Greenpeace

13, rue d’Enghien
75010 Paris
Tél. : 01 80 96 96 96
E-mail : contact-france@fr.greenpeace.org
Site : http://www.greenpeace.org/france

logo-greenpeaceAvec des bureaux dans une trentaine de pays et un budget global de 342 millions d’euros en 2016, Greenpeace constitue une véritable multinationale écologiste. Greenpeace France, sa filiale française, mène avec une centaine de salariés des campagnes sur différents thèmes – climat, énergie, nucléaire, océans, forêts, agriculture –, mais estime que la priorité est aujourd’hui la transition énergétique.
Par rapport aux autres organisations écologistes, l’image de marque de Greenpeace réside dans ses actions «non violentes» spectaculaires et médiatiques. Sa communication est très professionnelle, Greenpeace s’occupant de la production et de la diffusion des images de ses actions commandos, pour que celles-ci soient ensuite livrées aux médias et exploitables en tant que telles. Pour ses campagnes en France, Greenpeace fait souvent appel à l’agence DDB, 3ème groupe de communication en France. D’ailleurs, Axel Renaudin, le directeur de la communication de Greenpeace entre 2009 et 2015, avait travaillé auparavant à DDB pendant plusieurs années, notamment sur les comptes Pepsi Co et Greenpeace. Pour accroître son impact médiatique, l’association fait aussi appel à des people comme les comédiennes Marion Cotillard, Mélanie Laurent, Vahina Giocante ou Valéria Golino.
Greenpeace privilégie aussi les actions spectaculaires de «guérilla marketing», stigmatisant directement des entreprises, comme Petit Navire sur la problématique de la pêche, Mattel sur celle de la déforestation ou encore différentes marques de mode «épinglées pour des produits toxiques dans leurs vêtements». Jean-François Julliard,  directeur général de Greenpeace France, explique leur stratégie : «Généralement, nous ciblons les plus gros. Nous savons par expérience que cela a plus d’influence sur le secteur. Dans un secteur ultra-concurrentiel comme la grande distribution, nous savons que si Leclerc bouge, les autres enseignes suivront.» Il ajoute : «Nous refusons les partenariats pour des raisons d’indépendance économique, politique et financière.» Cependant, il existe des collaborations entre Greenpeace et des entreprises, Jean-François Julliard admettant par exemple que «Michelin fait partie des entreprises avec lesquelles nous avons des relations que je qualifierais de constructives». De même, pendant la campagne contre les OGM, il y avait une collaboration de fait avec Carrefour, comme en témoigne Arnaud Apoteker : «Ce que faisait Carrefour aidait la campagne de Greenpeace, et ce que faisait Greenpeace, évidemment, aidait sans doute le travail de Carrefour, y compris pour la recherche de fournisseurs et d’autres opérateurs.»
La priorité des campagnes et des actions n’est pas décidée par Greenpeace France, mais au siège international de l’association à Amsterdam. Les responsables de Greenpeace France ont certes des marges de manœuvre, mais la structure est verrouillée et peu démocratique. Ils sont avant tout des salariés de l’association, se soumettant donc aux impératifs et argumentaires décidés par leur employeur, le siège international. D’ailleurs, Greenpeace International avait décidé, en 1985 puis en 1991, de limoger les responsables de Greenpeace France en raison de divergences avec le siège d’Amsterdam.
Les opérations spectaculaires ne sont plus, depuis plusieurs années, le seul mode d’opérer de Greenpeace. L’association s’est donc impliquée dans le lobbying auprès des instances nationales et internationales, à l’instar de sa participation au Grenelle de l’environnement, aux Conférences environnementales ou aux Etats généraux de l’alimentation. Greenpeace France s’est aussi engagée dans un travail d’expertise, publiant régulièrement des études sur des thématiques diverses.
Avec l’arrivée en 2005 de Pascal Husting comme directeur général, Greenpeace a connu une plus grande professionnalisation, ce qui a entraîné de nombreuses tensions internes. Comme l’a admis Pascal Husting, «sur les 45 salariés présents au moment de mon arrivée, 25 ont quitté Greenpeace. Certains sont partis parce qu’ils n’arrivaient plus à suivre cette logique de professionnalisation, d’autres ont été licenciés mais de manière motivée et aucun recours devant le conseil des prud’hommes n’a été gagné».

Association de la loi de 1901, créée en 1977. Depuis janvier 1993, Greenpeace est agréé pour la protection de l’environnement. L’association a créé un fonds de dotation en août 2009.

Equipe

  • Jean-François Julliard : directeur général
  • Jérôme Frignet : directeur des programmes
  • Laurence Veyne : directrice de communication
  • Cécile Génot : chargée de communication
  • Isabelle Philippe : chargée de communication
  • Méryl Sotty : chargée de communication
  • Cédric Gervet : chargé de communication
  • Anissa Legeard :  coordinatrice de projets
  • Maud Oyonarte : Social Media Manager
  • Anne Valette : International Project Leader
  • Cécile Leuba : chargé de campagne Forêt
  • Hélène Bourges : chargée de campagne Océans et Forêts
  • Edina Ifticene : chargée de campagne Océans
  • François Chartier : chargé de campagne Océans
  • Yannick Rousselet : chargé de campagne Nucléaire
  • Cyrille Cormier : chargé de campagne Energie
  • Alix Mazounie : chargée de campagne Energie
  • Clara Jamart : responsable campagne agriculture et alimentation
  • Suzanne Dalle : chargée de campagne Agriculture
  • Ingrid Aymes : responsable de projet agriculture écologique
  • Anne-Marie Schmit : directrice de la Collecte de Fonds et des Relations Adhérents
  • Suzanne Dell’Orto : responsable Programme Grands donateurs Fondations
  • Céline Legrand :responsable Pôle Marketing et Philanthropie
  • José Santos : chef Unité Fidélisation
  • Nathalie Achard : chargée de communication collecte
  • Charlotte Curis : chargée de Programme Marketing Direct
  • Gandou Bertrand : responsable Mobilisation
  • Benjamin Lemesle : chargé de projet Mobilisation
  • Anissa Legeard : coordinatrice de projets RH
  • Swapna Filatriau : coordinatrice de projets RH
  • Frédérique Claisse : responsable RH
  • Sylvain Trottier : responsable Pôle Médias
  • Hugo Duchesne : chargé de projet photo/vidéo
  • Pierre Klipfel : directeur artistique
  • Alexis Chailloux : responsable du pôle digital
  • Mehdi Leman : Digital Campaigner
  • Laurent Le Gouanvic : Digital Campaigner
  • Clément Schmitt : Digital Marketing Manager
  • Zelda Mauger : Art Director & Graphic Designer
  • Sylvianne Turri : chargée de projets logistique en collecte de fond
  • François Courtine : comptable général

Conseil d’administration

  • Sylvain Breuzard : président du Conseil d’Administration
  • Eric Burgstahler
  • Thomas Bonduelle
  • Déborah Poulvelarie
  • Martial Cozette
  • Céline Vander Cruyssen

Assemblée Statutaire

  • Alice Darcq
  • Anne-Sophie Robin
  • Armelle Girard
  • Bernard Baissat
  • Brigitte Burnand
  • Céline Bertrand
  • Céline Vander Cruyssen
  • Daphné Destievan
  • Déborah Poulvelarie
  • Eric Burgstahler
  • Fanny Verrax
  • François Catzeflis
  • Ingrid Landgren
  • Joël Lebreton
  • Joëlle Childs
  • Kim Gordon-Bates
  • Marie Jorio
  • Martial Cozette
  • Nathalie Biteau
  • Philippe Dorleans
  • Sandrine Magnin
  • Stéphane Barde
  • Sylvain Breuzard
  • Thomas Bonduelle
  • Véronique Laveissiere
  • Yann Queinnec

L’histoire de Greenpeace commence avec un petit groupe de militants qui, en 1973, décide de mener campagne contre les essais nucléaires français à Mururoa. Les militaires français arraisonnent le bateau de Greenpeace, et l’un des militants, David McTaggart, est blessé. Les images de l’agression, prises par un membre de l’équipage, seront reprises dans la presse internationale. L’émergence de Greenpeace dans les années suivantes est liée à la personnalité trouble de David McTaggart, un Canadien soupçonné d’escroquerie. En 1977, David McTaggart, alors qu’il n’est pas un membre fondateur de Greenpeace, fait un putsch : il fonde sa propre branche de Greenpeace, créant des bureaux à Paris et à Londres avant d’installer le siège de Greenpeace International à Amsterdam.
La branche française est principalement créée par Katia Kanas et Jacky Bonnemains. En 1987, deux ans après l’attentat contre le Rainbow Warrior, Greenpeace France doit fermer ses portes. Greenpeace France redémarrera en 1989. Mais c’est surtout à partir de 1997, quand Bruno Rebelle devient directeur exécutif de Greenpeace France, que l’association prend véritablement son essor. Bruno Rebelle fait passer en quelques années le nombre d’adhérents de 18.000 à 65.000 et l’équipe salariée progresse de 7 à 47 permanents.

Greenpeace France est connue pour ses actions spectaculaires à visées médiatiques, mais elle utilise d’autres méthodes : campagnes publicitaires (photo ou vidéo), lobbying auprès des instances officielles, participation à des négociations, pétitions, publication de rapports de propagande…
L’association mène en France quatre campagnes principales. La plus importante porte sur le thème «Climat-Energie», mobilisant 43% de ses dépenses de campagne en 2017, suivie par les thèmes «Agriculture» (26%), «Océans» (17%), «Forêts» (12%) et «Toxic» (2%).
Sur «Climat-Energie», l’association mène des actions de lobbying auprès des responsables français, mais cible aussi les entreprises impliquées dans les énergies fossiles, comme avec la campagne contre l’exploitation des sables bitumineux par Total ou celle contre Volkswagen qui «s’oppose à deux lois européennes stratégiques pour la protection du climat». Quant au nucléaire, il a toujours été une campagne privilégiée de Greenpeace, avec des actions contre l’EPR et des blocages de convois de déchets nucléaires. Avec l’accident de Fukushima de mars 2011, Greenpeace a refait du nucléaire une de ses campagnes phares. Ponctuellement, l’association organise des intrusions dans des centrales nucléaires, comme en 2011 dans les centrales nucléaires de Nogent-sur-Seine et de Cruas, ou en 2013, à la centrale nucléaire du Tricastin, ou encore en 2014 à Fessenheim. En octobre 2017, des militants de Greenpeace ont allumé un feu d’artifice sur le site nucléaire de Cattenom ; ils ont été condamnés à des peines de cinq mois de prison avec sursis à deux mois ferme. En février 2014, lors de la venue d’Angela Merkel à l’Elysée, cinq tonnes de charbon ont été déversées par Greenpeace devant le palais présidentiel pour dénoncer le charbon et le nucléaire. Greenpeace vise en particulier EDF. En décembre 2016, Greenpeace a réalisé une action devant le siège d’EDF à Paris. Ils ont projeté pendant deux heures sur sa façade un message prônant la sortie du nucléaire et alertant sur la situation financière du groupe. En 2018, l’association a lancé une pétition «EDF : c’est pas bientôt fini le nucléaire ?» récoltant plus de 105.000 signatures.
La campagne «Océans» a surtout porté sur la pêche du thon rouge et l’association demande un moratoire sur la pêche industrielle. Depuis 2014, Greenpeace cible l’entreprise Petit Navire, leader du thon en boîte sur le marché français, avec des actions coup de poings pour dénoncer la pêche avec dispositifs de concentration de poissons (DCP). En juillet 2017, Greenpeace s’est félicité que Thai Union, la maison-mère de Petit Navire, s’est engagé sur la voie de la pêche durable.
Sur la question agricole, Greenpeace France a longtemps mené campagne contre les OGM jusqu’à la loi sur les OGM en 2008 (alors qu’aux Etats-Unis, Greenpeace a très peu fait campagne sur les OGM). Avec le moratoire sur la culture du maïs transgénique MON810 en France, Greenpeace France a progressivement réorienté sa campagne. Aujourd’hui, elle cible en particulier les pesticides. Depuis mai 2015, Greenpeace a lancé une «course zéro pesticide» entre les 6 principales enseignes de la distribution française. Les distributeurs sont classés en fonction des moyens qu’ils mettent en œuvre pour atteindre l’objectif d’éliminer en priorité les pesticides les plus dangereux. En juin 2015, elle publie par exemple un rapport intitulé Pommes empoisonnées – Mettre fin à la contamination des vergers par les pesticides grâce à l’agriculture écologique. De plus, l’association s’attaque à la consommation de viande. En décembre 2017, elle a par exemple lancé une pétition «Moins de viande et plus de bio à la cantine !» récoltant plus de 130.000 signatures.
Enfin, la campagne «Forêts» vise principalement à dénoncer l’importation en France de bois illégal ou provenant de déforestations. Début 2013 à Caen, quinze militants procèdent à une saisie de bois illégal, accusant le gouvernement de ne pas appliquer le règlement sur le bois de l’Union européenne. En mars 2015, une dizaine de militants de Greenpeace ont déposé quatre tonnes de bois devant le ministère de l’Ecologie à Paris, pour protester contre les importations illégales de bois tropical. En juin 2011, Greenpeace a notamment ciblé le fabricant de jouets Mattel, car «il s’approvisionne en papier d’emballage auprès d’Asia Pulp and Paper (APP), entreprise tristement célèbre pour son impact destructeur sur les forêts». En mars 2013, Greenpeace lance un défi à la haute couture sur trois segments de leurs chaînes d’approvisionnement : le cuir, le papier d’emballage et le textile. Ciblant notamment Hermès et Chanel, Greenpeace considère que «les modes de production de ces matières peuvent contribuer à la destruction des forêts en Indonésie, en Amazonie, et à la contamination toxique des ressources en eaux de la planète». Greenpeace est aussi engagée dans une campagne dénonçant l’industrie de l’huile de palme.

AnnéeProduitsChargesRésultat
201721.520.579 €21.518.658 €1921 €
201619.776.900 €19.439.590 €337.311 €
201518.751.320 €18.277.832 €473.488 €
201416.749.012 €16.440.376 €308.636 €
201315.865.010 €15.625.068 €239.942 €
201214.581.338 €14.627.032 €-45.694 €
201114.158.788 €14.507.201 €-348.313 €
201012.272.087 €11.615.628 €656.459 €
200910.676.419 €10.046.194 €630.225 €
20089.504.230 €7.406.405 €2.097.825 €
20079.004.475 €7.070.843 €1.933.632 €

Greenpeace France a plus que doublé ses recettes en dix ans. L’association est en autofinancement total, puisqu’elle refuse les dons des institutions privées et publiques. Fin 2017, l’association revendique en effet plus de 195.000 adhérents. Cependant, cet autofinancement est réalisé par un important effort de collecte de fonds puisqu’il représente environ un tiers de son budget, c’est-à-dire 6,7 millions d’euros en 2017. En fait, Greenpeace embauche des «recruteurs» (et non des militants) qui vont ensuite dans la rue pour récolter des fonds auprès du grand public. Cette approche marketing et professionnelle est totalement assumée par les responsables de Greenpeace. Ainsi, Pascal Husting, ancien directeur général de Greenpeace France, explique : «Nous avons été les développeurs de ce mode opératoire au milieu des années 1990. Aujourd’hui, en France, 90% du marché du “street marketing” est géré par des anciens de Greenpeace.»
A peine la moitié des recettes est directement consacrée aux campagnes (5,8 millions d’euros pour les campagnes en France, 4,1 millions pour celles réalisées à l’étranger). Selon un rapport de la Cour des comptes publié en octobre 2012, la Cour «s’est trouvée dans l’impossibilité de se prononcer sur l’emploi des fonds versés par Greenpeace France à la fondation Greenpeace International, qui représentent environ 20 % des ressources collectées par Greenpeace France». Elle ajoute : «Sous cette réserve, les dépenses exposées par Greenpeace France, que la Cour a examinées, sont conformes tant aux statuts de l’association qu’aux objectifs poursuivis par ses appels à la générosité publique. La Cour juge souhaitable qu’à terme, la part des dépenses de l’association consacrées à ses missions sociales s’accroisse.»

Principales sources extérieures de financement

«Pour garantir son indépendance d’action et sa liberté de parole», Greenpeace France se targue de refuser «toute subvention et n’accepte que les dons de ses adhérents». Cependant, Greenpeace International ou différentes branches nationales acceptent des dons d’associations et de fondations. Ainsi, depuis 2013, Greenpeace USA a par exemple reçu 3,3 millions de dollars de la David and Lucile Packard Foundation, et a régulièrement reçu des dons de fondations comme Climate and Land Use Alliance (une initiative de plusieurs fondations, dont la Fondation Ford), Rockefeller Brothers Fund, Turner Foundation, John D. & Catherine T. MacArthur Foundation, V. Kann Rasmussen Foundation, David & Lucile Packard Foundation, Blue Moon Fund, Trust for Mutual Understanding, Marisla Foundation, Charles Stewart Mott Foundation, Wallace Global Fund.
Il est un fait aussi que Greenpeace International a son siège dans la paradis fiscal des Pays-Bas, avec plusieurs fondations opaques : Stichting Phoenix, Stichting Iris, Stichting Rubicon, Stichting Theseus.

Le Fonds de dotation Greenpeace France

N’étant pas reconnue d’utilité publique, Greenpeace France n’est pas habilitée à recevoir des libéralités (legs ou donations). C’est pourquoi l’association a créé son fonds de dotation dès août 2009. En 2017, les dotations consomptibles s’élèvent à 720.583 euros pour 11 legs (contre 776.372 euros pour 10 legs en 2016 et 714.751 euros pour 7 legs en 2015).

 

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