Gilles-Eric Séralini

Membre du conseil scientifique du CRIIGEN
Codirecteur du Pôle Risque de la MRSH de Caen
Membre de la direction de Spark-Vie
Membre du conseil scientifique de The Organic Center
Parrain de la Fondation d’entreprise Ekibio
Parrain de Générations Cobayes

Bien que son point de vue soit très minoritaire au sein de la communauté scientifique, Gilles-Eric Séralini apparaît régulièrement dans les médias et dans les conférences pour dénigrer les OGM, le plus souvent ceux de Monsanto, et le pesticide Roundup. La stratégie de Gilles-Eric Séralini, et celle de son association le CRIIGEN,  consiste à créer le doute dans l’opinion publique sur l’innocuité des OGM. Il réclame un débat scientifique contradictoire et, en particulier, des tests d’évaluation plus longs pour les OGM. Il critique les agences officielles d’évaluation des risques pour leur manque d’indépendance, traitant les scientifiques qui les composent d’incompétence ou de corruption. Concernant sa propre indépendance, il explique : «C’est un mythe, l’indépendance ! (…) Nous sommes bien sûr dépendants des citoyens qui veulent bien nous aider, même des industriels qui veulent bien nous demander des contre-expertises.» Certains de ses travaux ont d’ailleurs obtenu des finances de Greenpeace, Carrefour, Ekibio, Léa Nature ou Auchan.
Le 19 septembre 2012, il défraye la chronique en dévoilant en exclusivité dans le Nouvel Obs les résultats d’une étude réalisée par le CRIIGEN sur des rats nourris pendant 2 ans avec un maïs OGM. Avec une campagne de communication savamment orchestrée, devant aussi promouvoir la sortie de deux livres et d’un film sur sur ce même sujet, il arrive à créer un emballement médiatique en affirmant que leur «étude, menée durant deux ans sur des rats, établit que, même à très faible dose, l’absorption à long terme de ce maïs agit comme un poison puissant et bien souvent mortel, tout comme celle du Roundup». De nombreux scientifiques critiquent sévèrement cette étude et des journalistes scientifiques, même hostiles aux OGM, dénoncent la façon dont elle a été rendue publique. Ainsi, Sylvestre Huet, journaliste scientifique à Libération, explique : «(Gilles-Eric Séralini) a dealé avec un seul journal. Un deal mortifère pour les impératifs déontologiques journalistiques, puisqu’il passe par une exigence : pas de contre-expertise, article scientifique confidentiel, pas de critiques.» Michel de Pracontal, journaliste scientifique au Nouvel Obs, évoque aussi le financement de l’étude par deux géants de la grande distribution : «Séralini risque de se trouver dans la position de l’arroseur arrosé. Ses travaux ont été en partie financés par l’association Ceres, créée sous l’impulsion de Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan. Ceres rassemble plusieurs sociétés de la grande distribution, dont Auchan et Carrefour. Lesquels ont construit leur stratégie marketing, entre autres, sur la promotion de produits sans OGM…» Quant à Stéphane Foucart, journaliste du Monde, il reproche à Séralini de mettre en avant le soutien du mathématicien Paul Deheuvels, «un climato-sceptique notoire». En novembre 2013, Food and Chemical Toxicology annonce le retrait de l’article.
Depuis plusieurs années, il promeut l’«écomédecine» qui «s’intéresse aux moyens de détoxifier l’organisme de ses parasites chimiques». A cette fin, il collabore de façon étroite avec ses «amis de la Compagnie Sevene Pharma», qui conçoivent des tisanes et boissons «aux plantes détoxifiantes», et dont la plupart des administrateurs sont membres du mouvement Invitation à la vie (IVI), classé en 1995 et 1999 dans la catégorie «sectes guérisseuses pseudo-catholiques» par la commission d’enquête parlementaire sur les sectes. De plus, une administratrice de Sevene Pharma participe au financement de nombreuses études de Séralini, par le biais de la Fondation Denis Guichard.
Gilles-Eric Séralini est un chercheur engagé puisqu’il a régulièrement soutenu les candidats écologistes aux élections. Sur le plan idéologique, il est fidèle aux préceptes malthusiens, n’hésitant pas à régulièrement comparer la croissance démographique humaine à celle des bactéries. Il explique notamment : «Les miséreux qui ne peuvent avoir pour tout ciel, dans une vie de manques et de torture, que leurs instants d’orgasmes, sans pour autant connaître la contraception qui est un luxe, se reproduisent forcément plus que les autres.»
Il est enfin très sensible aux marques de reconnaissance, au point d’exhiber pendant plusieurs mois sur le site du CRIIGEN un prix bidon de «Scientifique international de l’année 2011» qui lui a été «décerné» par la société commerciale britannique IBC. Malgré l’évidence de l’arnaque dont il a été victime, Gilles-Eric Séralini n’a jamais voulu reconnaître son erreur.

Né en 1960, Gilles-Eric Séralini fait ses études à Nice et devient, en 1987, docteur en biochimie et biologie moléculaire de l’Université de Montpellier II. Il part alors pour ses recherches fondamentales quatre années dans deux laboratoires en Ontario puis au Québec. En 1990, il réussit en France le concours national de professeur des Universités. Depuis octobre 1991, il est enseignant-chercheur en biologie moléculaire à l’université de Caen. Il est l’auteur d’une centaine d’articles scientifiques ou communications à des congrès internationaux de spécialistes. Il assure plusieurs rôles dans des Commissions de l’université de Caen, où il anime une équipe de recherche qui a été associée au CNRS puis à l’INRA. Il a travaillé sur de nouvelles molécules pour le traitement du cancer du sein et la prévention.
En 1996, il a été l’un des rédacteurs, avec Etienne Vernet d’Ecoropa et Jean-Marie Pelt, d’un appel de scientifiques en faveur d’un moratoire sur les OGM. En 1998, il est nommé membre de deux commissions gouvernementales sur les OGM (la CGB et le Comité de Biovigilance). En 1999, il participe à la création, avec Corinne Lepage et Jean-Marie Pelt, du CRIIGEN dont il préside le conseil scientifique. Au début des années 2000, il participe à des Rencontres dans les Cévennes organisées par la Fondation Denis Guichard, présidée par Jean-Marie Pelt, et Etienne Vernet, pour engager une réflexion sur la nature, partant du constat qu’«une vision matérialiste et basée seulement sur le profit ne peut que nous conduire à une impasse». Ces rencontres ont lieu à Mazet, sur un domaine où se pratique la culture biologique de plantes médicinales pour la société Sevene Pharma. Plus tard, Gilles-Eric Séralini réalisera des études pour cette société qui conçoit des tisanes et boissons «aux plantes détoxifiantes». Dans le cadre de ses activités au sein du CRIIGEN, il a aussi réalisé plusieurs études scientifiques concernant le glyphosate et différents OGM. En 2001, il est récompensé d’un prix par la Fondation Denis Guichard pour «l’ensemble de ses recherches, en particulier ses expertises sur les organismes génétiquement modifiés et ses activités en faveur d’une évaluation scientifique, indépendante et éthique». Il est plusieurs fois venu témoigner en faveur des Faucheurs Volontaires d’OGM. En avril 2007, il soutient la candidature de Dominique Voynet à la présidentielle. En décembre 2008, il participe à la création d’un réseau européen de chercheurs engagés baptisé «European Network of scientists for social and environmental responsibility» (ENSSER), qui a pour cible principale les OGM. En janvier 2010, il soutient la liste d’Europe Ecologie Basse-Normandie aux élections régionales. La même année, avec l’aide de l’ENSSER et de la Fondation Sciences Citoyennes, il lance une pétition de soutien en sa faveur, suite à des critiques qui ont été portées sur ses travaux par l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV). En novembre 2010, il poursuit en diffamation le professeur Marc Fellous, président de l’AFBV. Début 2011, Gilles-Eric Séralini gagne ce procès que sur un seul point, le tribunal estimant «que l’imputation faite au chercheur caennais “d’avoir failli à son obligation de probité intellectuelle en raison de sa dépendance à l’égard de Greenpeace, dont il recevrait une aide financière pour ses travaux” était bien diffamatoire». En revanche, le tribunal n’a pas estimé diffamatoire le qualificatif de «chercheur militant», pas plus que l’assimilation de Gilles-Eric Séralini à un «marchand de peur». En février et mars 2012, Greenpeace organise une tournée pour Gilles-Eric Séralini en Australie et aux Philippines. C’est lors de cette tournée qu’éclate la polémique concernant le prix bidon de «Scientifique de l’année 2011» que Gilles-Eric Séralini fait apparaître sur son CV et sur le site du CRIIGEN. En effet, il est convaincu – à tort – que ce prix a une valeur académique alors qu’il a été «décerné» par l’International Biographical Centre, une entreprise dont l’activité commerciale est la vente de diplômes honorifiques bidons.
Le 19 septembre 2012, il défraye la chronique en dévoilant les résultats d’une étude réalisée par le CRIIGEN sur des rats nourris pendant 2 ans avec un maïs OGM. Avec une campagne de communication savamment orchestrée, il arrive à créer un emballement médiatique en affirmant que «notre étude, menée durant deux ans sur des rats, établit que, même à très faible dose, l’absorption à long terme de ce maïs agit comme un poison puissant et bien souvent mortel, tout comme celle du Roundup». En novembre 2013, Food and Chemical Toxicology annonce le retrait de l’article. En juillet 2015, il publie une nouvelle étude dans laquelle il affirme que les tests de commercialisation des OGM et des produits chimiques sont faussés car l’alimentation des rats de laboratoire serait elle même polluée. En juillet 2016, il publie une étude avec Sevene Pharma selon laquelle un produit appelé Dig1 pourrait «détoxifier» le corps d’une trop grande exposition au pesticide RoundUp.
Depuis 2012, il organise des «formations professionnelles entre science, environnement et santé». En mars 2014, Gilles-Eric Séralini copréside le comité de soutien de la liste municipale d’EELV à Caen. Fin 2014, il devient membre du conseil scientifique de The Organic Center. En septembre 2015, il poursuit en diffamation le site internet «La Lettre du Cotentin», édité par Daniel Dubost, et le journaliste Jean-Claude Jaillette de Marianne, qui ont critiqué son étude de 2012. En 2016, il fait partie du comité d’organisation du Tribunal Monsanto qui s’est déroulé en octobre de la même année. En septembre 2016, il gagne son procès en appel contre Marianne. En décembre 2016, il se met à son compte pour des «activités spécialisées, scientifiques et techniques diverses».

  • L’Évolution de la matière, de la naissance de l’Univers à l’ADN, Pocket, coll. « Explora », 1994.
  • Le sursis de l’espèce humaine, Belfond, 1997.
  • OGM, le vrai débat, Flammarion, 2000.
  • Génétiquement incorrect, Flammarion, 2003.
  • Ces OGM qui changent le monde, Flammarion, 2004 ; nouvelle édition revue et augmentée en 2010.
  • Après nous le déluge ?, avec Jean-Marie Pelt, Flammarion/Fayard, 2006.
  • Nous pouvons nous dépolluer !, rééd. revue et augmentée du Sursis de l’espèce humaine, Josette Lyon, 2009.
  • Tous cobayes ! OGM, pesticides, produits chimiques, Flammarion, 2012.
  • Plaisirs cuisinés ou poisons cachés, avec Jérôme Douzelet, Actes Sud et Colibris, 2014.

 

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