Kokopelli

Forêt de Castagnès
Route de Sabarat
09290 Le Mas d’Azil
Tél. : 05 61 67 69 87
Email : semences@kokopelli-semences.fr
Site : http://www.kokopelli.asso.fr

Kokopelli entend défendre la biodiversité par la vente de semences, «des variétés anciennes ou modernes, libres de droits et reproductibles», produites par un réseau d’une quinzaine de producteurs bio en France, en Suisse en Italie et aux Etats-Unis. L’association revendique le droit, sans restriction aucune, «de semer librement les semences du Domaine Public», «l’utilisation libre des plantes médicinales» et «l’abolition pure et simple de toutes formes d’agriculture et de médecine fondées sur la mort, sur les produits chimiques et sur les chimères génétiques».
L’association, par sa très grande radicalité, est presque totalement absente des concertations des différents mouvements écologistes. Cette radicalité vient en grande partie de la personnalité de son fondateur (et président jusqu’en 2018), Dominique Guillet, qui considère que «dans la Biosphère de Gaïa, tous les éléments sont à égalité, les bactéries, les champignons, les plantes, les animaux, les hommes». Il est par ailleurs un adepte du mystique américain John Lash, selon lequel une intelligence extraterrestre parasiterait notre monde et notre conscience. Ainsi, sur le blog de Kokopelli, Dominique Guillet inscrit l’action de son association dans sa vision mystique du monde : «Kokopelli symbole de Vie et de Fertilité, ne serait-il pas le contre-poison de ce fruit stérile, de l’impulsion de mort générée par l’union contre nature entre des forces d’intervention extraterrestre et la manifestation de l’Anthropos sur Terre ?» Ananda Guillet, fils de Dominique et actuel directeur de Kokopelli, partage cette même radicalité, déclarant par exemple : «Je vous inviterais même à jeter votre télévision et à brûler votre bulletin de vote, car, comme la démocratie qu’ils représentent, leur réalité est fictive et ce sont les deux outils de contrôle les plus efficaces du 21e siècle !» Certaines prises de position ont également contribué à marginaliser Kokopelli au sein de la sphère écologiste, notamment quand Dominique Guillet considère le réchauffement climatique anthropique comme «une nouvelle hystérie religieuse au service de l’Ordre Mondial» ou quand Kokopelli explique que l’interdiction du glyphosate serait «un cadeau pour Monsanto».
Plus spécifiquement sur les semences, Kokopelli conteste toute législation sur la semence en France. Cette position l’éloigne d’associations comme Réseau Semences Paysannes, Intelligence Verte ou BEDE qui estiment qu’il faut une réglementation mais protégeant les semences paysannes. Kokopelli va jusqu’à dénoncer le Réseau Semences Paysannes, considérant que ce dernier «représente les derniers soubresauts d’un monde paysan qui s’effondre, inféodé à l’industrie semencière mais désespéré par les conséquences inéluctables de cette inféodation».
Dans un livre de 2017 intitulé Nous n’irons plus pointer chez Gaïa, quatre anciens salariés de l’association fustigent «l’imposture» de Kokopelli et racontent comment ils ont été «exploités». Ces témoignages parlent de cadences infernales, de climat de suspicion entretenu par la direction, de surveillance des salariés et d’injonctions au productivisme. Une ancienne salariée confie ainsi : «Face aux salariés trop critiques, la technique est toujours la même : humilier, culpabiliser, isoler, (…) persuader que c’est (eux) le problème, diviser les salariés et pousser à la démission.» En mars 2018, Kokopelli a perdu un procès en diffamation contre un blogueur qui avait repris les critiques de ces salariés dans un article dans lequel il dénonçait «le management autoritaire et crapuleux des Guillet (…) qui cultivent en même temps sous la forme du “moi je” un citoyennisme mystico-anarcho-écologiste de façade et une véritable posture de petit chef tayloriste et stalinien».

Association de la loi de 1901, créée en 1999.  L’association a des antennes en Belgique, en Suisse ainsi qu’au Costa-Rica, au Brésil et en Inde.

Conseil d’administration

  • Ananda Guillet : président
  • Isabelle Chapelle : secrétaire
  • Angelika Nitschke
  • Charlotte Hubert
  • Leentje Vandoorslaer
  • Etienne Samson

Equipe

  • Ananda Guillet : direction générale
  • Aline Bourdon : expédition
  • Angelika Nitschke : production
  • Anita Siegrist : communication
  • Charlotte Hubert : vie associative
  • Isabelle Chapelle : foires et salons biologiques
  • Leentje Vandoorslaer : campagnes humanitaires
  • Etienne Samson : informatique

La vente de semences de variétés potagères anciennes destinées aux jardiniers amateurs, dont une partie n’est pas enregistrée au catalogue officiel, constitue la principale activité de Kokopelli. Pour cela, Kokopelli participe à de nombreuses foires et salons bio. L’association a aussi lancé une pétition «Libérons les Semences» ayant récolté environ 250.000 signatures, ainsi qu’une pétition pour un moratoire sur les agrocarburants. L’association organise des séminaires de formation sur les semences, l’agrobiologie, l’apiculture, etc.
En 2008-2009, Kokopelli a sorti trois DVD sur le thème «Le Titanic apicole» : La Terreur Pesticide, Planète Terre : Désert d’Abeilles, Abeilles: du bétail à miel dans les enclos des colonies humaines. Kokopelli publie aussi Semences de Kokopelli, un ouvrage de plus de 800 pages et qui en est à sa  seizième édition. Il s’agit d’un manuel de production de semences rédigé par Dominique Guillet et préfacé par Jean-Pierre Berlan. En 2010, Dominique Guillet apparaît longuement dans le film de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global.  Depuis 2000, Kokopelli mène aussi une campagne intitulée «Semences sans frontières» qui vise à distribuer des sachets de semences dans les pays du tiers-monde (102.600 sachets en 2010 pour soutenir 171 communautés). En 2012, 213 colis (soit 420 kg de graines au total) ont été envoyés.
En 2007, Kokopelli a participé à la conférence GMO-Free Europe. En septembre 2013, Kokopelli a participé au forum «Let’s Liberate Diversity» qui s’est tenu à Bâle, mais a décidé de ne plus participer aux forums organisés par la «Coordination Européenne Let’s Liberate Diversity», une organisation récemment créée. Kokopelli dénonce le «fonctionnement non-démocratique et autoritaire de cette “Coordination”» et «l’absence de rejet authentique du cadre légal actuel régissant les semences et la biodiversité, dont nous souffrons si amèrement depuis les années 60». Dans contexte,  Kokopelli entend impulser la création d’un nouveau mouvement européen, en lien avec à la Global Alliance de Vandana Shiva et le réseau latino-américain Red Semillas Libres. Du 1er au 4 mai 2014, Kokopelli organise les «Journées internationales de la semence», avec notamment Vandana Shiva comme intervenante. En juin 2018, Kokopelli organise le Festival «Les Tambours de Gaïa», avec plus de 3000 personnes qui ont assisté aux conférences.
En septembre 2014, suite à une affaire qui a duré 10 ans, la Cour d’Appel de Nancy a renvoyé dos à dos Kokopelli et le semencier Graines Baumaux, tous deux condamnés pour avoir commis des actes de dénigrement réciproques. En janvier 2015, le Tribunal de Grande Instance de Marseille a annulé l’enregistrement de la marque «Tomate Kokopelli» fait par la société Graines Baumaux à l’INPI.
En mai 2016, Kokopelli lance une campagne internationale baptisée «l’Arche de Quinoa», «pour faire abroger tous les brevets sur la Quinoa». A la même occasion, l’association dénonce les «mensonges de Didier Perréol, le pape de la quinoa bio», et PDG d’Ekibio. Kokopelli affirme que 11.000 sachets de graines de quinoa ont été distribués gratuitement en France. A l’été 2016, Kokopelli dénonce le Réseau Biocoop qui promeut «3 variétés hybrides F1 de tomates (…) qui appartiennent (…) à Limagrain, Enza Zaden et Syngenta/ChemChina» et reproche à l’enseigne bio de ne pas dénoncer l’article 11 «liberticide» de la loi Biodiversité de juillet 2016. En octobre 2018, dans un communiqué cosigné par diverses associations comme Intelligence Verte et Colibris, Kokopelli se félicite que la loi Alimentation «permet désormais à quiconque de donner, d’échanger, mais aussi de vendre des semences de variétés non inscrites au catalogue officiel à des “utilisateurs non professionnels”, jardiniers amateurs et collectivités publiques pour l’essentiel».

Il n’y a aucun bilan et peu d’indications sur les finances de Kokopelli. Son directeur affirme que l’association réalise un chiffre d’affaires de 3,2 millions d’euros en 2016, de 2,5 millions d’euros en 2015, et de 1,8 million d’euros en 2014. L’association revendique en 2017 plus de 12.000 adhérents (contre 9000 en 2014) et 52.000 clients. Les autres sources de revenus sont les séminaires, formations ainsi que les ventes de DVD et d’ouvrages. Cependant, la principale source de revenus est la vente de semences. Depuis 2013, l’association se targue d’une très forte progression de son activité avec une croissance à deux chiffres. Au point d’investir 1,6 million d’euros dans un nouveau bâtiment de 1000 m2 qui doit permettre à Kokopelli de regrouper ses activités et son stockage sur un seul site (boutique, espace musée, salle de conférence…).
De plus, Kokopelli a eu des soutiens financiers pour mener ses batailles juridiques en 2009 : Fondation Patagonia (8500 euros), réseau des Biocoop (3000 euros), Cosmétiques Fleurs de Saintonge (2000 euros), Mouvement pour la Culture Bio Dynamique (2000 euros), association Jura-Écologie (1000 euros), Handicap International (1000 euros), revue Belle Santé (800 euros), Expo des Artistes sur Alès (630 euros), association Lo Quinquet (445 euros). La Fondation pour une Terre humaine, dont le président Jean-Louis Gueydon de Dives est très proche de l’association, subventionne ponctuellement Kokopelli. Elle a par exemple donné une aide de 15.000 euros qui a permis à Kokopelli de solliciter ses adhérents, amis et clients de l’association par l’envoi d’une brochure proposant l’adhésion. Kokopelli reçoit aussi ponctuellement le soutien de fondations d’entreprises : Fondation Léa Nature, Fondation SQLI. En 2014, pour financer sa campagne «Semences sans frontières», Kokopelli récolte 34.884 euros sur une plateforme de financement participatif. Cette campagne obtient également le soutien financier des sociétés commerciales Les Jardins de Gaïa et Atlan Jardin.
Indirectement, la vente du livre Semences de Kokopelli apporte également des ressources financières. L’ouvrage de 848 pages, préfacé par Jean-Pierre Berlan, en est déjà à sa 16ème édition et est édité par les éditions «La voix des semences», société créée en 2005 et dirigée par Dominique et Sylvie Guillet.  Le chiffre d’affaires de la société est de 172.100 euros en 2015 (contre 173.400 euros en 2014, 174.800 euros en 2012, 175.000 euros en 2011, 185.800 euros en 2010, 193.000 euros en 2009).

 

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