Yannick Jadot

Député européen d’Europe Ecologie-Les Verts
Vice-président de la commission Commerce international au Parlement européen
Membre de la délégation pour les relations avec les pays de l’Asie du Sud-Est et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est au Parlement européen
Président d’Ecolo Europa
Site : http://yannickjadot.fr

Ancien directeur de campagnes de Greenpeace France, Yannick Jadot a une bonne connaissance du milieu des ONG écologistes. D’autant plus que, dans le cadre du Grenelle de l’environnement en 2007, il a été l’un des porte-parole de L’Alliance pour la planète, une coalition de 80 associations. Il a toutefois été critiqué par certains écologistes, comme par Yannick Vicaire, ancien de Greenpeace aussi, qui lui reproche «d’avoir fait preuve de naïveté et de s’être engagé sans garde-fou» au sein du Grenelle, tout en ajoutant que «c’est un très bon stratège de couloirs, derrière les rideaux du pouvoir». D’ailleurs, Jean-Louis Borloo trouve que Yannick Jadot est «quelqu’un de très intelligent, généreux, structuré. J’ai de l’admiration pour lui.»
Après le Grenelle, Yannick Jadot s’est lancé en politique au sein d’Europe Ecologie et a dirigé en 2009 la communication de la campagne pour les Européennes. Très vite, ses ambitions personnelles sont raillées, par exemple quand il est dévoilé en 2009 que le site «jadot2012.fr» a été déposé en vue de la présidentielle. En 2020, son ami Daniel Cohn-Bendit confie : «Yannick a un virus : la présidentielle. Il ne pense qu’à ça. Et il est persuadé qu’il peut gagner. Il pense qu’il est le meilleur.» Jean-Paul Besset, un autre compagnon d’Europe Ecologie, témoigne : «Yannick respire l’écologie par tous les pores de sa peau. Je lui avais dit qu’il était le meilleur d’entre nous. Je le pense toujours. Mais son orgueil et ses opportunismes, son ambition, son ego, son sentiment de puissance personnel, la haute opinion qu’il a de lui-même, font que je l’ai lâché…» En 2021, Yannick Jadot se présente à la primaire écologiste en vue de la présidentielle et accède au second tour avec 27,7% des voix.
N’ayant pas de poste au sein des instances du parti, les relations sont quelque peu tendues avec EELV depuis qu’il a démissionné en novembre 2011 de ses fonctions de porte-parole d’Eva Joly, car il était «en désaccord avec la nouvelle ligne politique d’Eva Joly». En fait, il désapprouvait les critiques acerbes de la candidate présidentielle à l’égard du Parti socialiste, menaçant ses ambitions d’obtenir un poste de ministre dans un gouvernement socialiste après l’élection de François Hollande. De même, Yannick Jadot est convaincu que la victoire à la présidentielle nécessite un dépassement des forces de gauche, évoquant une écologie pas de gauche ou de droite mais «centrale». Il justifie cela en évoquant le Conseil national de la Résistance où «il n’y avait pas que des gens de gauche». Il affirme qu’«il faut dépasser les vieux clivages» et ajoute : «Je me sens plus proche de Jean-Louis Borloo que de Stéphane Le Foll».
Lors de la campagne des Européennes de 2019, il adopte une ligne écologiste pragmatique en déclarant : «Bien entendu que les écologistes sont pour le commerce, la libre entreprise et l’innovation.» Il ajoute : «Je rêve que l’Europe ait des géants sur le train, les énergies renouvelables, la batterie électrique, la voiture autonome peu polluante et qu’on en fasse des puissances d’exportation.» De plus, il affirme que la conversion écologique de l’économie sera créatrice d’emplois : «Alors que le secteur agricole en perd, l’abandon du système productiviste et intensif et le soutien de l’agriculture paysanne pourrait générer un million de nouveaux emplois.» Il s’est aussi déclaré favorable à un «protectionnisme vert», «qui prévoit une taxe carbone aux frontières extérieures de l’UE pour les importations provenant de pays où les entreprises ne font pas l’effort de s’aligner sur l’Accord de Paris». Toutefois, suite à certaines critiques de son propre camp, il a rapidement clarifié son positionnement : «Je combats le capitalisme financier. Je combats ce libéralisme prédateur sur l’environnement, les femmes, les hommes, les animaux et sur l’économie même. Je suis contre ce capitalisme-là. Mais, il n’y en a pas d’autre, d’ailleurs. (…) On peut dire que je suis anticapitaliste, oui.» En mai 2021, son soutien à une manifestation de policiers a suscité aussi de vives critiques au sein de son parti.
De façon plus spécifique, il veut «la fin des accords de libre-échange» car ils «organisent la guerre du “tous contre tous”, c’est la mondialisation de la malbouffe, de la souffrance animale, de l’extinction des espèces ou de la disparition des paysans». De cette façon, il veut stopper les importations de soja et de bœuf provenant d’Amérique latine, ou encore d’huile de palme venant d’Asie du Sud-Est et d’Afrique centrale. Il propose de «sortir de l’élevage industriel et réduire drastiquement nos consommations de viande, lait et poisson». Il défend «la mise en place d’un grand ministère de l’Alimentation, de la Santé et de l’Environnement, qui serait le premier ministère du gouvernement écologiste». Il propose aussi la mise en place de «contrats de transition agricole qui nous permettront de sortir des produits phytosanitaires de synthèse, pesticides ou engrais azotés qui participent largement au dérèglement climatique et à la disparition du vivant». Sur l’aspect énergétique, il prône de sortir «progressivement du nucléaire (…) sur 15 ou 20 ans» et, dans le même temps, «déployer des énergies renouvelables» et «investir massivement dans l’efficacité énergétique».

Né le 27 juillet 1967, à Clacy-et-Thierret (Aisne), il étudie l’économie à l’université Paris-Dauphine. Il participe à la fondation de La Déferlante, dont il sera l’un des responsables entre 1987 et 1990, une association née de la contestation étudiante contre la réforme Devaquet de 1986. Appelé en 1990, il se porte volontaire pour un poste de coopérant au Burkina Faso où il restera plusieurs années. En 1993, il va au Bangladesh dans le cadre d’un programme d’appui aux ONG européennes. En 1995, il intègre Solagral (Solidarité Agricole et Alimentaire), une association spécialisée sur les impacts de la mondialisation sur l’agriculture dans les pays du Sud. Il en deviendra le délégué général, aux côtés de la fondatrice de Solagral, Laurence Tubiana, par ailleurs chargée de mission sur les questions d’environnement mondial et conseillère pour l’environnement auprès du Premier ministre Lionel Jospin entre 1997 et 2002. Yannick Jadot effectue un court passage chez les Verts entre 2000 et 2002. Il quitte Solagral en 2001 pour devenir directeur des campagnes de Greenpeace France en 2002 auprès de Pascal Husting, le directeur général de la multinationale verte. En 2006, il participe à la création de L’Alliance pour la planète, une coalition des principales associations écologistes, dont il sera l’un des porte-parole. En 2007, il devient très actif au sein des négociations du Grenelle de l’environnement.
En septembre 2008, il quitte Greenpeace France pour rejoindre l’initiative de rassemblement écologiste Europe Ecologie en vue des élections européennes de juin 2009. Il devient tête de liste d’Europe Ecologie dans l’euro-région Grand Ouest. Sa liste obtenant 16,65% des voix, Yannick Jadot est élu le 7 juin 2009. En 2011, il devient porte-parole d’Eva Joly pendant la primaire écologiste, puis pendant la campagne pour l’élection présidentielle, avant de démissionner en novembre 2011, expliquant ne plus partager la «ligne politique» de la candidate écologiste consistant à attaquer systématiquement François Hollande et les socialistes. Le 17 octobre 2011 s’est ouvert le procès d’EDF, accusé d’avoir commandité le piratage de l’ordinateur de Yannick Jadot, en 2006, lorsqu’il était directeur des campagnes de Greenpeace. En appel, EDF a été relaxé mais un de ses cadres chargés de la sécurité a été condamné à verser 10.000 euros de dommages et intérêts à Yannick Jadot.
En septembre 2012, il signe une tribune intitulée «Pour une République européenne» avec les eurodéputés Sandrine Bélier, Jean-Paul Besset, José Bové et Daniel Cohn-Bendit, dans laquelle ils appellent à la ratification du pacte budgétaire européen (TSCG). Cependant le conseil fédéral vote contre la ratification. En décembre 2012, il crée en décembre 2012 et préside le think tank Ecolo Europa, avec le soutien de Daniel Cohn-Bendit. Il s’agit selon lui de «rendre notre vision de l’Europe plus pédagogique». Il ajoute que ce club de réflexion répond aussi à la «volonté de réunir au sein de notre mouvement ceux qui peuvent légitimement s’interroger», précisant qu’EELV «a perdu au moins la moitié de militants depuis 18 mois». Aux élections européennes de 2014, Yannick Jadot est à nouveau tête de liste EELV dans l’Ouest et est réélu avec 10,35% des voix.
En mars 2015, suite aux déchirements au sein du parti écologiste, il déclare qu’EELV est «au bord de l’implosion. EELV est piégé par une double obsession : soit la participation au gouvernement à n’importe quel prix, soit l’alliance avec le Front de gauche. Nous apparaissons comme un parti agité par deux sensibilités : le gauchisme et l’opportunisme». «Je suis assez effaré d’appartenir à un mouvement qui donne la pire image de lui-même.»
En janvier 2016, il cosigne un appel «Notre primaire» pour demander l’organisation d’une grande primaire à gauche avant 2017. En février 2016, après l’entrée au gouvernement d’Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé, il estime : «Ils contribuent à brouiller l’image des écologistes, qui est déjà brouillée. En cela, c’est un désastre. Quand vous avez une secrétaire générale du parti qui choisit sans discuter avec le mouvement de prendre un ministère, cela montre la mauvaise santé de ce mouvement.» En avril 2016, il confie que Nicolas Hulot a sa préférence pour la présidentielle, affirmant : «Conviction, renouvellement, notoriété, Nicolas Hulot coche toutes les cases pour être un excellent candidat de la gauche.» Après le refus de ce dernier de se présenter, Yannick Jadot décide d’être candidat à la primaire écologiste en vue de se présenter à la prochaine élection présidentielle de 2017, et arrive en tête du premier tour, devant Michèle Rivasi. Le 7 novembre, il remporte largement la primaire, avec 54,25% des voix et devient le candidat écologiste à l’élection présidentielle de 2017. Toutefois, et sans consulter les votants à la primaire, il décide de retirer sa candidature et de se rallier à Benoît Hamon. En juillet 2018, il désigné tête de liste EELV pour les Européennes de 2019. Il se déclare «pour l’économie de marché, pour la libre entreprise et l’innovation», et rejette toute alliance à gauche. La sénatrice EELV Esther Benbassa a critiqué ce positionnement : «Moi je suis de gauche, je crois encore dans les principes de gauche et je pense que la base d’EELV n’est pas pour l’économie de marché. Il n’y a pas d’écologie sans justice sociale.» Après le bon score aux Européennes, il rend publique sa relation avec la journaliste Isabelle Saporta dans Paris Match. En novembre 2019, il signe un appel à une marche contre l’islamophobie, co-initiée par le controversé Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), et qui vise à dénoncer l’existence de «lois liberticides» contre les musulmans en France. Il explique qu’il «ne valide pas l’ensemble du texte», mais considère que «ce texte m’est apparu comme une nécessité de lancer une alerte». Il déclare en qu’il ne souhaite pas participer à la primaire écologiste de 2021 pour désigner le candidat à la présidentielle de 2022 avant d’annoncer finalement fin novembre y participer. En , il est à l’initiative d’une réunion rassemblant des responsables d’EELV, de La France insoumise, du PS, de Génération.s, du PCF, du Parti radical de gauche, et des Nouveaux Démocrates, en vue de préparer un accord pour un candidat commun à l’élection présidentielle et pour les législatives. En mai 2021, il participe à une manifestation de policiers, suscitant de nombreuses critiques en interne. Il se justifie ainsi : «Si je vais à ce rassemblement, c’est que j’entends bien la souffrance, les difficultés, les attaques contre les policiers, mais c’est aussi pour faire des propositions, sur la police et sur la justice», ajoutant par ailleurs ne pas «partager un certain nombre de revendications». Le 20 septembre, il accède au second tour de la primaire écologiste avec 27,7% des voix.

  • Aujourd’hui, tout commence !, Les Liens qui Libèrent, 2019
  • Climat : la guerre de l’ombre, avec Léo Quievreux, Clandestin, 2015
  • Entrons en dissidence, Plon, 2014

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