Sandrine Rousseau

Enseignante-chercheuse en sciences économiques
Vice-présidente à la vie universitaire (université de Lille)
Présidente de la Conférence Permanente des chargé.e.s de mission Egalité et Diversité
Fondatrice de l’association En Parler
Site : https://sandrinerousseau.fr

Economiste s’étant engagée en politique avec Europe Ecologie en 2009, Sandrine Rousseau s’est d’abord fait connaître par le témoignage de souffrances vécues. D’abord en 2013, quand elle révèle le suicide de sa mère atteinte d’un cancer en phase terminale, et réclame «la légalisation du suicide assisté». Ensuite en 2016, quand elle accuse, avec trois autres élues, le député Denis Baupin de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles. Après avoir quitté EELV en 2017, Sandrine Rousseau annonce en 2020 sa ré-adhésion au parti écologiste et se porte candidate à la primaire des écologistes pour l’élection présidentielle de 2022. Elle accède au second tour de la primaire avec 25,14% des suffrages.
Depuis l’affaire Baupin, Sandrine Rousseau s’inscrit dans le courant écoféministe, expliquant : «Longtemps, j’ai été féministe et écologiste, mais je menais ces deux combats de manière séparée, sans faire la jonction. Or ce qui les réunit est pourtant fondamental : c’est le refus de la prédation.» Elle précise : «La prédation dans notre rapport à l’autre en tant qu’humain, et tout particulièrement aux femmes ou aux personnes racisées – et, de manière plus générale, aux personnes vulnérables. Mais aussi la prédation à l’égard de la terre, de la nature, des ressources.» Elle dénonce ainsi «le point de départ de notre système capitaliste», c’est-à-dire «l’appropriation sauvage de la terre, qui n’est plus dès lors un bien commun, mais devient un bien privé au profit des plus riches, dont découle ensuite une forte répression des femmes, qui sont justement celles qui utilisaient le plus ces communs et qui ont lutté contre cet accaparement. C’est là que s’est noué le mouvement des sorcières (…), lorsqu’on brûlait les femmes qui résistaient, qu’on va ensuite chercher à domestiquer, à enfermer».
Pendant la campagne des primaires, elle n’hésite pas à multiplier les déclarations polémiques, comme quand elle confie à Charlie Hebdo : «Le monde crève de trop de rationalité, de décisions prises par des ingénieurs. Je préfère des femmes qui jettent des sorts plutôt que des hommes qui construisent des EPR.» De même, elle a appelé à la «fin d’une époque de souillure», dénonçant un «système»«nous prenons, nous utilisons et nous jetons le corps des femmes et le corps des racisés». Elle estime aussi qu’un rapport sacré à la nature peut émanciper des religions, «qui sont toutes patriarcales». Concernant les réfugiés venant d’Afghanistan, elle affirme : «S’il y a vraiment des personnes qui sont dangereuses, de potentiels terroristes, ce n’est pas parce qu’ils restent en Afghanistan qu’ils sont moins dangereux (…). Quelque part, les avoir en France ça permet aussi de les surveiller.»
Parmi les mesures phares qu’elle prône, il y a notamment la mise en place d’un revenu d’existence à 850 euros «pour tout le monde», d’une taxation carbone des entreprises, remplaçant une partie des taxes sur la production, d’un statut juridique des animaux, avec une possibilité de se constituer en justice en défense des animaux. Sur le volet agricole, elle «pense qu’il faut un choc de productivité négatif dans l’agriculture. Il faut accepter une baisse de rendement mais aussi que l’agriculture sans pesticides soit plus intensive en main-d’œuvre. Oui, le travail sera plus pénible. Il faudra donc passer un contrat social avec les agriculteurs avec une protection sociale, des droits à la retraite, des garanties de salaire supérieurs à aujourd’hui… ». Enfin, sur la question énergétique, elle estime possible de produire une énergie d’origine 100% renouvelable d’ici à 2050, et plaide pour une sortie du nucléaire : «Le nucléaire ne nous conduit pas à revoir nos modes de consommation. Aujourd’hui, la question, c’est comment on diminue la quantité d’électricité que l’on produit.»

Née en mars 1972 à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), elle s’inscrit dans un cursus économique à l’Université de Poitiers, avant de poursuivre ses études à l’Université de Lille 1. Etudiante, elle s’engage à Chiche !, les jeunes écolos alternatifs. Elle obtient un doctorat en économie en 2002 et devient maître de conférences en sciences économiques à l’Université Lille 1. Devenue enseignante, elle s’investit au sein du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP). En 2005, elle intègre le comité de rédaction de la revue EcoRev’. En 2008, elle est coordinatrice du dossier «Ecologie et féminisme» de la revue.
En 2009, elle rejoint Europe Ecologie et est en 5ème position sur la liste Nord-Ouest aux Européennes. En mars 2010, elle est candidate aux élections régionales pour le Nord-Pas-de-Calais. Elue, elle devient vice-présidente du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, chargée de l’Enseignement supérieur et de la recherche (2010-2015). En juin 2011, elle intègre le bureau exécutif d’EELV à l’issue du congrès de La Rochelle. Elle est chargée du projet et de l’organisation des Journées d’été et coordonne l’écriture du projet «Vivre mieux» présenté par EELV pour l’élection présidentielle et les élections législatives de 2012. En juin 2012, elle est candidate investie par EELV et le Parti socialiste dans la 21ème circonscription du Nord et recueille 16,71 % des suffrages. En 2013, elle nommée porte-parole du bureau exécutif d’EELV. En décembre 2013, Sandrine Rousseau relance le débat sur l’euthanasie en révélant le suicide de sa mère atteinte d’un cancer en phase terminale, et réclame «la légalisation du suicide assisté». En mars 2014, elle mène la liste écologiste aux élections municipales de Villeneuve-d’Ascq et obtient 9,94 % des suffrages au premier tour. En 2015, elle est tête de liste d’un rassemblement citoyen comprenant EELV, le Parti de gauche, la Nouvelle Gauche socialiste et de Nouvelle Donne dans le cadre des élections régionales françaises de 2015 en Nord-Pas de Calais-Picardie et recueille 4,83 % des voix. En mai 2016, elle fait partie des quatre élues avec Isabelle Attard, Elen Debost et Annie Lahmer qui accusent le député Denis Baupin de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles. Trois semaines après la révélation de l’affaire Baupin, Sandrine Rousseau brigue la tête du parti mais sans succès. En juin 2016, Sandrine Rousseau devient secrétaire nationale adjointe d’EELV. En mars 2017, l’affaire Baupin est classée sans suite, pour prescription. En 2017, elle obtient 4,74 % des suffrages aux élections législatives dans la 9ème circonscription du Nord.
En septembre 2017, elle révèle qu’elle n’a plus de fonction au sein d’EELV. Sandrine Rousseau crée l’association Parler (rebaptisée plus tard «En Parler»), une association d’entraide entre victimes de violences sexuelles. En novembre 2019, elle lance avec Coralie Miller une tribune signée par près de 200 femmes (Marlène Schiappa, Charlotte Gainsbourg, Muriel Robin…) réhabilitant la figure de la sorcière pour en faire un symbole féministe. En septembre 2020, Sandrine Rousseau annonce sa ré-adhésion à EELV, puis déclare en octobre sa volonté de se porter candidate à la primaire des écologistes pour l’élection présidentielle de 2022. Le 19 septembre, elle récolte 25,14% des suffrages et accède au second tour de la primaire.

  • Parler : Violences sexuelles : pour en finir avec la loi du silence, Flammarion, coll. «Documents, témoignages», 2017
  • Manuel de survie à destination des femmes en politique, Les Petits matins, 2015
  • Le chômage, avec François-Xavier Devetter, Rue Des Ecoles, 2015.
  • Oui, l’écologie, c’est social !, Les Petits matins, 2012
  • Du balai : essai sur le ménage à domicile et le retour de la domesticité, avec François-Xavier Devetter, Raisons d’agir éditions, 2011

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