Yannick Jadot

Député européen d’Europe Ecologie-Les Verts
Vice-président de la commission Commerce international au Parlement européen
Membre de la commission Industrie, recherche et énergie au Parlement européen
Président d’Ecolo Europa
http://yannickjadot.fr

Ancien responsable de Greenpeace France, Yannick Jadot a une bonne connaissance du milieu des ONG écologistes. D’autant plus que, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, il a été l’un des porte-parole de L’Alliance pour la planète, une coalition de 80 associations. Il est toutefois critiqué par certains écologistes, comme par Yannick Vicaire, ancien de Greenpeace aussi, qui lui reproche «d’avoir fait preuve de naïveté et de s’être engagé sans garde-fou» au sein du Grenelle, tout en ajoutant que «c’est un très bon stratège de couloirs, derrière les rideaux du pouvoir». D’ailleurs, Jean-Louis Borloo trouve que Yannick Jadot est «quelqu’un de très intelligent, généreux, structuré. J’ai de l’admiration pour lui.» Les écologistes radicaux du journal La décroissance lui reprochent d’avoir abandonné le mouvement antinucléaire. En effet, pragmatique, Yannick Jadot avait déclaré en octobre 2007 : «On savait que (sur le nucléaire) c’était arbitré. De toute façon cette mesure-là, vous ne pourrez pas l’obtenir, donc on essaye de se battre sur ce qu’on peut obtenir. On n’est pas complètement fous !» Concernant l’écologie politique, il pense qu’elle «consiste à secouer les clientèles, bousculer les certitudes qui reposent sur de vieilles visions, comme la croissance telle qu’on l’a toujours connue». De plus, il pense affirme que la conversion écologique de l’économie sera créatrice d’emplois : «Alors que le secteur agricole en perd, l’abandon du système productiviste et intensif et le soutien de l’agriculture paysanne pourrait générer un million de nouveaux emplois.»
Après le Grenelle, Yannick Jadot a décidé de se lancer en politique au sein d’Europe Ecologie. Ses ambitions personnelles sont raillées, notamment quand il est dévoilé en 2009 que le site «jadot2012.fr» a été déposé en vue de la présidentielle. De même, Yannick Jadot a démissionné en novembre 2011 de ses fonctions de porte-parole d’Eva Joly, car il était «en désaccord avec la nouvelle ligne politique d’Eva Joly». En fait, il désapprouvait les critiques acerbes de la candidate à l’égard du Parti socialiste, menaçant ses ambitions d’obtenir un poste de ministre dans un gouvernement socialiste après l’élection de François Hollande. Finalement, il n’aura pas de portefeuille, suite au veto de Cécile Duflot sur la nomination de Yannick Jadot. Depuis, il critique régulièrement le gouvernement socialiste, notamment sur le dossier nucléaire ou celui de Notre-Dame-des-Landes, et dénonce Manuel Valls qui est dans une «dérive libérale et autoritaire».
En septembre 2012, Yannick Jadot fait campagne pour la ratification du pacte budgétaire européen (TSCG), en porte-à-faux avec EELV puisque son conseil fédéral vote contre la ratification. Yannick Jadot considère que «c’est une défaite pour le mouvement écologiste. (…) C’est aussi un vote incohérent par rapport à nos convictions européennes». En mars 2015, suite aux déchirements au sein du parti écologiste, il déclare qu’EELV est «au bord de l’implosion. EELV est piégé par une double obsession : soit la participation au gouvernement à n’importe quel prix, soit l’alliance avec le Front de gauche. Nous apparaissons comme un parti agité par deux sensibilités : le gauchisme et l’opportunisme». «Je suis assez effaré d’appartenir à un mouvement qui donne la pire image de lui-même.» Début novembre, il remporte la primaire écologiste et devient le candidat d’EELV pour l’élection présidentielle de 2017.

Né le 27 juillet 1967, à Clacy-et-Thierret (Aisne), il étudie l’économie à l’université Paris-Dauphine. Il participe à la fondation de La Déferlante, dont il sera l’un des responsables entre 1987 et 1990, une association née de la contestation étudiante contre la réforme Devaquet de 1986. Appelé en 1990, il se porte volontaire pour un poste de coopérant au Burkina Faso où il restera plusieurs années. En 1993, il va au Bangladesh dans le cadre d’un programme d’appui aux ONG européennes. En 1995, il intègre Solagral (Solidarité Agricole et Alimentaire), une association spécialisée sur les impacts de la mondialisation sur l’agriculture dans les pays du Sud. Il en deviendra le délégué général, aux côtés de la fondatrice de Solagral, Laurence Tubiana, par ailleurs chargée de mission sur les questions d’environnement mondial et conseillère pour l’environnement auprès du Premier ministre Lionel Jospin entre 1997 et 2002. Yannick Jadot effectue un court passage chez les Verts entre 2000 et 2002. Il quitte Solagral en 2001 pour devenir directeur des campagnes de Greenpeace France en 2002 auprès de Pascal Husting, le directeur général de la multinationale verte. En 2006, il participe à la création de L’Alliance pour la planète, une coalition des principales associations écologistes, dont il sera l’un des porte-parole. En 2007, il devient très actif au sein des négociations du Grenelle de l’environnement.
En septembre 2008, il quitte Greenpeace France pour rejoindre l’initiative de rassemblement écologiste Europe-Ecologie en vue des élections européennes de juin 2009. Il devient tête de liste d’Europe Ecologie dans l’euro-région Grand Ouest. Sa liste obtenant 16,65% des voix, Yannick Jadot est élu le 7 juin 2009. En 2011, il devient porte-parole d’Eva Joly pendant la primaire écologiste, puis pendant la campagne pour l’élection présidentielle, avant de démissionner en novembre 2011, expliquant ne plus partager la «ligne politique» de la candidate écologiste consistant à attaquer systématiquement François Hollande et les socialistes. Le 17 octobre 2011 s’est ouvert le procès d’EDF, accusé d’avoir commandité le piratage de l’ordinateur de Yannick Jadot, en 2006, lorsqu’il était directeur des campagnes de Greenpeace. En appel, EDF a été relaxé mais un de ses cadres chargés de la sécurité a été condamné à verser 10.000 euros de dommages et intérêts à Yannick Jadot.
En septembre 2012, il signe une tribune intitulée «Pour une République européenne» avec les eurodéputés Sandrine Bélier, Jean-Paul Besset, José Bové et Daniel Cohn-Bendit, dans laquelle ils appellent à la ratification du pacte budgétaire européen (TSCG). Cependant le conseil fédéral vote contre la ratification. En décembre 2012, il crée en décembre 2012 et préside le think tank Ecolo Europa, avec le soutien de Daniel Cohn-Bendit. Il s’agit selon lui de «rendre notre vision de l’Europe plus pédagogique». Il ajoute que ce club de réflexion répond aussi à la «volonté de réunir au sein de notre mouvement ceux qui peuvent légitimement s’interroger», précisant qu’EELV «a perdu au moins la moitié de militants depuis 18 mois». Aux élections européennes de 2014, Yannick Jadot est à nouveau tête de liste EELV dans l’Ouest et est réélu avec 10,35% des voix.
En janvier 2016, il cosigne un appel «Notre primaire» pour demander l’organisation d’une grande primaire à gauche avant 2017. En février 2016, après l’entrée au gouvernement d’Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé, il estime : «Ils contribuent à brouiller l’image des écologistes, qui est déjà brouillée. En cela, c’est un désastre. Quand vous avez une secrétaire générale du parti qui choisit sans discuter avec le mouvement de prendre un ministère, cela montre la mauvaise santé de ce mouvement.» En avril 2016, il confie que Nicolas Hulot a sa préférence pour la présidentielle, affirmant : «Conviction, renouvellement, notoriété, Nicolas Hulot coche toutes les cases pour être un excellent candidat de la gauche.» Après le refus de ce dernier de se présenter, Yannick Jadot décide d’être candidat à la primaire écologiste en vue de se présenter à la prochaine élection présidentielle de 2017, et arrive en tête du premier tour, devant Michèle Rivasi. Le 7 novembre, il remporte largement la primaire, avec 54,25% des voix et devient le candidat écologiste à l’élection présidentielle de 2017.

  • Climat : la guerre de l’ombre, Clandestin, 2015.
  • Entrons en dissidence, Plon, 2014.

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