Sciences Citoyennes

38, rue Saint-Sabin
75011 Paris
Tél. : 01.43.14.73.65
Email : contact@sciencescitoyennes.org
Site : http://sciencescitoyennes.org

logo-sciences-citoyennesSciences Citoyennes plaide pour des «sciences sans croissance». L’association fustige en effet la croissance économique, estimant que «se soumettre à ce diktat économique (…) est, aujourd’hui, littéralement suicidaire». En outre, elle qualifie le  développement durable et la croissance verte comme «des leurres fallacieux». Elle partage ainsi les convictions décroissantes de Jacques Testart, président d’honneur de l’association, ou d’autres administrateurs comme Fabrice Flipo. En conséquence, Sciences Citoyennes s’oppose aux différents aspects de la «technoscience» (les OGM, la géo-ingénierie, les nanotechnologies, etc.) et prétend vouloir favoriser la «réappropriation citoyenne et démocratique de la science, afin de la mettre au service du bien commun».
Sciences Citoyennes veut donc accroître l’intervention de la société civile, des forces associatives, consuméristes et syndicales dans les choix scientifiques et techniques. Pour justifier la présence des ONG dans la gouvernance de la science et de l’expertise, Sciences Citoyennes dénigre systématiquement les évaluations et études scientifiques officielles concernant les technologies auxquelles elle est opposée. Comme l’explique un des responsables de Sciences Citoyennes, André Cicolella : «Nous avons besoin de développer et d’organiser une expertise à partir du mouvement citoyen, pour nous opposer aux travaux et aux expertises des pouvoirs publics.»
Sciences Citoyennes s’occupe notamment d’un projet qui tient à cœur Jacques Testart, à savoir des conventions de citoyens, c’est-à-dire des conférences de citoyens qui permettraient d’émettre des recommandations sur certains choix techniques. Sciences Citoyennes est aussi très active dans la défense des «lanceurs d’alerte», comme par exemple Gilles-Eric Séralini ou Christian Vélot. Elle a été à l’origine d’un projet de loi sur les lanceurs d’alerte, déposé au Sénat en 2012 mais, selon Sciences Citoyennes, «détricoté par la démocratie parlementaire». Si les actions de Sciences Citoyennes prennent souvent des apparences institutionnelles (projets de loi, participation à des colloques ou à des programmes de recherche publics, etc.), la plupart de ses responsables sont des militants très engagés, n’hésitant pas à régulièrement soutenir, par exemple, les actions des Faucheurs Volontaires d’OGM.
Sciences Citoyennes a participé à la création du Réseau Environnement Santé et est engagée sur les problématiques de transparence et de lobbying. Sciences Citoyennes est également impliquée dans différents réseaux internationaux comme l’European network of scientists for social and environmental responsibility (réseau européen de chercheurs engagés qui milite principalement contre les OGM), Living knowledge (réseau international des boutiques de sciences), ALTER-EU (plate-forme d’ONG travaillant sur les conflits d’intérêts), Forum Mondial Sciences et Démocratie, ou encore une alliance informelle d’ONG sur la réforme de l’EFSA.
La plupart des activités de Sciences Citoyennes s’inscrivent dans les projets de la Fondation pour le progrès de l’homme, principal bailleur de l’association et là où siège Sciences Citoyennes, dont un des programmes est de «donner à la société la maîtrise de l’orientation des choix technoscientifiques». Sans base militante et n’ayant que 209 adhérents en décembre 2018, Sciences Citoyennes a cependant une importante force de frappe intellectuelle, ayant la capacité de tisser des liens avec des réseaux étrangers comme celle de multiplier des interventions au niveau national.

Association de la loi de 1901, créée en 2003. Baptisée au départ «Fondation Sciences Citoyennes», elle change de nom en 2016 pour «Sciences Citoyennes». L’association explique : «La Préfecture de police de Paris a souhaité voir retirer le terme “fondation” de notre nom, car ne correspondant pas à l’une des huit formes juridiques de fondation définies par la loi.»

Conseil d’administration

  • Kévin Jean : président
  • Dominique Cellier : vice-président
  • Catherine Bourgain : trésorière
  • Jacques Testart : président d’honneur
  • François Warlop : secrétaire
  • Christian Vélot : secrétaire adjoint
  • Arnaud Apoteker
  • Camille Besombes
  • Edgar Blaustein
  • Pierre Bouvier-Muller
  • François Briens
  • André Cicolella
  • Vincent Daubin
  • Laurent Dianoux
  • Eveline Manna
  • Aurélien Féron
  • Cyril Fiorini
  • Fabrice Flipo
  • Isabelle Goldringer
  • Aurore Grandin
  • Arthur Hellouin de Menibus
  • Maryvonne Holzem
  • Yanick Lasica
  • Bénédicte Lefèbvre
  • Pascale Moity-Maïzi
  • Elena Pasca
  • Benjamin Raimbault
  • Jérôme Santolini
  • Ismaël Sène
  • Nathalie Seyssel Valtorta

Salariés

  • Aude Lapprand : déléguée générale
  • Charlotte Coquard : chargée de mission
  • Fabien Piasecki : coordinateur
  • Glen Millot : coordinateur
  • Marie Laot : chargée d’administration

L’association doit son existence au financement de la Fondation pour le progrès de l’homme (FPH), une fondation de droit suisse dirigée par Matthieu Calame. La FPH a en effet engagé depuis les années 1996-1999 une réflexion sur la «science citoyenne», et vise ainsi à peser à terme sur les choix technologiques en France. En juin 1999, Pierre Calame, le directeur général de la FPH à l’époque, écrit un Manifeste pour une science citoyenne, responsable et solidaire. Une première association – l’Association pour une attitude scientifique responsable – est fondée en Suisse pour porter les principes développés dans le Manifeste. C’est dans ce même esprit que la FPH cofinance un colloque organisé par EcoRev’ en novembre 2001 à Paris sur le thème «Quelles sciences pour quelle société ?». Parmi les intervenants du Colloque, on trouve plusieurs futurs responsables de la FSC, à savoir André Cicolella, Christophe Bonneuil, Laurent Dianoux, Jean-Paul Gaudillière et Jacques Testart. Un an à peine après ce colloque, la Fondation Sciences Citoyennes est fondée et financée à hauteur de 80 à 90% par la FPH. Cette dernière héberge Sciences Citoyennes dans ses locaux, dont l’action s’inscrit dans un programme de la FPH intitulé «Réintroduire les choix scientifiques dans le champ de la démocratie».

Les activités de Sciences Citoyennes sont de deux ordres : celles subventionnées par des structures publiques régionales, nationales ou européennes, avec une apparence plus institutionnelle, et celles, principalement financées par la Fondation pour le progrès de l’homme (FPH), ayant une portée plus militante.
Ainsi, Sciences Citoyennes a participé à plusieurs programmes européens : PERARES, CREPE, TRAMS, etc. Ces programmes portent principalement sur les liens entre société civile et les politiques de recherche. En 2018, Sciences Citoyennes a rejoint un consortium de huit organisations européennes afin de préparer un nouveau projet dénommé TeRRIFICA (Territorial Responsible Reasearch and Innovation Fostering Innovative Climate Actions). Sciences Citoyennes est aussi partie prenante dans le programme REPERE (Réseau d’échange et de projets sur le pilotage de la recherche et l’expertise), une des suites du Grenelle de l’environnement, et subventionné par le ministère de l’Ecologie. Par ailleurs, plusieurs responsables de Sciences Citoyennes ont participé à des PICRI (Partenariat institutions-citoyens pour la recherche et l’innovation) avec la Région Ile-de-France. En 2012, Sciences Citoyennes a réalisé une étude financée par la Fondation de France destinée à dresser un état des lieux de la recherche participative en France. L’association poursuit en 2016 son partenariat avec la Fondation de France pour «une expérimentation d’accompagnement à la co-construction des savoirs». En 2016, Sciences Citoyennes a commencé un projet portant sur «la programmation de la recherche et le financement des différents modes de production des savoirs tels que la recherche-action ou la recherche participative». Au début de l’été 2018, cela a débouché sur un premier appel à projets de recherche participative du dispositif CO3 (Co-Construction des Connaissances), soutenu par l’Ademe, la FPH, la Fondation de France, Agropolis Fondation et la fondation Carasso.
Sciences Citoyennes est aussi impliquée dans la problématique de la transparence. Déplorant «les carences démocratiques au sein du réseau ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying)» auquel elle participait, Sciences Citoyennes est désormais en lien direct avec le réseau européen Alter-EU. En juin 2015, Sciences Citoyennes a signé une tribune dans Libération intitulée «Dialogue environnemental : rendons la parole aux citoyens». En septembre 2015, Sciences Citoyennes a participé au colloque «Science versus Lobbying» organisé à Bruxelles par l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO).
Au printemps 2016, l’association a participé à une réunion organisée par Inf’OGM et le Réseau Semences Paysannes, réunissant différentes organisations s’intéressant aux questions des nouvelles technologies de modification du vivant. Depuis septembre 2016, Sciences Citoyennes soutient la campagne de la Confédération paysanne contre les «nouveaux OGM» et les brevets. En février 2018, l’association, conjointement avec le CRIIGEN, a organisé une journée de formation sur «les nouvelles techniques de manipulation du vivant».
Sciences Citoyennes a fait du lobbying pour deux projets de loi qu’elle a rédigés : l’un sur les conventions de citoyens, l’autre sur la création d’une Haute autorité de l’Alerte et de l’Expertise. En automne 2012, le groupe EELV au Sénat a déposé une proposition sur les lanceurs d’alerte calquée sur celle élaborée en 2010 par Sciences Citoyennes. Cependant, Sciences Citoyennes déplore que ce projet de loi ait été «détricoté par la démocratie parlementaire». L’association poursuit toujours sont lobbying, privilégiant les milieux institutionnels. En décembre 2013, Sciences Citoyennes a organisé au Palais du Luxembourg un colloque sur le thème «Alerte, expertise et démocratie». En 2015, en collaboration avec Transparency International France, Sciences Citoyennes a organisé un cycle de débats «pour l’amendement de la protection de nos lanceurs d’alerte, avec notamment une loi cadre, une Autorité indépendante et la préfiguration d’une Maison pour les lanceurs d’alerte (MLA)». Le premier colloque a eu lieu en février à l’Assemblée nationale, le deuxième en avril à l’auditorium confédéral de la CFDT, et le troisième en septembre, à nouveau à l’Assemblée nationale. En octobre 2018, l’association Maison des Lanceurs d’Alerte (MLA) était officiellement constituée autour d’un collectif de 17 fondateurs (dont Transparency International France, Greenpeace, le CRIIGEN et le Réseau Environnement Santé). Sciences Citoyennes participe aussi à un groupe d’étude du Conseil d’État sur l’alerte.
Sciences Citoyennes a soutenu ces dernières années plusieurs lanceurs d’alerte, dont Pierre Méneton, Véronique Lapides, Christian Vélot, Jacques Poirier. L’association est très impliquée dans des campagne de soutien à Gilles-Eric Séralini par exemple lors de son procès en diffamation en 2011 contre Marc Fellous, responsable de l’AFBV, ou à l’occasion de la publication en 2012 de l’étude du CRIIGEN sur le NK603 et le Roundup. Sciences Citoyennes avait d’ailleurs été conviée par la FPH, pour participer «au week-end stratégique d’information organisé par le CRIIGEN à Barjac, lors de la publication médiatisée des travaux de G.E. Séralini et de son équipe», et cela afin «de se former sur les réponses à apporter au discrédit jeté sur ces travaux».
En mars 2010, Sciences Citoyennes a co-organisé avec le CRIIGEN et l’ENSSER un séminaire au Parlement européen à Bruxelles sur le thème : «Santé : l’expertise en question. Conflits d’intérêts et défaillances de l’évaluation». De façon plus générale, Sciences Citoyennes organise et participe à de nombreux colloques et conférences. En mars 2015, Sciences Citoyennes a organisé le 4e Forum Mondial Sciences et Démocratie (FMSD) à Tunis. L’association organise aussi chaque année un festival de films appelé «Science en bobines» et dont l’affluence a été en 2017 d’environ 1700 personnes qui ont assisté à l’une des 32 projections-débats du festival. En janvier 2011, Sciences Citoyennes a sorti un livre intitulé Labo Planète – Ou comment 2030 se prépare sans les citoyens, issu de sept conférences du cycle de débat Dialogues Sciences Planète (organisé par Sciences Citoyennes entre octobre et décembre 2007) et rédigé par Jacques Testart, Catherine Bourgain et Agnès Sinaï. En avril 2015, Sciences Citoyennes a organisé un cycle de formation sur les thèmes suivants : Recherche participative et tiers-secteur scientifique ; Lobbying et conflits d’intérêts ; Expertise et lanceurs d’alerte ; Maîtrise du vivant : réalités et contrôles. Fin 2015, en marge de la COP21, Sciences Citoyennes a publié divers documents sur la géo-ingénierie et a été présente à plusieurs manifestations. En mars 2017, Sciences Citoyennes a participé à l’organisation du colloque «Construire les savoirs avec tou.te.s ? Recherches participatives avec les personnes en situation de pauvreté» qui s’est tenu au CNRS. En avril 2017, quelques militants de Sciences Citoyennes ont diffusé des tractes lors de la «Marche pour les sciences», dans lequel l’association propose «une reprise en main démocratique de la recherche». Au même moment, a publié un plaidoyer sur le thème «Sciences sans croissance». En novembre 2017, Sciences Citoyennes a organisé une table-ronde sur le thème de la post-vérité. En 2018, l’association organise un cycle de 3 colloques «pour une recherche scientifique responsable». En février 2018, Science Citoyennes a organisé, conjointement avec le CRIIGEN une formation sur les nouvelles techniques de manipulation génétique.
Sciences Citoyennes est un acteur clef dans un réseau européen de chercheurs engagés, baptisé «European Network of scientists for social and environmental responsibility» (ENSSER). Depuis octobre 2018, l’association est représentée au conseil d’administration par Arnaud Apoteker. Sciences Citoyennes participe également au collectif d’associations (regroupant Greenpeace, les Amis de la Terre, ATTAC, Sherpa et Via Campesina) qui anime le site Combat-monsanto.org. En 2009, Sciences Citoyennes a également participé à la création du Réseau Environnement Santé, dont le responsable, André Cicolella, fait partie du CA de Sciences Citoyennes.

Sciences Citoyennes n’a récolté que 16.559 euros de cotisations en 2018. L’association note d’autres sources d’autofinancement  comme «la vente de livres, les prestations et interventions rémunérées de membres du Conseil d’Administration ou l’organisation de formations (comme celle proposée par le groupe de travail Manipulation du Vivant en partenariat avec le CRIIGEN, en 2018)». En 2017, l’association a reçu 12.950 euros de la Région Ile-de-France. La Fondation pour le progrès de l’homme (FPH) reste le principal bailleur de l’association, assurant environ 57% du budget (auparavant, la FPH assurait environ 70% du budget de Sciences Citoyennes). Il faut ajouter à cela le fait que Sciences Citoyennes est hébergée dans les locaux de la FPH et que cette prestation en nature est estimée à 32.000 euros. Depuis 2017, Sciences Citoyennes est opaque concernant la liste de ses bailleurs et les différentes sommes octroyées. L’association souligne «l’appui important et désormais historique de fondations comme la Fondation Un Monde par Tous et la Fondation de France».
En 2016, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) soutient Sciences Citoyennes pour un projet d’appui à la recherche participative. Ce financement, d’un montant de plus de 100.000 euros devrait s’étaler sur 4 ans. L’Ademe mise à part, les subventions publiques se limitent à 7100 euros pour 2018.
La Rapport financier 2013 de Sciences Citoyennes ne mentionne pas les 8000 euros accordés par la réserve parlementaire d’EELV cette année-là.

AnnéeProduitsChargesRésultat
2018271.783 €271.627 €155 €
2017244.039 €243.678 €361 €
2016242.540 €256.757 €-14.218 €
2015251.170 €255.613 €-4443 €
2014241.956 €240.268 €1688 €
2013270.766 €270.634 €132 €
2012263.987 €263.041 €946 €
2011236.472 €261.839 €-25.367 €
2010214.974 €211.553 €3421 €
2009243.619 €240.185 €3434 €
2008243.670 €241.950 €1720 €
2007254.716 €205.681 €49.035 €

Répartition des financements

Principales sources extérieures de financement

2016
Fondation pour le progrès de l’homme140.000 €
Ademe28.000 €
Fondation de France20.000 €
Fondation Un Monde par Tous12.000 €
Réserve parlementaire9000 €
Agence Nationale de la Recherche2000 €
Fondation La Ferthé2000 €

2015
Fondation pour le progrès de l’homme132.500 €
Réserve parlementaire 23.000 €
Conseil régional d'Ile-de-France18.250 €
Fondation de France18.000 €
Fondation Un Monde par Tous7500 €
Union européenne3672 €

2014
Fondation pour le progrès de l’homme135.000 €
Fondation de France30.000 €
Conseil régional d'Ile-de-France14.250 €
Réserve parlementaire EELV10.000 €
Union européenne10.000 €
Association Agropolis9000 €
Un monde par tous7500 €
Réserve parlementaire Corinne Bouchoux (EELV)3900 €

2013
Fondation pour le progrès de l’homme115.000 €
Ministère de l'Ecologie41.707 €
Fondation Isvara20.372 €
Conseil général d'Ile-de-France19.250 €
Union européenne15.895 €
Fondation de France12.000 €
Un monde par tous10.000 €
Réserve parlementaire EELV8000 €
Association Agropolis7000 €
Fondation Léa Nature4000 €

2012
Fondation pour le progrès de l’homme100.000 €
Fondation de France40.000 €
Ministère de l'Ecologie29.940 €
Conseil régional d'Ile-de-France25.000 €
Fondation Isvara24.000 €
Un monde pour tous12.500 €
Union européenne10.087 €

2011
Fondation pour le progrès de l’homme80.000 €
Ministère de l'Ecologie50.560 €
Union européenne27.854 €
Conseil régional d'Ile-de-France24.750 €
Un monde pour tous7500 €

2010
Fondation pour le progrès de l’homme80.000 €
Union européenne60.710 €
Conseil régional d'Ile-de-France24.600 €
Ministère de l'Ecologie23.520 €
Un monde pour tous7500 €

 

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