Michèle Rivasi

Députée européenne d’Europe Ecologie-Les Verts
Membre du groupe des Verts/ALE
Vice-présidente de la Délégation à l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE
Membre de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire
Membre de la Commission spéciale sur la procédure d’autorisation des pesticides par l’Union
Fondatrice de la CRIIRAD
Présidente du CRIIREM
Administratrice de Justice Pesticides
Administratrice de l’Association Zones Blanches
Administratrice de la Fondation Danièle Mitterrand
Conseillère municipale de Valence
Marraine de la Fondation d’entreprise Ekibio
Site : http://www.michele-rivasi.eu

Michèle Rivasi s’est fait connaître en 1986, juste après l’accident de Tchernobyl, avec la création de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD). Elle décrit ainsi sa démarche au départ : «Moi je ne suis pas une militante, je ne crois pas trop aux manifs, c’est là qu’a germé l’idée de créer un laboratoire indépendant». Mettant en avant sa formation scientifique, elle devient la pionnière de la contre-expertise militante. Loin d’être indépendante comme elle prétend l’être, la CRIIRAD est conçue par Michèle Rivasi comme un outil de propagande au service des associations écologistes. Ce type de structure a inspiré Corinne Lepage, amie de Michèle Rivasi, pour créer le CRIIGEN sur la question des OGM. De son côté, Michèle Rivasi a repris le même modèle pour créer le CRIIREM sur les rayonnements électromagnétiques, considérant que «cette nouvelle source de pollution peut être le scandale de l’amiante du 21ème siècle». Elle est très agressive sur la question des conflits d’intérêts, remettant par exemple en cause l’intégrité des médecins : «Peut-être que si les médecins étaient plus intègres dans leurs explications sur l’intérêt de la vaccination, n’en niant pas les effets secondaires éventuels, plutôt que d’être à la botte du discours des laboratoires pharmaceutiques, les patients seraient sans doute plus sereins et moins anti-vaccins “primaires”.»
Même si ses interventions se font souvent sur les dossiers sanitaires (OGM, vaccin H1N1, nucléaire, etc.), Michèle Rivasi estime de façon plus générale que le développement durable n’est pas allé assez loin et qu’«il s’agit uniquement de marketing et de capitalisme vert. Tout ceci est illusoire. Il faut aller plus loin, en changeant de paradigme et en créant un nouveau modèle». Pour elle, «il y a urgence à inventer un modèle de société fondé sur le Bien-Vivre ayant renoncé à la croissance et au productivisme/consumérisme comme horizon absolu». En novembre 2016, avec 45% des voix, elle est battue par Yannick Jadot au second tour de la primaire écologiste en vue de se présenter à la prochaine élection présidentielle de 2017.
Elle a suscité l’indignation quand, en 2013, elle laisse entendre que l’annonce par Angelina Jolie de l’ablation de ses seins était en fait un coup médiatique des industriels de la prothèse mammaire. Michèle Rivasi a aussi déclenché une vive polémique quand, en février 2017, elle a projeté d’organiser dans les locaux bruxellois du Parlement européen, une projection-débat autour de Vaxxed, un film soutenant la thèse d’un lien entre autisme et vaccination, alors que son auteur a été radié de la médecine par ses pairs car reconnu coupable de fraude scientifique. Par ailleurs, elle n’hésite pas à s’exprimer en janvier 2017 sur TV Libertés, un média proche de l’extrême droite, ou à coécrire un livre avec le militant antivaccin Serge Rader, familier de la réacosphère.
Pleinement engagée au sein d’Europe Ecologie-Les Verts, elle garde certaines rancœurs vis-à-vis de certains responsables de Greenpeace, association dont elle a pris la tête en 2003 et qu’elle a quittée après seulement neuf mois. Selon elle, «Greenpeace est une très belle orga, hyperefficace, mais l’ambiance y est infantile. Il n’y a aucune prise en compte de l’humain. En tant qu’individu, vous n’existez pas. Je n’ai pas d’animosité contre Jadot et Rebelle, mais quand j’ai voulu faire une organisation plus démocratique, ils ont refusé. Le monde meilleur qu’on défendait, il fallait aussi qu’il soit à l’intérieur de Greenpeace. Au fond, Jadot et Rebelle, c’est le même genre de mecs, des mecs qui en veulent, qui ont des ego». En revanche, Bruno Rebelle charge Michèle Rivasi et pointe son incapacité à gérer Greenpeace : «C’est moi qui suis allé la chercher. Après, en l’espace de quelques mois, elle a mis le feu à la maison, elle n’a pas su gérer une équipe de cinquante personnes et n’a pas su gérer la composante française d’une organisation internationale. C’est parti en vrille.»

Née le 9 février 1953 à Montélimar, Michèle Rivasi est ancienne élève de l’École normale supérieure de Fontenay-aux Roses et agrégée en biologie. Entre 1980 et 1997, elle est professeur à l’IUFM de Valence et s’engage dans le militantisme après l’accident de Tchernobyl, en fondant en 1986 la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD). Forte de sa notoriété obtenue grâce à ses interventions alarmistes sur le nucléaire, elle est sollicitée par le PS et les Verts pour se présenter aux élections législatives en 1997. Elle est alors élue députée de la Drôme apparentée PS à l’Assemblée nationale. Battue aux législatives en 2002, elle cofonde avec Corinne Lepage l’Observatoire de vigilance et d’alerte écologique (Ovale) et rejoint le PS, qu’elle quittera en 2003. De 2002 à 2003, elle est professeur à l’IUFM de Grenoble, poste qu’elle quitte pour devenir directrice de Greenpeace France de septembre 2003 à novembre 2004. Elle travaille ensuite comme professeur au lycée de Pierrelatte jusqu’en 2007 avant de reprendre son poste à l’IUFM de Grenoble pendant deux ans. En 2005, Michèle Rivasi rejoint Les Verts et fonde le Centre de recherche indépendant sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM), association qu’elle préside encore aujourd’hui. En 2008, elle est élue conseillère générale de la Drôme et conseillère municipale et adjointe au maire de Valence. Elle devient présidente d’ATMO Drôme-Ardèche jusqu’à sa dissolution début 2012. Aux élections européennes de 2009, elle est élue sur la liste Rassemblement Europe Ecologie sur la circonscription Sud-Est et quitte son poste de conseillère régionale. La Ville de Valence la nomme Conseillère déléguée à la recherche de financements européens, et lui confie «la mission de trouver des financements européens pour la ville». En mai 2013, elle laisse entendre que l’annonce par Angelina Jolie d’avoir subi une double mastectomie aurait été un coup médiatique de l’industrie des prothèses mammaires : «Conséquence du scoop planétaire sorti la veille de l’ouverture du festival de Cannes, l’issue du procès PIP est restée inaudible, pour ne pas dire étouffée. C’est donc ainsi que le message “attention aux prothèses mammaires, danger !” a été subrepticement remplacé et précédé par son contraire: “vive la mastectomie préventive qui sauve des vies et des familles !”. De là à supposer que l’industrie de la prothèse mammaire s’inquiétait des effets collatéraux du procès PIP et avait besoin de se refaire une santé, il n’y a qu’un pas.» Entre et , elle a été présidente de Nuclear Transparency Watch.
En mars 2014, elle se présente aux élections municipales à Valence mais la liste «Union de la gauche» est battue au second tour. Michèle siège dès lors comme conseillère municipale de l’opposition. En avril 2014, elle demande un moratoire sur un vaccin qui prévient l’apparition de cancers du col de l’utérus. Aux élections européennes de mai 2014, elle est réélue sur une liste
EELV dans la circonscription Sud-Est, avec 9,31% des voix. En janvier 2015, elle lance un appel pour une «opération mains propres sur la santé», estimant qu’il y a «des conflits d’intérêt de partout» à tel point que «le système français est complètement pourri». En juin 2015, dans une tribune publiée par Le Monde, elle appelle à la fin du remboursement par la Sécurité sociale de certains antidépresseurs. En octobre 2016, elle arrive en deuxième position derrière Yannick Jadot lors du premier tour de la primaire écologiste, en vue la prochaine élection présidentielle de 2017. Au second tour, elle est nettement battue, avec 40,75% des voix. En juin 2017, elle participe au lancement de Vigilobb, une association (non déclarée) ciblant les pratiques des lobbys et les cas de corruption, car «les lobbyistes industriels, tels des “Draculas économiques”, ne peuvent vivre à la lumière». En février 2018, elle demande un moratoire sur le compteur électrique LINKY déployé par ENEDIS. Michèle Rivasi est à l’origine de «La marche des cobayes» (ou marche «Vérité et justice pour la santé environnementale») qui s’est déroulée du 1er mai au 30 juin 2018.
Elle est l’auteur de plusieurs rapports (gestion des déchets nucléaires, syndrome du Golfe, responsabilité des produits défectueux) et est régulièrement intervenue sur la question du vaccin contre la grippe H1N1.

  • Ce nucléaire qu’on nous cache, avec Hélène Crié, Albin Michel, 1998.
  • Survivre au téléphone mobile et aux réseaux sans fil, avec Catherine Gouhier et Maxence Layet, Le Courrier du Livre, 2009.
  • Le Racket des laboratoires pharmaceutiques et comment en sortir, avec Marie-Odile Bertella-Geffroy et Serge Rader, Les Petits Matins, 2015.

 

 

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