Jean-Marc Governatori

Fondateur et cosecrétaire national de l’Alliance écologiste indépendante
Conseiller municipal de Nice
Gérant de la SCI NOFETE 1819
Site : https://jeanmarcgovernatori.fr/

Peu connu du grand public, Jean-Marc Governatori est devenu depuis 2019, avec son parti (Alliance écologiste indépendante), un allié électoral d’Europe Ecologie-Les Verts. Il n’est pas, contrairement à beaucoup d’autres responsables politiques écologistes, issu de la mouvance des luttes environnementalistes, altermondialistes ou sociales. En effet, après une carrière de dirigeant d’entreprises dans le hard discount du meuble (Fly, Basika…) et après avoir été vice-président du syndicat poujadiste Cid-Unati, Jean-Marc Governatori s’est lancé pleinement dans des activités associatives et politiques. Il a notamment fondé l’Alliance écologiste indépendante (ex-France éclairée, ex-La France d’en bas, ex-La France en action), un parti politique qu’il a longtemps financé à 100% et qui a reçu le soutien de personnalités comme le généticien Albert Jacquard ou le chanteur Francis Lalanne.
A l’instar d’Antoine Waechter du Mouvement écologiste indépendant, Jean-Marc Governatori revendique un positionnement ni gauche, ni droite. Ainsi, en 2012, il explique : «Les Verts sont des gauchistes. Nous, nous sommes écologistes. On n’a jamais vu une vache ou un arbre de gauche ou de droite.» A l’époque, il dénonce aussi la campagne présidentielle «ultragauchiste» d’Eva Joly, précisant qu’il aurait préféré «Nicolas Hulot qui aurait pu rassembler plus largement». Jean-Marc Governatori n’hésite pas non plus à flirter avec des personnalités au profil ultraconservateur. Fin 2010, il écrit à Brigitte Bardot, estimant qu’elle est «la meilleure personne qui pourrait nous représenter à la présidentielle de 2012», et cela malgré la proximité idéologique notoire de l’ancienne comédienne avec l’extrême droite. Plus récemment, en vue des législatives de 2017, il crée le mouvement 100% avec comme porte-parole Nicole Delépine, qui gravite dans les milieux d’extrême droite. Jean-Marc Governatori peut également avoir des positionnements conservateurs, déclarant par exemple au moment du débat sur le mariage gay que «le problème du mariage entre personnes du même sexe, c’est qu’il peut être l’étape précédant l’adoption d’enfants. Nous sommes contre».
Sur les questions économiques, Jean-Marc Governatori dénonce le «libéralisme pollué par le virus croissance» et déplore que «pour satisfaire l’obsession croissantielle et les profits de quelques grandes entreprises, le Chimique, l’OGM, le Nucléaire règnent. La révolution chimique vécue depuis 40 ans est un désastre sanitaire et financier». Il défend une «économie écologique», qui «réhabilite la proximité, la ruralité, la petite entreprise et l’artisanat». Pour cela, il entend «localiser l’alimentation, l’économie, les énergies, la démocratie et les solutions». En particulier, il veut «favoriser le retour à la terre» : «Une réforme agraire, recenser les terrains abandonnés, permettront de développer les exploitations vivrières dans le cadre d’une agriculture bio. Parmi les millions de chômeurs, les millions d’inquiets, beaucoup peuvent retrouver là une joie de vivre et du sens.» Tout en précisant que «les villes ne sont pas à anéantir. On peut les ruraliser.» Quant au logement, il pense que «les habitations “légères” sont une solution au problème de logement. Cabane, dôme, maison en paille, en carton, en bois ou en terre, roulotte, tipi, yourte… Toutes ces formes d’habitats économes, écologiques et diversifiés défendent le respect du droit au logement pour chacun.»
Parmi les engagements forts de Jean-Marc Governatori, on peut mentionner la défense de la cause animale et la promotion des médecines parallèles, avec sa volonté de faire «reconnaître les médecines non-conventionnelles». Dans ce dernier domaine, il se dit inspiré par le naturopathe Pierre-Valentin Marchesseau, fondateur de l’Institut d’Hygiène Vitale. Il se montre critique à propos de la vaccination. Ainsi, à propos de la découverte d’un vaccin contre le Covid-19, il a déclaré : «Les commentateurs s’extasient d’un vaccin de Pfizer pour une efficacité de 90 % ! Sauf que 99% des personnes infectées guérissent sans médicament ni vaccin !» Enfin, il considère que «la solution aux limites physiques de notre planète, à l’accroissement de la population, à la crise énergétique, aux problèmes financiers n’est pas technologique ou fiscale. Elle est d’abord spirituelle». Il ajoute que «les plus grands pollueurs de cette planète sont de nature psychique, ce sont nos pensées. La pollution matérielle est le résultat de la pollution mentale», et conclut : «Le problème de fond n’est pas le système, le problème c’est toi.»

Né en 1958 à Nice, Jean Marc Governatori est issu d’une famille d’entrepreneurs dans le meuble. Il explique : «Il se trouve que mon père avait créé sa propre société de meubles et, donc, naturellement, par fibre familiale, je me suis professionnellement orienté dans cette direction.» Ainsi, diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Nice, il ouvre son premier magasin Fly en 1981. Il est élu en 1991 meilleur gestionnaire du groupe Mobilier Européen alors qu’il était le premier franchisé de France. En quinze ans, il développe plusieurs enseignes franchisées dans les Alpes-Maritimes. Son groupe exploite en 1996, à travers cinq sociétés, 28 magasins dans ce département (sous les enseignes Atlas, Fly, Monsieur Meubles, Cuisines Schmidt, Crozatier) et réalise 300 millions de chiffre d’affaires (30% du marché local) avec 250 salariés. Il ouvre aussi d’autres enseignes, comme Basika et Planetwood. Il reçoit le Trophée de l’Emploi, remis par Jean Pierre Raffarin, en 1997. A l’époque, il rejoint le syndicat poujadiste Cid-Unati dont il sera le vice-président au moins jusqu’en 2005.
Parallèlement, il mène des activités militantes. Il affirme que son déclic est venu à 14 ans et que «le rapport du club de Rome en 1972, ça m’a tout de suite parlé.» Trois ans plus tard, il serait devenu végétarien. Jean-Marc Governatori ajoute aussi avoir «été formé à la naturopathie dans mon adolescence par Pierre-Valentin Marchesseau», fondateur de l’Institut d’Hygiène Vitale. En 1991, il cofonde la Ligue Nationale contre la Drogue avec le Professeur Nahas. En 1992, il fonde le parti politique «France éclairée» et publie un livre intitulé France éclairée, projet pour un pays heureux. En 1993, il se présente aux législatives dans les Alpes-Maritimes sous l’étiquette «divers droite» et obtient 2,68%. Il fonde en 1996 et préside la fédération Agissons, qui propose gratuitement divers services, comme aide pour la gestion financière des ménages à petits revenus, conseils juridiques (surendettement, Banque de France, divorce, garde…), soutien enfants maltraités ou violentés, ou encore soutien femmes battues. En 1997, il se présente aux législatives dans la première circonscription des Alpes-Maritimes sous l’étiquette «divers droite» et obtient 4,59%.
En 2000, suite au décès de son père, il décide de vendre ses affaires (34 points de vente) pour se consacrer à l’action politique. Pour 14 millions d’euros, il cède le groupe Governatori (spécialisé dans l’informatique, la communication, l’immobilier et l’équipement de la maison) aux Alsaciens de Mobilier Européen. Il précise : «Je vends les fonds de commerce mais je conserve “les murs” ce qui me permet de vivre désormais des loyers perçus et de disposer de temps disponible.» En 2007, il déclare toucher 400.000 euros annuels de ses loyers.
En 2001, il adhère à l’UDF mais quitte le parti au bout de trois mois. En 2002, il crée l’association Handicapemploi. Fin 2003, il crée et préside le Parti des Sans Voix. Suite au bon score de la liste «La France d’en bas» des buralistes alsaciens aux régionales, il décide de renommer son parti «La France d’en bas» en vue des élections européennes de 2004, afin de «défendre les petites entreprises, les handicapés, l’écologie indépendante et la protection des animaux». Avec des têtes de listes comme le comédien Bernard Menez ou Francine Gomez, l’ex-PDG de Waterman, La France d’en bas ne récolte que 1,55% au niveau national. Fin 2004, il crée l’association Les Centinelles. En 2005, le nom du parti devient «La France en action». En 2006, il crée l’association Europe Ecologie. Début 2007, Jean-Marc Governatori signe le «pacte écologique» de Nicolas Hulot. En vue de la présidentielle de 2007, il ne réunit que 11 signatures d’élus sur les 500 requis. Quelques jours avant le premier tour des législatives de 2007, l’ancien juge et député UMP Georges Fenech pointe les «liens» entre des représentants de La France en action et diverses mouvances sectaires comme l’Eglise de scientologie. Jean-Marc Governatori a poursuivi, sans succès, l’ancien juge, tout en admettant que «6 de nos 960 candidats et suppléants avaient, à un moment donné de leur vie, été membres d’une organisation considérée sectaire». Au premier tour des élections législatives de 2007 dans la première circonscription des Alpes-Maritimes, il obtient 0,7% des votes exprimés.
Pour les élections européennes de 2009, il cofonde l’Alliance écologiste indépendante (AEI), regroupant La France en action, Génération Ecologie et le Mouvement écologiste indépendant (MEI), pour «permettre un dialogue et une concertation permanente entre les organisations membres dans la perspective d’animer une alternative écologiste et la droite et à la gauche». Tête de liste AEI dans la circonscription Ile-de-France, Governatori réunit 3% des suffrages exprimés. Fin 2009, il crée l’association Saveurs Naturelles. Il participe aussi au lancement de L’Alliance pour la santé, avec comme principal objectif la «réunion de toutes les médecines, officielles, alternatives, complémentaires». En 2010, il est candidat aux élections régionales en Île-de-France et recueille 1,4% des voix. En septembre 2010, Jean-Marc Governatori propose à Brigitte Bardot de se présenter à la présidentielle de 2012. En novembre 2010, Générations Ecologie et le MEI quittent l’AEI. Il décide alors, en novembre 2012, de changer le nom de La France en action pour devenir l’Alliance écologiste indépendante. Il échoue à nouveau dans sa tentative de se présenter à la présidentielle de 2012. En septembre 2011, la Cour d’Appel de Paris a confirmé le caractère frauduleux du dépôt par Jean-Marc Governatori de la marque Europe Ecologie en 2004. Elle l’a condamné, solidairement avec l’AEI, au paiement d’une somme complémentaire de 8000 euros. Aux élections régionales de 2015, Jean-Marc Governatori se présente comme tête de la liste de l’AEI en PACA et obtient 4% des suffrages au premier tour. Au second tour, sa liste appelle à voter pour celle de Christian Estrosi contre Marion Maréchal. Cet appel crée une polémique car ce ralliement de dernière minute est lié à un marchandage de voix, Jean-Marc Governatori ayant négocié la présidence d’un futur institut pour l’écologie et la qualité de la vie doté de 30 millions d’euros. En 2017, en vue des législatives, Governatori crée le mouvement 100% en fédérant une trentaine de micro-partis, représenté notamment par la sulfureuse Nicole Delépine. En décembre 2018, Francis Lalanne déclare que Governatori, «un ami de trente ans», est disposé à lui donner 800.000 euros pour le lancement d’un rassemblement «Gilet Jaune Citoyen» en vue du scrutin des européennes de mai 2019. Toutefois, quelques semaines avant le scrutin, il décide de baisser nettement son apport pour un total de 300.000 euros.
En 2019, il passe un accord avec EELV en vue des Européennes ainsi que des futures échéances électorales. Dans ce contexte, Jean-Marc Governatori est nommé «référent végétarien végan» de Yannick Jadot. Pour les élections municipales de 2020 à Nice, Jean-Marc Governatori est tête de liste de la liste «Nice écologique», soutenue par EELV, qui, au premier tour, obtient à peine 11,3% et, au second tour, recueille 19,3%, derrière la liste LR de Christian Estrosi (59,3%) et celle du RN (21,4%). Il est élu au conseil municipal et à la communauté urbaine Nice Côte d’Azur.

  • 8 nourritures 100 ans de vitalité, Éditions Libre label, 2016.
  • Un autre monde est possible, indispensable, éditions In Libro Veritas, 2012.
  • Les Quatre Solutions à la crise, éditions In Libro Veritas, 2012.
  • L’Écologie, un diamant à huit facettes, préface d’Albert Jacquard, éditions Yves Michel, 2012.
  • Sept Milliards d’Affamés insolvables ou Sept Milliards de Responsables sereins ? Résoudre la crise, c’est possible, éditions In Libro Veritas, 2011.
  • Doubler son pouvoir d’achat c’est possible, préface d’Albert Jacquard, postface de Francis Lalanne, éditions Le Courrier du livre, 2008.
  • Politique écologique = Plein emploi avec la participation de Philippe Desbrosses, Patrick Baronnet, Pierre Gevaert, François Plassard, Georges Toutain, préface d’Albert Jacquard, éditions Jouvence, 2007.
  • Vers une Santé Totale : témoignages, solutions, résultats, éditions Le Courrier du livre, 2007.
  • Vivre, c’est possible : 207 propositions pour une nouvelle société, éditions Le Courrier du livre, 2006.
  • J’ai trouvé quatre emplois en deux jours, éditions Carnot, 2004.
  • Les solutions sont pourtant simples et réalistes..., 1995.
  • France éclairée, projet pour un pays heureux, éditions À suivre, 1992.

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