Frédéric Jacquemart

Président du GIET
Président de la FRAPNA Ardèche
Copilote de la mission biotechnologies à FNE

Frédéric Jacquemart est un acteur clé dans le débat sur les OGM par ses postes de responsabilité tant au sein d’associations écologistes (Inf’OGM entre 2006 et 2014, GIET, FNE, etc.) que dans des instances officielles comme le Haut conseil des biotechnologies. Concernant l’évaluation des plantes génétiquement modifiées, Frédéric Jacquemart critique la fiabilité des tests en raison de leur faible puissance statistique. Il s’oppose aussi aux nouvelles techniques génétiques d’amélioration des plantes. Concernant par exemple le nouvel outil de génie génétique révolutionnaire dénommé «CRISPR/Cas9», il affirme : «En tant qu’ancien chercheur en biologie, si j’avais découvert une chose de la sorte, nul doute que j’aurais tout brûlé !»
Cependant, il ne s’intéresse pas aux OGM en eux-mêmes mais parce qu’ils sont le reflet d’une certaine manière d’interagir avec le monde. Frédéric Jacquemart part donc d’une démarche philosophique et du postulat que l’humanité est en danger car elle est en train de détruire la biosphère avec la multiplication des techniques. Il propose «d’aider à la déconstruction la plus profonde possible de la culture occidentale (assimilée au paradigme le plus global, pour la culture dominante) afin d’aider à l’émergence d’une “façon d’être au monde” radicalement nouvelle». Il dénonce ainsi «une vitesse d’évolution globale des techniques qui est elle-même exponentielle ou surexponentielle» et considère que «la nature même de la science, telle qu’elle est actuellement, structurée par des concepts totalement périmés, génère un risque majeur pour l’humanité». Il estime même qu’«un progrès médical ne peut plus être “bon a priori”». Pour lui, fondamentalement, «toute action technique agissant sur la nature (…) introduit de l’aléatoire dans ce système organisé qu’est la biosphère (…). Par conséquent, toute action technique concernant la nature désorganise la biosphère». De là, Frédéric Jacquemart est convaincu qu’il y aura, qu’on le veuille ou non, un changement radical de paradigme.
Frédéric Jacquemart a été notamment impliqué, par le biais de Pour l’Emergence d’une Université du Vivant (PEUV), dans une réflexion portant sur une recherche agronomique alternative, fortement inspirée par les idées ésotériques de l’anthroposophie de Rudolf Steiner. S’il pense que «le retour au passé est aussi inapproprié que la poursuite du paradigme actuel», Frédéric Jacquemart propose un programme de «Métamorphose Culturelle par la Démocratie Participative» qui vise à «une déconstruction culturelle pour laisser ensuite émerger quelques chose d’autre qu’on ne connaît pas, qu’on ne peut prédire et qui émerge de l’ensemble des activités humaines».

Frédéric Jacquemart a débuté sa carrière en tant qu’attaché puis assistant hospitalo-universitaire à la faculté de médecine Paris XIII. Docteur en médecine, il est titulaire de quatre certificats de spécialités médicales (bactériologie et virologie, immunologie, parasitologie et hématologie, maîtrise de biologie humaine) ; docteur ès sciences es immunologie et titulaire d’une licence de philosophie. Il devient médecin bénévole en Afrique, puis directeur de laboratoire à Nouméa. De retour en métropole, il obtient un poste de chercheur dans le laboratoire de neurochimie du Pr. Baumann (CHU Pitié-Salpêtrière, Paris) et enfin, dans le laboratoire d’Immunobiologie du Pr. Coutinho à l’Institut Pasteur de Paris.
Depuis 1990, après sa démission de l’Institut Pasteur «pour raisons éthiques», il se déclare bénévole à temps plein. Il siège au conseil d’administration d’associations régionales comme la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature (Frapna) Ardèche (qu’il a aussi présidée) et la Fédération des Associations Cévenoles Environnement Nature (FACEN). En 2003, il fonde une petite association baptisée «Groupe International d’Études Transdisciplinaires» (GIET), presque entièrement financée par la Fondation pour le progrès de l’homme (FPH). En 2004, il devient membre de la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB), représentant France Nature Environnement. La même année, au sein de la FRAPNA Ardèche, il lance les rencontres Nature-Culture. En avril 2005, il lance avec le GIET l’opération «un CRI pour la vie», avec comme consigne : «Que tous ceux qui aiment la vie se manifestent avec nous. Pas de revendication, pas de mot d’ordre, juste un CRI, un cri du cœur pour une prise de conscience générale.» En 2006, il entre au conseil d’administration d’Inf’OGM avant d’en devenir le président de 2010 à 2014. Toujours en 2006, il devient administrateur de FNE. Il est aujourd’hui copilote de la mission biotechnologies de FNE. Début 2009, il devient administrateur de Pour l’Emergence d’une Université du Vivant (PEUV), une structure également presque entièrement financée par la FPH. En juin 2009, Frédéric Jacquemart, représentant FNE, est élu vice-président du Comité Economique, Ethique et Social du Haut conseil des biotechnologies (HCB). En décembre 2009, il sort un film en DVD intitulé «2 + 2 = Bleu» et dans lequel il livre sa pensée sur le monde actuel. En 2011, il lance le projet «Métamorphose Culturelle par la Démocratie Participative» qui vise à «une déconstruction culturelle pour laisser ensuite émerger quelques chose d’autre qu’on ne connaît pas». En décembre 2014, il ne fait plus partie du HCB. En 2016, il reprend la présidence de la FRAPNA Ardèche. Lors d’un procès en octobre 2016, il témoigne en faveur de deux membres des Faucheurs Volontaires d’OGM ayant participé à une action commando dans une jardinerie pour vandaliser des bidons de produits phytosanitaires.

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