CRIIGEN (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique)

40, rue de Monceau
75008 Paris
Tél. : 02 31 56 56 84 – Fax : 02 31 56 53 20
E-mail : criigen@unicaen.fr
Site : http://www.criigen.org

logo-criigenL’objectif du CRIIGEN est de semer le doute sur l’innocuité des OGM et de fournir des arguments avec le label «scientifique et indépendant» aux militants anti-OGM. Le CRIIGEN n’hésite pas à faire du sensationnalisme et à jouer sur les peurs, comme en exhibant les photos de rats malades nourris avec un maïs OGM.
Sans base militante, l’activité du CRIIGEN repose donc principalement sur les travaux du chercheur militant Gilles-Eric Séralini, un sympathisant actif d’EELV, ciblant en particulier les OGM et les produits phytosanitaires de la société Monsanto. La couverture médiatique est d’autant plus complaisante que le CRIIGEN se défend de tout parti pris idéologique. Sur son site, l’association se définit d’ailleurs comme «un comité apolitique et non-militant d’expertise, de conseil, indépendant des producteurs d’OGM». Si le CRIIGEN est en effet indépendant des producteurs d’OGM, il est toutefois dépendant de ses clients anti-OGM, comme le reconnaît Gilles-Eric Séralini : «Nous-mêmes, le CRIIGEN, nous sommes indépendants des producteurs d’OGM, nous ne sommes pas indépendants de nos adhérents ! Nous sommes bien sûr dépendants des citoyens qui veulent bien nous aider, même des industriels qui veulent bien nous demander des contre-expertises.»
Il existe en effet une grande proximité entre les grands groupes de la distribution et le CRIIGEN. Ainsi, Carrefour, qui aidé financièrement l’association anti-OGM dès le départ, a fait partie du Conseil d’administration du CRIIGEN jusqu’en 2010. En outre, Gérard Mulliez, ancien patron et fondateur d’Auchan, a créé l’association Ceres qui a financé le CRIIGEN à hauteur de 2 millions d’euros une étude sur un maïs OGM. Par ailleurs, il existe des soupçons de conflits d’intérêts puisqu’une douzaine d’études du CRIIGEN ont été cofinancées par la Fondation Denis Guichard, longtemps présidée par Jean-Marie Pelt et dirigée par une administratrice de la société Sevene Pharma. Or Gilles-Eric Séralini fait régulièrement la promotion des produits de cette société. On constate aussi des liens entre le CRIIGEN et le lobby du bio, puisque l’association reçoit des financements du Groupe Léa Nature, d’Ecocert, de l’Agence Bio, de la Fondation Ekibio, de la Sustainable Food Alliance, et que Gilles-Eric Séralini est membre du conseil scientifique de The Organic Center, une structure créée par l’industrie du bio aux Etats-Unis.
Quant au caractère «non-militant» de leur activité, il est de façade, puisque plusieurs responsables du CRIIGEN sont aussi des militants anti-OGM, comme Christian Vélot, Philippe Desbrosses ou Angelika Hilbeck. Certains d’entre eux sont déjà venus témoigner en faveur des Faucheurs Volontaires d’OGM lors de leurs procès.
Enfin, de nombreux scientifiques ont mis en cause la valeur des travaux de Gilles-Eric Séralini, et la fameuses étude controversée du CRIIGEN sur un OGM a été désavouée et retirée en novembre 2013 par Food and Chemical Toxicology, la revue qui l’avait acceptée en septembre 2012.

Association de la loi 1901, créée en 1999.

Conseil d’administration

  • Joël Spiroux de Vendômois : président
  • Corinne Lepage : présidente d’honneur
  • Christian Vélot : vice-président
  • Dominique Merlhès : trésorier
  • André Lefebvre : trésorier adjoint
  • Caroline Amiel
  • Arnaud Apoteker
  • Colette Coussement
  • Isabelle Chivilo
  • Philippe Desbrosses
  • Jérôme Douzelet
  • Emilie Gaillard
  • Miguel Garcia Casas
  • Alain Grimfeld
  • Denise Jourdan Hemmerdinger
  • Annette Lexa
  • Marie-Pierre Maurin
  • Jean-Michel Panoff
  • Gilles-Eric Séralini

Conseil scientifique

  • Joël Spiroux de Vendômois
  • Gilles-Eric Séralini
  • Christian Vélot
  • Michael Antoniou
  • Dominique Béroule
  • Jean-Paul Bourdineaud
  • Marcello Buiatti
  • Dominique Cellier
  • Nicolas Defarge
  • Yves Dupont
  • Jacques Estienne
  • Michel Georget
  • Pierre-Henri Gouyon
  • Angelika Hilbeck
  • Frédérick Lemarchand
  • Robin Mesnage
  • Louis-Marie Rocque
  • Charles Sultan
  • Jacques Testart
  • Louise Vandelac

Secrétariat

  • Frédérique Hilary

Corinne Lepage a créé l’association en 1999 sur le modèle de la CRIIRAD, association antinucléaire fondée par son amie Michèle Rivasi. Pour cela, elle a été rejointe par Jean-Marie Pelt, à l’origine en 1996 d’un appel de scientifiques pour un moratoire de 5 ans sur les OGM, dont l’un des signataires n’était autre que Gilles-Eric Séralini. L’idée du CRIIGEN naîtra de discussions entre Jean Marie Pelt et Gilles Eric Séralini, lors des rencontres Sciences Frontières de février 1998. Selon Corinne Lepage, «les premières études commandées par Carrefour qui souhaitait, sous l’impulsion de Chantal Jaquet, se doter d’une filière sans OGM arrivent et le CRIIGEN se développe au-delà de toute espérance, en particulier grâce au travail colossal de GES qui lance des études à la fois sur les pesticides et sur les OGM.» Donc, dès le début de l’association, l’expertise du CRIIGEN a reposé exclusivement sur les travaux de Gilles-Eric Séralini.

Les activités du CRIIGEN sont centrées sur les études effectuées par Gilles-Eric Séralini et son équipe pour démontrer le danger des OGM et du Roundup. Si plusieurs études sont publiées chaque année par le CRIIGEN, c’est surtout en 2012 que l’association anti-OGM a défrayé la chronique en dévoilant en exclusivité dans le Nouvel Obs les résultats d’une étude réalisée par Gilles-Eric Séralini sur des rats nourris pendant 2 ans avec un maïs OGM. Mais cette étude a été désavouée et retirée en novembre 2013 par Food and Chemical Toxicology, la revue qui l’avait acceptée. En mai 2014, le CRIIGEN se retire de l’étude RiskOGM, initiée par le ministère de l’Ecologie et visant à étudier la toxicité chronique du maïs NK603 et du Roundup. L’association parle d’une «imposture scientifique» et de «gaspillage d’argent public». En 2015, une étude du CRIIGEN assure que les tests de commercialisation des OGM et des produits chimiques sont faussés car l’alimentation des rats de laboratoire serait elle-même polluée. En janvier 2016, Gilles-Eric Séralini publie une étude sur la mort en 2002 de douze vaches d’un agriculteur allemand alors qu’elles avaient été alimentées avec du maïs OGM. En février 2016, le CRIIGEN sort une étude selon laquelle les co-formulants des herbicides à base de glyphosate seraient des perturbateurs endocriniens.
Le CRIIGEN mène d’autres types d’actions. Ainsi, en avril 2009, l’association anti-OGM a remis une pétition au ministère de l’Agriculture, demandant la publication des résultats d’analyses de sang faites sur des animaux nourris aux OGM, et signée par plus de 40.000 personnes. Cependant, les signatures ont été surtout récoltées par les militants anti-OGM, car le CRIIGEN n’a pas de base militante. Le CRIIGEN mène aussi, sous l’impulsion de Corinne Lepage, des actions sur le plan légal. En mai 2009, le CRIIGEN a attaqué, en vain, la composition du Haut Conseil sur les biotechnologies devant le Conseil d’Etat car «aucun membre du Criigen (…) n’a été retenu». En juin 2009, à la suite des études menées par Gilles-Eric Séralini, le CRIIGEN a saisi le ministre de l’Agriculture d’une demande de suspension de l’autorisation de mise sur le marché du Roundup. Dans le même temps, le CRIIGEN a saisi le Conseil d’Etat d’un recours dirigé contre le décret du 19 mars 2007 relatif aux OGM. De plus, par arrêt du 24 juillet 2009 rendu à la demande du CRIIGEN, le Conseil d’Etat a annulé deux décrets de 2007 relatifs à l’obligation d’information du public sur la culture en plein champ d’OGM expérimentaux. Le CRIIGEN organise de temps à autres des conférences comme en novembre 2009 sur le thème «Vaccins issus du Génie Génétique: quels risques ?» ou comme un séminaire international intitulé «Transparency and open-science» en mars 2014.
Depuis 2012, le CRIIGEN organise des séminaires de formation. Réunissant chaque fois une dizaine de participants, ces «formations» ont lieu à l’hôtel-restaurant «Le Mas de Rivet», un établissement dirigé par Jérôme Douzelet, un administrateur du CRIIGEN. Le premier séminaire en 2012 a porté sur le thème «OGM et pesticides», le deuxième sur «Médecine environnementale et détoxification» (avec la participation de la société Sevene Pharma). En 2013, les thèmes ont été :«Pesticides : comment et pourquoi une toxicité, quelles alternatives ?» (avec François Veillerette) et «L’environnement et ses différentes pollutions, médecine environnementale et détoxification». En 2014, la formation a porté sur «Médecine environnementale, plantes et détoxification, OGM, pesticides» et sur «Pollutions et détoxifications», en présence notamment du Dr Milbert, proche du mouvement Invitation à la Vie (IVI). En 2015, les thèmes ont été : «Plaisirs cuisinés ou poisons cachés ?», «OGM, avancées et nouveautés, risques, OGM microbiens et fabrication de vaccins», «Plantes, sols et détoxification». En janvier et en novembre 2015, le CRIIGEN a organisé des expériences consistant à distinguer à l’aveugle un vin bio d’un vin non bio.
Le CRIIGEN est impliqué dans l’ENSSER (European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility), dont il est membre. Ce groupe de scientifiques militants, calqué sur le modèle de l’Union of Concerned Scientists, en collaboration avec la Fondation Sciences Citoyennes et la Fondation pour le progrès de l’homme, est dirigé par plusieurs administrateurs du CRIIGEN. Les 11 et 12 mars 2010, le CRIIGEN organise avec l’université de Caen un colloque sur le thème «Innovation & Précaution». L’ENSSER a lancé en mai 2010 une campagne de soutien, avec pétition, en faveur de Gilles-Eric Séralini, estimé attaqué injustement par une association favorable aux OGM. Du 24 au 26 mars 2011, le CRIIGEN a co-organisé l’Université de Caen, l’ENSSER et la Fondation Sciences Citoyennes une conférence intitulée «Sustainability and holistic assessment of technologies and biotechnologies».
En 2010, Christian Vélot, du CRIIGEN, débute une étude sur 4 ans afin de remettre en cause le principe d’équivalence en substance, avec comme partenaires la Région Ile-de-France, le CRIIGEN et Générations Futures. Un colloque de restitution «Evaluation et réglementation des OGM et Pesticides» a été coorganisé en novembre 2015.

Le CRIIGEN est totalement opaque en ce qui concerne ses financements. Sur son site, il n’y a aucun rapport financier ni rapport d’activités. En 2009, l’autofinancement était faible, de l’ordre de 12%. Lors d’un procès de Gilles-Eric Séralini en 2011, il a été mentionné que la Fondation pour une Terre humaine a octroyé la somme totale de 55.000 euros pour les années 2007, 2008 et 2009. On sait par ailleurs qu’en 2007 Greenpeace a déboursé 17.000 euros pour une étude sur le maïs transgénique MON863. En 2008, Greenpeace Inde a commandé une autre étude au CRIIGEN, cette fois-ci concernant l’aubergine Bt en Inde.
Entre 2007 et 2009, le CRIIGEN a financé plusieurs études (effets toxiques de multiples polluants en mélanges, Bisphénol A, RoundUp) de Gilles-Eric Séralini et de ses collaborateurs, avec le soutien entre autres de la Fondation pour une Terre humaine, la Fondation Denis Guichard et le Conseil régional de Basse-Normandie. De même, en 2009, le Groupe Léa Nature a accordé une subvention afin de financer une «étude du Professeur Gilles-Eric Séralini sur l’action des produits biologiques sur la détoxification hépatique et la pollution chimique». La Fondation Denis Guichard, dirigée par une administratrice de la société Sevene Pharma et longtemps présidée par Jean-Marie Pelt, a cofinancé une douzaine d’études du CRIIGEN. En 2014 et 2015, le CRIIGEN déclare aussi avoir reçu des financements de la JMG Foundation, Nature Vivante (Fondation Ekibio), l’entreprise Malongo, l’Institute Bio Forschung Austria, et la Sustainable Food Alliance. Il est également établi que le groupe Carrefour a été un contributeur régulier du CRIIGEN. En 2013, la Région Ile-de-France a voté une aide de 20.000 euros au CRIIGEN et, en 2015, de 23.000 euros. En 2011, le Conseil régional de Rhône-Alpes a donné une subvention de 12.000 euros.
L’étude sur des rats nourris pendant 2 ans avec un maïs OGM, publiée en septembre 2012 et réalisée par le CRIIGEN, a bénéficié de 3,2 millions d’euros de subventions : 2 millions de l’association Ceres, créée par le fondateur et ancien patron d’Auchan Gérard Mulliez et regroupant une cinquantaine d’entreprises ; 1,1 million d’euros de la Fondation pour le progrès de l’homme. De plus, le député UMP François Grosdidier a donné 100.000 euros de sa réserve parlementaire. Enfin, le CRIIGEN affirme avoir reçu 100.000 euros du ministère de la Recherche pour cette étude.
Sur leur site, le CRIIGEN donne une liste de leurs clients : Greenpeace, groupe Carrefour, groupe Auchan, ministère de l’Agriculture italien, ministère de l’Environnement québécois, Union européenne, Comité de Biosécurité de la Chine, Direction générale de l’Agriculture à la Commission européenne, Confédération paysanne européenne et française, Verts, PS, Cap 21, UMP, université de Montréal, les universités d’Egypte et de Tunisie, Institut des Appellations d’Origine, Les Grands Cuisiniers, des associations de consommateurs, des Conseils régionaux ou généraux, Agence Bio, Ecocert…

 

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