIIGEN et de Sciences Citoyenne, afin de remettre en cause le principe d’équivalence en substance à propos des plantes génétiquement modifiées.
Les subventions publiques sont relativement faibles. En 2016, GF a reçu 40.000 euros de la sénatrice Leila Aïchi pour «Etude sur les dangers des pesticides et des perturbateurs endocriniens pour la santé et l’environnement». La même année, GF a reçu 7000 euros du député écologiste Jean-Louis Roumégas (contre 2500 euros en 2015). En 2015, l’association a reçu 2500 euros de la Réserve parlementaire de la députée écologiste Danielle Auroi, 5000 euros du groupe écologiste (contre 10.000 euros en 2014) et 15.000 euros du sénateur EELV Joël Labbé. En 2011,  GF a reçu 5000 euros de la Réserve parlementaire de Marie-Christine Blandin et 5000 euros d’Yves Cochet (EELV). En 2011, GF a reçu 13.000 euros des ministères. En 2015, la Région Ile-de-France a accordé une subvention de 17.658 euros (contre 21.000 euros en 2013). Pour la campagne sur les perturbateurs endocriniens, GF a reçu 35.000 euros en 2017 de l’Environmental Exposure and Health Initiative (contre 35.000 euros en 2016 et 25.000 euros en 2015).
Fin 2016, GF a récolté 75.853 euros avec un financement participatif, afin de financer le film Zéro phyto 100% bio. En février 2017, l’association a récolté 8277 euros avec un financement participatif pour créer un «kit des alternatives aux pesticides». En novembre 2017, GF a récolté 10.160 euros en financement participatif pour engager un recours juridique visant un arrêté sur l’utilisation des pesticides.
Il subsiste néanmoins des zones d’ombres puisqu’en 2009, François Veillerette (et Nadine Lauverjat de 2009 à 2014) s’est mis à son compte comme «conseiller en environnement», une activité qui lui a rapporté, selon sa déclaration d’intérêts, 132.625 euros entre janvier 2010 et avril 2014. Comme le note le site Agriculture & Environnement, «Ils peuvent donc encaisser de l’argent pour leurs activités d’“expertise militante” de la part d’entreprises, de fondations, d’associations ou autres, sans avoir à rendre de comptes à qui que ce soit.» François Veillerette a interrompu cette activité de consultant en mars 2017.

2013
Jimmy Goldsmith Foundation28.000 €
Oak Foundation25.000 €
Botanic25.000 €
Fondation Léa Nature25.000 €
Réserve parlementaire EELV Sénat20.000 €
Fondation pour le progrès de l'homme20.000 €
PAN Europe17.500 €
Région Ile-de-France15.196 €
Fondation Lemarchand15.000 €
Rassemblement pour la planète10.000 €
Biocoop10.000 €
Distriborg10.000 €
Fondation pour une Terre humaine10.000 €

 

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