Extinction Rebellion (XR)

Planète A
99 bis avenue du Général Leclerc
75014 Paris
E-mail : contact@extinctionrebellion.fr
Site : https://extinctionrebellion.fr/

Lancé au Royaume-Uni en 2018, le mouvement écologiste radical Extinction Rebellion (XR) a essaimé dans 69 pays, afin de lutter «contre l’effondrement écologique et le réchauffement climatique». Revendiquant en France une centaine de groupes locaux et 10.000 inscrits sur « La base » (son forum de discussion et l’un des outils numériques du mouvement), XR est favorable à une convergence des luttes avec les ONG écologistes traditionnelles. Toutefois, le mouvement se distingue d’elles par ses modes d’action et par son organisation. Ainsi, XR est adepte des opérations coup de poing, estimant que les autres formes de protestation, comme les pétitions et les marches, ont démontré leurs limites. Pour diffuser leur message, XR privilégie donc les actions directes non violentes, la désobéissance civile, les happenings, les blocages ou encore l’écosabotage, comme la mise hors service de trottinettes électriques ou le dégonflage de pneus de SUV. Le mouvement a aussi adopté un système de gouvernance basé sur l’holacratie, c’est-à-dire sans hiérarchie et se voulant décentralisé et le plus horizontal possible.
XR part d’un constat alarmiste selon lequel «l’extermination en cours de la vie sur Terre est d’une ampleur comparable aux grandes extinctions géologiques». Le mouvement estime que «la destruction des écosystèmes et des espèces animales et végétales par la surexploitation et la pollution sont une conséquence directe du développement de nos sociétés modernes. Les mesures compensatoires n’enrayent aucunement l’extermination massive en cours.» En conséquence, XR prône la décroissance «en opposition à la “croissance économique” qui ravage nos écosystèmes et notre Terre», et propose «d’autres formes de croissance : croissance des liens entre nous, les autres êtres vivants, la Terre ; croissance des luttes face à l’écocide, etc.»
Selon le philosophe Dominique Bourg, référent de XR en Suisse, XR est «un mouvement suscité par l’angoisse. (…) Ce n’est pas un mouvement auquel on participe en toute sérénité (…). Ils ne veulent tout simplement pas crever ! Il résulte d’une angoisse vitale vis-à-vis de l’ordre néolibéral, qui va nous imposer des conditions de vie effrayantes». De nombreux militants de XR témoignent de leur angoisse et impuissance face à la crise comme déclencheur de leur engagement. D’ailleurs, l’un des slogans du mouvement est : «Quand l’espoir meurt, l’action commence.»
La démarche de XR, à la différence d’autres associations environnementalistes, met également l’accent sur l’aspect culturel, voire spirituel. Affirmant qu’«une culture dominante qui annihile le vivant s’est progressivement emparée du monde durant les dernières centaines d’années», le mouvement promeut ce qu’il appelle une «culture régénératrice». Avec cette dernière, ils entendent «créer une culture au service du vivant sous toutes ses formes et de ce qui est vivant en chacun·e de nous». Dans cet esprit, XR organise régulièrement des actions ou ateliers mêlant yoga, méditation et spiritualité.
XR affiche 4 revendications : «La reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet» ; « la réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025, grâce à une réduction de la consommation et une descente énergétique planifiée» ; « l’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant» ; «la création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable».

Il n’existe pas de structures légales dénommées «Extinction Rebellion». En revanche, XR reçoit un soutien pratique (notamment la récolte de fonds) de certaines structures. Au Royaume-Uni, il s’agit de la société Compassionate Revolution et, en France, c’est l’association de la loi de 1901 dénommée «Planète A», créée en février 2019. Selon ses statuts, Planète A «organise plusieurs campagnes dont “Extinction Rebellion France”, “Extinction Rebellion” sur le territoire français et noms affiliés : “XR France”, “XR”, etc.»

Dans ses statuts, l’association Planète A explique qu’elle organise les campagnes Extinction Rebellion en France. Cependant, elle précise que «ses campagnes ne sont constituées que par leurs membres et n’ont ni fondateur, ni représentant ou visage, ni leader ou meneur. Toute personne physique ou morale, membre ou non, se présentant publiquement ou en interne selon ces termes, adopterait par voie de fait, un comportement fallacieux qui ferait l’objet d’une délibération du Cercle de Pilotage pour radiation.»
Planète A comprend un Cercle d’Orientation ainsi qu’un Cercle de Pilotage. Le Cercle d’Orientation représente les membres de quatre collèges : le Collège des Groupes Thématiques, le Collège des Groupes Locaux, le Collège des Membres Actifs et le Collège des Donateurs.

Direction collégiale de Planète A

  • Damien Soldadié : co-président
  • Charles Abécassis : co-président
  • Félix Lallemand : co-président
  • Marie Joubert : co-présidente
  • Armelle Breuil : co-présidente
  • Xavier Guniois : co-président
  • Anne Lemet : membre de la direction collégiale
  • Antony Oblin : membre de la direction collégiale
  • Antoine Brunner : membre de la direction collégiale
  • Corinne Raoult : membre de la direction collégiale
  • Charlie Bougeard : membre de la direction collégiale
  • Ingrid Verleye : membre de la direction collégiale
  • Mathieu Evrard : membre de la direction collégiale
  • Camille Hassanaly : membre de la direction collégiale
  • Siméon Gallu : membre de la direction collégiale
  • Diane Granoux : membre de la direction collégiale
  • Katherine Llorca : membre de la direction collégiale
  • Sébastien Llorca : membre de la direction collégiale
  • Maxime Chavagne : membre de la direction collégiale
  • Bruno Goube : membre de la direction collégiale
  • Vanessa Cornée : membre de la direction collégiale
  • Mats Svensson : membre de la direction collégiale
  • Alek Kayser Nogueira : membre de la direction collégiale
  • François Jabin : membre de la direction collégiale
  • Romain Firla : membre de la direction collégiale

En 2016, plusieurs activistes écologistes britanniques – Gail Bradbrook (Compassionate Revolution), Simon Bramwell et Roger Hallam – ont réuni des militants d’autres groupes (comme Earth First!, Occupy Democracy, Plane Stupid, Reclaim the Power) afin d’élaborer une stratégie gagnante sur la crise écologique. A l’automne 2016, ils ont formé le groupe Rising Up! avec une mobilisation pour bloquer l’extension de l’aéroport de Londres-Heathrow. C’est Rising Up! qui va ensuite concevoir le projet «Extinction Rebellion». En 2018, une centaine d’universitaires signent un appel à l’action face à la crise écologique et apportent leur soutien au lancement officiel de XR prévu le 31 octobre. A cette occasion, un millier de manifestants (dont Greta Thunberg) se réunissent sur Parliament Square avec la lecture d’une déclaration de rébellion. XR France se mettra en place à partir de novembre 2018.

Actions : Le 24 mars 2019 a eu lieu la première action de XR en France, avec un rassemblement de près de 500 personnes place de la Bourse pour une «déclaration de rébellion contre l’anéantissement du vivant», avec notamment des interventions de Susan George (Attac) et du collapsologue Pablo Servigne. En mars 2019, XR organise un Die-in au Museum d’histoire naturelle à Paris ainsi que dans d’autres villes. En mai 2019, des activistes ont bloqué un axe routier de la Vallée de l’Arve en Haute-Savoie pour dénoncer la pollution de l’air. En juin 2019, 300 militants ont organisé une opération de blocage du pont de Sully, à Paris, mais ont été rapidement délogés par les forces de l’ordre.
Chaque année, XR organise une semaine d’actions baptisée la «Rébellion internationale d’octobre» (RIO). Par exemple, en 2019, près d’un millier d’activistes ont envahi le centre commercial Italie 2, à Paris, qu’ils ont occupé pendant plus de 17 heures ; près de 2000 activistes ont bloqué le pont au Change et la place du Châtelet. Pour la RIO 2020, des activistes à Bordeaux ont mis hors service 193 trottinettes électriques en libre-service et ont dégonflé les pneus de 220 SUV ; des activistes torses nus et en sous-vêtements se sont positionnés place du Palais-Bourbon avant de se faire asperger d’un liquide rouge censé symboliser des néonicotinoïdes ; à Lille, des activistes ont déversé du faux sang sur les marches du pont Napoléon ; une occupation bloquante du chantier de la ligne 18 de la compagnie Grand Paris Express sur le plateau de Saclay ; une cinquantaine de rebelles se sont réunis place de la République pour des temps de méditation et de yoga ; blocage de sites de Lafarge sur «Pantin» et «quai de Bercy» ; des militants ont tenté de bloquer la rue devant le ministère de la Transition écologique.
Conférences et formations : Le mouvement organise des conférences sur différents thèmes, comme «Méditation et Rebellion», «Tout droit vers l’extinction», «Pourquoi allons-nous vers notre propre extinction ?», «Face à l’extinction». XR organise aussi régulièrement des formations en désobéissance civile, notamment avec Les Désobéissants au siège de Greenpeace ou ailleurs. Il y a aussi, sous forme de vidéos, des séance de formation sur les «système d’auto-organisation», ou sur la thématique «Activisme Intérieur» lors desquelles sont proposées des pratiques de méditation.

Ne publiant pas ses comptes ou de rapport financier sur son site, XR France est opaque concernant ses finances. La branche française du mouvement affirme privilégier les cagnottes, comme Hello Asso, et déclare avoir réuni 46.000 euros. Ce qui est établi, c’est que pour la semaine de Rébellion Internationale d’Octobre 2019, XR France a récolté 18.604 euros (sur un objectif de 50.000 euros). En juin 2019, le mouvement a récolté 195 euros (sur un objectif de 10.000 euros) pour la campagne «La forêt Rebelle», dont l’objectif était : «Pour chaque rebelle arrêté.e, Extinction Rebellion France plantera un arbre.»
Toutefois, XR n’a pas les mêmes règles de financement d’un pays à un autre. En septembre 2019, le New York Times a révélé que la structure britannique de XR a bénéficié d’une subvention de 318.000 euros du Climate Emergency Fund (CEF), un fonds créé par l’investisseur Trevor Neilson, la fille de l’ancien sénateur Robert Kennedy, Rory Kennedy, et Aileen Getty, une des héritières d’un empire pétrolier américain. Or, après plusieurs consultations de ses membres, la branche française de XR a refusé le financement du CEF. «La structure de financement international voulait nous redistribuer 50.000 livres venant du CEF. Cela a fait beaucoup débat en interne», a confié un membre de XR France à CheckNews.
Les autres principales sources extérieures de financement d’Extinction Rebellion UK, la branche fondatrice, et de son équipe de soutien internationale sont : Radiohead (438.000 euros en 2019), Europe Climate Foundation (139.000 euros en 2018), Rockefeller Philanthropy Advisors (134.000 euros en 2020), Furka Holding (55.000 euros en 2019), Greenpeace (33.000 euros en 2019-2020), Seedbed Christian Community Trust (31.500 euros en 2017-2019), Bertha Foundation (27.500 euros en 2019), Good Move Gmbh (22.000 euros en 2018-2019), Patagonia Europe Cooperatief (20.000 euros en 2019-2020). Par ailleurs, en 2019, sir Christopher Hohn, le milliardaire britannique à la tête du hedge fund TCI, a versé 55.000 euros à la structure internationale, puis 167.000 euros par le biais de sa fondation Children’s Investment Fund Foundation. Parmi les autres donateurs individuels, on peut mentionner le businessman Joseph Ferdinand Corre ou encore le Maître Suprême Ching Hai.

 

 

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