Les Amis de la Terre

Mundo M – 47 avenue Pasteur
93100 Montreuil
Tél. : 01.48.51.32.22
Email : secretariat@amisdelaterre.org
Site : http://www.amisdelaterre.org

logo-amis-de-la-terreAvec Greenpeace et le WWF, les Amis de la Terre constituent l’une des grandes associations écologistes généralistes internationales. Pionnière de la bataille écologiste – elle fêtera ses 50 ans en 2020 –, l’association n’a aujourd’hui plus la même stature qu’auparavant, bien que revendiquant 60.000 sympathisants. N’ayant ni responsables charismatiques, ni réseau dans les milieux de pouvoir et peu d’actions spectaculaires, la branche française des Amis de la Terre apparaît rarement dans les médias. Pour s’assurer un peu de visibilité, les ATF s’associent à de nombreuses campagnes avec des groupes comme Alternatiba (coorganisation du Tour Alternatiba), ATTAC, le Réseau Sortir du nucléaire ou des syndicats comme la Confédération paysanne, leur permettant d’avoir un impact non négligeable. L’ancrage sur le territoire, avec 26 groupes locaux, constitue aussi un atout des ATF.
En France, les campagnes des Amis de la Terre portent principalement sur les questions de climat mais aussi sur les thèmes responsabilité des acteurs financiers, responsabilité des entreprises et industries extractives, nucléaire, forêts, agriculture, déchets. Idéologiquement, les ATF considèrent «que seul un mouvement massif permettra de renforcer le rapport de force nécessaire pour changer le système, et celui-ci doit s’ancrer dans la radicalité, à savoir mener des actions permettant de transformer notre système à la racine». L’association dénonce «les impacts du système capitaliste actuel et de la société de surconsommation qui en découle» car ils «impactent de manière irrémédiable notre planète et les populations». En conséquence, ils proposent une vision radicale de la société, reposant sur la décroissance : «La notion de croissance durable, verte ou non, est un oxymore et une solution marketing visant à permettre la poursuite d’un modèle de développement insoutenable.» Constatant «qu’il est illusoire de vouloir découpler la croissance économique de ses impacts sur la biosphère», les ATF «participent pleinement du mouvement pour la décroissance. La décroissance, c’est d’abord la dé(-)croissance, c’est à dire la nécessité pour tout être humain de se libérer de l’imaginaire de la croissance.» Ils veulent aussi définir, pour chaque type de ressource, «un seuil minimum et un plafond maximum de consommation». Malgré des positions radicales, les ATF ont collaboré au Grenelle de l’Environnement, bénéficient d’un financement public conséquent et siègent au Conseil économique, social et environnemental.
En perte de vitesse ces dernières années, les ATF entendent s’orienter vers un «nouveau projet» et une «nouvelle réorganisation» (6 des 11 salariés de 2010 ont été changés en 2011). Constatant qu’ils n’ont «pas encore su trouver et imposer (leur) identité» dans le paysage digital, les ATF tentent de mettre en place une nouvelle stratégie de communication, notamment avec une refonte de leur site Internet, une présence accrue sur les réseaux sociaux, des vidéos courtes et des actions terrains «de plus en plus relayées par les médias».

Association de la loi 1901, créée en 1970. Elle est agréée pour la protection de l’environnement depuis 1978. Les ATF sont une fédération qui forme un réseau de 26 groupes locaux autonomes, dont certains sont constitués en association pouvant récolter des adhésions.

Conseil fédéral

  • Khaled Gaiji : président
  • Catherine Mollière : secrétaire
  • Arnaud Faes : secrétaire adjoint
  • Marie-Line Eudes : trésorière
  • Pierre Janot
  • Nicolas Roux
  • Thierry Avramoglou
  • Stéphane Dupas
  • Louis Cofflard

Secrétariat fédéral

  • Guillaume Le Labousse : responsable administratif et financier
  • Malika Peyraut : chargée de communication et relations presse
  • Sandra Imbault : communication et développement digital
  • Gabriel Mazzolini : chargé de mobilisation et animation du réseau
  • Alma Dufour : modes de production et de consommation responsables
  • Lorette Philippot : finance privée
  • Anne-Laure Sablé : agriculture
  • Juliette Renaud : campagne sur les Industries extractives et la RSEE
  • Cécile Marchand : finance publique et transition juste
  • Sylvain Angerand : coordinateur des campagnes et renforcement du réseau
  • Pierre Sagot : communication et relations presse

Les ATF sont la branche française de l’association américaine Friends of the Earth (FOE), fondée elle-même en 1969 par David Brower. Il s’agit à l’origine de l’une des premières véritables organisations écologistes militantes dont l’objectif ne consistait plus à préserver la faune et la nature mais à combattre la société industrielle. Les ATF ont joué un rôle important dans les années 70, notamment en publiant en français le livre malthusien radical La Bombe P de Paul Ehrlich, en s’impliquant dans la lutte antinucléaire puis en organisant la campagne présidentielle du premier candidat écologiste, René Dumont, en 1974. La branche française a perdu de sa splendeur dans les années 80-90 et essaye de se relancer depuis quelques années.

En France, les campagnes des Amis de la Terre portent principalement sur les questions de climat mais aussi sur les thèmes responsabilité des acteurs financiers, responsabilité des entreprises et industries extractives, nucléaire, forêts, agriculture, déchets. Les activités de lobbying ou d’expertise sont le plus souvent effectuées par les Friends of the Earth Europe, répercutées ensuite en France. L’association publie tous les trois mois La Baleine, le «plus vieux journal écologiste militant».
En 2007, l’association a participé activement au Grenelle de l’Environnement et a également été présente aux Conférences environnementales depuis 2012. Les ATF collaborent avec d’autres associations à de nombreuses autres initiatives et campagnes, comme par exemple contre les OGM, le gaz de schiste, les agrocarburants, les nanotechnologies, etc. Ainsi, les ATF ont également participé à la créations du site Combat-Monsanto avec Greenpeace, ATTAC, Sciences Citoyennes, Sherpa et Via Campesina. Contre les biocarburants, les ATF ont participé à la création d’un site et l’organisation d’une pétition en ligne. En 2019, ils ont reçu 125.000 euros du groupe Léa Nature pour mener une campagne sur «la problématique de l’huile de palme dans les biocarburants». En 2008, les ATF ont lancé, avec notamment ATTAC, le CRID ou la Confédération paysanne, la campagne «L’agriculture est malade, soignons la PAC». A cette occasion, un rassemblement a été organisé à Annecy avec 25.000 manifestants. De plus, les ATF militent pour la reconnaissance de l’utilisation des Produits naturels peu préoccupants (PNPP), avec la création de l’Association pour la Promotion des PNPP, et luttent pour une meilleure transparence dans les activités de lobbying des entreprises à travers le réseau ETAL (Encadrement, Transparence des Activités de Lobbying) regroupant 20 associations. En juillet 2019, les ATF déposent un recours contre le Conseil
constitutionnel, «pour que la transparence soit faite sur le poids des lobbies dans ses décisions». Entre 2008 et 2015, les ATF ont organisé en partenariat avec Peuples Solidaires et le CRID, les Prix Pinocchio du développement durable afin de «récompenser trois grandes entreprises françaises qui abusent, dans leur communication, d’arguments “verts” et d’approches volontaires inefficaces quand la réalité de leurs pratiques sur le terrain – notamment dans les pays du Sud, laisse à désirer». Cet événement bénéficiait d’une bonne couverture médiatique.
En 2005, les ATF ont lancé la campagne sur les banques françaises et entendent peser sur la finance «pour bloquer des projets localement contestés pour leurs risques environnementaux et sociaux». En avril 2011, les ATF ont lancé la campagne «A nous les banques !», en partenariat avec ATTAC, pour interpeller les dix principaux groupes bancaires français via un questionnaire «afin d’évaluer leurs impacts sociaux, environnementaux et économiques». Ils estiment que, par leur lobbying, ils ont notamment  contribué à l’abandon de la centrale nucléaire de Belene en Bulgarie par BNP Paribas en 2010, et de celle de Kaliningrad en Russie par la Société Générale en 2014. En mars 2017, ATF, avec Rainforest Action Network, et Save RGV from LNG, ont publié le rapport BNP Paribas exporte le chaos climatique sur le soutien de la banque à un terminal d’exportation de gaz de schiste situé dans la vallée du Rio Grande aux Etats-Unis. En mars 2019, les ATF publient un rapport sur le soutien de Société Générale au secteur des énergies fossiles, et notamment au gaz de schiste américain. En juillet 2019, les ATF, avec d’autres associations, lancent une action en justice pour dénoncer la raffinerie à l’huile de palme de Total dans les Bouches-du-Rhône.
En mai 2011, les ATF ont publié un rapport intitulé Arnaque à l’huile de palme durable pour dénoncer la certification des importations d’huile de palme. Les ATF se mobilisent aussi contre les grands projets, comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou le LGV Lyon-Turin. L’association cible en particulier le financement de ces projets. Ainsi, en 2013, les ATF ont dénoncé la Société Générale pour son implication dans le projet minier Alpha Coal, dans le Bassin de Galilée en Australie. En octobre 2013, les ATF ont participé à la journée contre la fracturation hydraulique. En décembre 2015, dans le cadre de la COP21, ils participent à la mobilisation de masse baptisée «Climate Justice for Peace». En avril 2016, des centaines d’activistes sont parvenus à perturber le Sommet de l’exploration pétrolière offshore organisé à Pau. En septembre 2016, les ATF lance la campagne «Garantie à 10 ans, maintenant!», pour demander la mise en place progressive de l’extension de la durée de garantie de 2 à 10 ans. Du juin à octobre 2018, le Tour Alternatiba, coorganisé par les ATF, ANV-COP21 et Alternatiba, a parcouru 5800 kilomètres «pour mobiliser les citoyen.ne.s face à l’urgence climatique».

La structure nationale des ATF dépend pour à 64% de financements publics et privés. En particulier, en 2018, le ministère de l’Ecologie a assuré environ 13% du budget des ATF et le groupe Léa Nature environ 12%.

AnnéeProduitsChargesRésultat
2018993.850 €980.947 €12.903 €
2017898.888 €889.230 €9658 €
2016837.431 €831.359 €6072 €
2015892.513 €887.376 €5137 €
2014828.427 €826.317 €2110 €
2013729.674 €726.982 €2692 €
2012747.790 €875.240 €-127.450 €
2011973.856 €934.177 €39.679 €
2010848.660 €861.155 €-12.495 €
2009966.789 €950.285 €16.504 €
2008834.458 €887.907 €-53.449 €
2007689.319 €670.103 €19.216 €

Répartition des financements

 

 

Principales sources extérieures de financement

2018
Ministère de l'Ecologie115.000 €
BPC Kambio (Léa Nature)100.000 €
European Climate Foundation70.000 €
Fondation KR41.572 €
Fondation Olin40.000 €
Fondation Open Society36.378 €
Fondation de France30.551 €
ADEME26.300 €
Léa Nature25.000 €
Grassroots25.000 €
UE DEAR22.815 €
Fondation Sunrise20.000 €
Fondation Abbé Pierre19.500 €
UE School of sustainibility 18.861 €
UE DG Agri17.254 €
Fondation pour le Progrès de l'Homme16.666 €
Fondation un monde par tous10.000 €
Fondation Rainforest Norvège5000 €
Fondation Nature et Découvertes5000 €
Transport & Environment5000 €
Subventions à l'emploi4009 €

2017
European Climate Foundation123.369 €
Ministère de l'Ecologie115.000 €
Fondation Sunrise54.008 €
UE School of sustainibility 51.179 €
ADEME46.088 €
Fondation Olin40.000 €
JMG Foundation28.727 €
Fondation un monde par tous25.000 €
Fondation KR22.428 €
Grassroot20.000 €
UE DEAR9914 €
Fondation Osife7347 €
Fondation Abbé Pierre5500 €
Région Ile-de-France5000 €
Réserve parlementaire de Danielle Auroi5000 €
Mairie de Paris4500 €
Fondation de France4033 €
Réserve parlementaire d'André Gattolin3000 €

2016
Ministère de l'Ecologie115.000 €
European Climate Foundation100.000 €
UE School of sustainibility 56.431 €
UE Financiarisation37.095 €
ADEME35.000 €
JMG Foundation26.273 €
Grassroot25.000 €
Fondation un monde par tous20.000 €
UE DEAR14.334 €
Association Res Publica12.387 €
Mairie de Paris6000 €
Réserve parlementaire de Ronan Dantec5000 €
Réserve parlementaire de Danielle Auroi5000 €
Réserve parlementaire d'André Gattolin4000 €
Fondation Sunrise3721 €

2015
Ministère de l'Ecologie95.000 €
UE School of sustainibility 81.379 €
Réseau FOEI72.463 €
Fondation ECF70.000 €
UE Industries extractives 69.802 €
UE Financiarisation 59.247 €
ADEME31.452 €
UE DEAR 36.344 €
Fondation Grassroots30.000 €
Conseil régional d’Ile-de-France 25.000 €
Rausing 12.000 €
Fondation un monde par tous10.000 €
Réserve parlementaire EELV 5000 €
Réserve parlementaire sénateur EELV André Gattolin 5000 €
Fondation chèque déjeuner 5000 €
Peuples solidaires5000 €
New venture fund 4000 €
Ministère de la Jeunesse 3500 €
Corporate European Observatory1000 €

2011
Ministère de l'Ecologie124.000 €
Région Ile-de-France100.000 €
Charles Stewart Mott Foundation60.000 €
Milieudefensie55.000 €
Aides à l'emploi (IDF)49.733 €
CEE Bankwatch Network37.069 €
ADEME36.200 €
Amis de la Terre (Rép. tchèque)32.762 €
Fondation Isvara22.685 €
CRID22.000 €
Amis de la Terre (Autriche)20.760 €
Fern11.251 €
Caisse des dépôts et consignations10.000 €
Amis de la Terre (Europe)10.000 €
Fondation Grassroots9000 €
Patagonia Foundation7302 €
Fondation pour une Terre humaine5667 €
Fondation de France5000 €

2010
Ministère de l'Ecologie102.500 €
Charles Stewart Mott Foundation92.396 €
Milieudefensie66.553 €
Aides à l'emploi (IDF)42.940 €
CEE Bankwatch Network37.669 €
ADEME30.193 €
IUCN Pays-Bas25.069 €
CRID22.022 €
Agence européenne d'éducation et de formation18.000 €
Fern11.399 €
Amis de la Terre (Autriche)20.760 €
Fern11.251 €
Fondation Grassroots10.000 €
Amis de la Terre (Hongrie)7552 €
Coalition Eau-Eau vive6000 €
Fondation pour une Terre humaine5667 €
Fondation de France5000 €
Réserve parlementaire (Yves Cochet)5000 €
Patagonia Foundation3315 €
Ministère de la Jeunesse3220 €
Friends of the Earth International3120 €

 

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