Jean-Vincent Placé

Conseiller régional d’Ile-de-France
Président de l’Union des démocrates et des écologistes
Co-président du Club Erel
Gérant de Norcomm

Défendant une «écologie entrepreneuriale» contre une écologie contestataire, Jean-Vincent Placé affirme que «cela fait maintenant 15 ans que je travaille à construire une écologie pragmatique, modérée, centriste». De fait, il n’a aucun antécédent écologiste, ni de l’écologie politique ni du milieu associatif. Issu du Parti radical de gauche, il explique que «c’est Michel Crépeau qui m’a sensibilisé à l’écologie urbaine». En fait, son arrivée au parti écologiste en 2001 relève davantage de l’opportunisme politicien. Jean-Vincent Placé revendique d’ailleurs régulièrement ses ambitions, comme l’explique Jean-Paul Besset, responsable d’EELV : «Il m’a dit : “Toi tu veux la réussite d’Europe Ecologie, moi le pouvoir !”» Juste après le premier tour de la présidentielle de 2012, Jean-Vincent Placé affiche son souhait de participer à un gouvernement socialiste, convoitant non pas le ministère de l’Ecologie mais plutôt celui du Budget ou de l’Intérieur. Trop ostensible, il fera un mea culpa pour cette chasse au maroquin.
Outre son carriérisme, ses camarades quand il était encore à EELV dénonçaient ses pratiques d’«apparatchik», plus à l’aise dans les intrigues politiciennes que dans les débats idéologiques. En 2010, lors des débats sur la future structure d’Europe Ecologie, Jean-Vincent Placé parle de «bide total». Pascal Durand affirme que «Placé sabote le processus au moment où il démarre pour se placer en défenseur de l’appareil Verts». Pour Francine Bavay, de la gauche du parti, «Jean-Vincent a peur de perdre le pouvoir.» Outre l’important réseau qu’il a réussi à tisser quand il dirigeait le Centre de formation des élus écologistes (Cédis), Jean-Vincent Placé a adopté la stratégie de ciblage des leaders concurrents pour gravir les échelons au sein du parti écologiste. Ainsi, quand Dominique Voynet a gagné la mairie de Montreuil en 2008, il s’était réjoui : «Nous voilà débarrassés de la mère Voynet.» Quant à la candidature d’Eva Joly pour 2012 évoquée en concurrence à celle de Cécile Duflot, il avait déclaré : «Si vous préférez la vieille éthique à la jeune dynamique !» Il est aussi très critique à l’égard des écologistes venus de la société civile, expliquant : «C’est toujours pareil, les gens qui viennent de l’extérieur – la fameuse société civile – disent invariablement vouloir faire différemment que les professionnels de la politique. Sauf que, lorsqu’ils se mêlent de l’appareil, les catastrophes s’enchaînent.»
Déplorant la dérive gauchiste du parti vert, Jean-Vincent Placé a toujours considéré le Parti socialiste comme l’allié naturel d’EELV. Il déclare en avril 2015 que «le parti écologique, tel qu’il est aujourd’hui, est en fin de vie, il est en mort clinique». En 2015, il avertit que si les écologistes décident d’entrer en opposition frontale avec le président Hollande, «alors il y aura une scission au sein d’EELV». Peu de temps après, il quitte EELV pour créer avec François de Rugy un nouveau parti baptisé Ecologistes!, une formation qui intègre ensuite  l’Union des démocrates et écologistes. Jean-Vincent Placé est nommé en février 2016 Secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat dans le gouvernement de Manuel Valls. Depuis juillet 2016, Jean-Vincent Placé n’apparaît plus dans l’organigramme d’Ecologistes!, rebaptisé Le parti écologiste.
Pour sa part, Daniel Cohn-Bendit n’hésite pas à traiter Jean-Vincent Placé de «crétin de politique», ajoutant «que si l’écologie, c’est celle de Jean-Vincent Placé, je n’en veux pas ! Si c’est une écologie cynique, je n’en veux pas!» Jean-Luc Mélenchon est aussi très sévère à propos du sénateur écologiste : «On le croit cordial, il est en fait très hautain, ce qui ne l’empêchait pas de me lécher les pieds pour avoir un canton dans l’Essonne quand j’étais patron du PS local.» Par ailleurs, en 2011, une motion avait été soumise par 19 signataires au conseil fédéral d’EELV pour réclamer notamment «un examen des comptes du centre de formation des élus écologistes, le Cédis, alors dirigé par Jean-Vincent Placé, qui a selon eux réalisé un bénéfice de 150.000 euros lors des journées d’été de Clermont-Ferrand fin août». Mais cette motion n’a pas été mise à l’ordre du jour et il n’y a pas eu d’audit indépendant du Cédis, comme réclamé.

Né le 12 mars 1968 à Séoul (Corée du Sud), Jean-Vincent Placé est adopté par une famille française et passe son enfance en Normandie. Il poursuit des études d’économie industrielle et de droit bancaire à l’université de Caen. En 1991, il monte sa propre association dénommée Agora et organise des conférences-débats. Il fréquente l’Unef-ID et le Club Forum (rocardien), mais déçu il préfère prendre sa carte au Parti radical de gauche (PRG). Après ses études, il ne rejoint pas le cabinet d’avocats familial mais décide de commencer sa carrière professionnelle comme auditeur financier. En 1995, il est élu conseiller municipal d’opposition à Caen, élu sur la liste PRG menée par Louis Mexandeau. Séduit par Michel Crépeau, président du groupe Radical, Citoyen et Vert à l’Assemblée nationale, Jean-Vincent Placé devient son assistant parlementaire en 1997. Il admet que c’est à ce moment qu’il commence à se «constituer un “carnet d’adresses”». En 1998, il est initié au Grand Orient de France. A la mort de Michel Crépeau en 1999, Jean-Vincent Placé quitte le PRG. Convaincu par Noël Mamère, il rejoint les Verts en 2001 où Jean Desessard, représentant du courant environnementaliste, le prend sous son aile. Dès avril 2001, Jean-Luc Bennahmias, alors secrétaire national des Verts, lui confie la direction du Centre d’études et de développement pour les élus écologistes et solidaires (Cédis). Une nouvelle équipe de professionnels est constituée au Cédis et Jean-Vincent Placé donne une nouvelle impulsion à la structure de formation des élus écologistes. Grâce au Cédis, il se construit un réseau d’obligés dans tous les courants du parti.
En 2002, il devient membre du secrétariat exécutif des Verts d’Ile-de-France, en tant que délégué aux élections de 2002 à 2004. C’est à ce titre qu’il est l’un des principaux négociateurs de l’accord régional Verts-PS pour les élections régionales de 2004. Jean-Vincent Placé est élu conseiller régional en avril 2004. Il devient dans la foulée président du groupe des élus Verts au conseil régional d’Ile-de-France (fonction qu’il quitte en décembre 2011). Depuis 2005, il est membre du comité des régions de l’Union européenne, où il représente la Région Ile-de-France. A ce titre, il participe aux Commissions ENVE (environnement, changement climatique, énergie) et CIVEX (citoyenneté, gouvernance, affaires institutionnelles et extérieures), où il peut «compléter» son carnet d’adresses. Lors des élections législatives de 2007, par respect des engagements politiques de la motion d’orientation du congrès des Verts de Bordeaux en décembre 2006, il contribue à faire rejeter la proposition d’accord entre le PS et les Verts. En mars 2008, il est élu conseiller municipal des Ulis (fonction qu’il quitte en novembre 2011). En juin 2008, il fonde et préside Natureparif, l’agence régionale de la nature et de la biodiversité d’Ile-de-France, qui bénéficie de subventions annuelles de la région entre 2,5 et 2,8 millions d’euros. Il en est aujourd’hui l’un des vice-présidents. Lors du congrès des Verts à Lille en décembre 2008, Jean-Vincent Placé est élu secrétaire national adjoint des Verts, délégué à l’organisation, aux régions, à la communication interne et aux relations extérieures. Auprès de Cécile Duflot (dont il fut le compagnon), il contribue à la réalisation du rassemblement Europe Ecologie pour les européennes.
A partir de juin 2009, il fait partie du bureau exécutif d’Europe Ecologie. Après le bon score de son parti aux élections européennes, il prône la constitution de listes autonomes au premier tour des élections régionales de 2010. Il est le directeur de campagne de Cécile Duflot en Ile-de-France et négocie la fusion d’entre deux tours avec le PS. Il devient, en mars 2010, deuxième vice-président de la région Ile-de-France, chargé des transports et des mobilités. Il est vice-président du Syndicat des transports d’Ile-de-France jusqu’en 2012.
Après le congrès d’EELV de La Rochelle en juin 2011, il négocie l’accord législatif PS-EELV pour la présidentielle de 2012, en sa qualité de conseiller politique de la secrétaire nationale. Après avoir encouragé une candidature de Cécile Duflot, il soutient la candidature d’Eva Joly. En septembre 2011, il est élu sénateur aux élections sénatoriales dans l’Essonne. Membre de la commission des Finances, il est désigné comme rapporteur spécial du budget de la sécurité (police-gendarmerie). Il est l’orateur du groupe pour les dossiers budgétaires, financiers et fiscaux. Le 10 janvier 2012, il devient président du premier groupe parlementaire écologiste en France. En février 2012, Jean-Vincent Placé est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 500 euros d’amende et 1500 euros de dommages et intérêts pour diffamation à l’encontre du député Christian Vanneste. Le tribunal estimant que, si Jean-Vincent Placé disposait d’éléments pour qualifier Christian Vanneste d’homophobe, il n’en disposait pas pour le qualifier de «raciste, voire antisémite». En mars 2013, il dépose une proposition de loi au Sénat le 18 mars 2013 visant à lutter contre l’obsolescence programmée et à augmenter la durée de vie des produits. En septembre 2013, il crée un club de réflexion baptisé «Club Erel», coprésidé avec la sénatrice Esther Benbassa. En décembre 2013, Le Canard Enchaîné révèle que Jean-Vincent Placé doit régler environ 18.000 euros d’amendes à la suite d’une centaine d’infractions routières, datant d’avant 2010. En décembre 2014, Jean-Vincent Placé déplore la dérive gauchiste du parti écologiste : «Aujourd’hui, on est devenus le parti des Roms et de la Palestine. On finit par se poser la question de son existence et de son utilité.» En avril 2015, il déclare : «Le parti écologique, tel qu’il est aujourd’hui, est en fin de vie, il est en mort clinique.» Le 28 août 2015, il annonce son départ d’EELV et au mois d’octobre il crée avec François de Rugy un nouveau parti baptisé Ecologistes!. Dans cette dynamique, ils participent avec Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate) à la création de l’Union des démocrates et des écologistes (UDE), une confédération de partis d’orientation écologiste. En février 2016, il est nommé Secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat dans le gouvernement de Manuel Valls. En mars 2016, Jean-Vincent Placé appelle à voter contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. En juillet 2016, il rejoint les forces spéciales comme réserviste citoyen, au sein du 13e régiment de dragons parachutistes spécialisé dans le renseignement, avec le grade de colonel. En octobre 2016, il souhaite une candidature de François Hollande mais sans primaire.

  • Pourquoi pas moi !, avec Rodolphe Geisler, Plon, 2015.

 

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