Marc Dufumier

Professeur émérite à l’AgroParisTech
Membre du comité de veille scientifique de la Fondation Nicolas Hulot
Président de la Fondation René Dumont
Président de la Plate-forme pour le commerce équitable
Administrateur du Centre d’actions et de réalisations internationales
Membre du conseil scientifique de l’Institut de recherche pour le développement
Parrain de la Fondation d’entreprise Ekibio

En devenant membre du comité de veille scientifique de la Fondation Nicolas Hulot, l’agronome Marc Dufumier est devenu le lobbyiste attitré de Nicolas Hulot sur les questions agricoles auprès des autorités. Pendant la présidence Sarkozy, Marc Dufumier se vantait de pouvoir «avoir accès à la direction de l’Inra, aux patrons de la FNSEA, au ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, à Jean-Louis Borloo, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet», précisant : «J’ai même rencontré en délégation Nicolas Sarkozy pour discuter de l’application de la partie agricole du Grenelle.» Par exemple, en janvier 2010, Marc Dufumier avait été invité par Jean-Louis Borloo à un dîner avec le Bruno Le Maire afin de convaincre ce dernier de suspendre le commerce de thon rouge. Défendant une agriculture paysanne car, selon lui, «on a été trop loin dans les mécanismes de spécialisation et de détérioration», il connaît bien le terrain pour avoir mené de multiples missions dans les pays du tiers-monde. Il participe aussi à de nombreuses conférences, où souvent il s’attaque à l’argument selon lequel les OGM permettraient de nourrir les pays du Sud. Contrairement à d’autres militants anti-OGM, il tente de ne pas adopter un discours idéologique  mais le point de vue plus «objectif» de l’agronome. Néanmoins, il n’hésite pas à venir témoigner en faveur des Faucheurs Volontaires d’OGM. De plus, il préside la Fondation René Dumont et s’inscrit donc dans la pensée son ancien maître. Or René Dumont a constamment défendu des thèses malthusiennes radicales, considérant que le plus grave des dangers menaçant notre avenir était celui de la surpopulation, affirmant : «Il y a déjà trop d’hommes à la surface du monde, il y a déjà trop d’hommes surtout dans le tiers monde.» Et même si Marc Dufumier affirme «qu’il ne faut pas diaboliser les OGM en tant que tels», il ajoute aussi qu’«on n’a pas le droit de se lancer dans des trucs où il y a des risques très faibles mais non nuls. Il y a des moments où le principe de précaution doit s’appliquer en totalité, on dit non, on ne prend pas ce risque aussi petit soit-il.»
Par ailleurs, il ne s’oppose pas à la mondialisation, mais déclare que l’ennemi ce sont les «grosses entreprises agroalimentaires». Son idée phare, qu’il a mise aussi bien dans le Mémorandum de l’Appel de Paris initié par l’ARTAC que dans le Pacte écologique, consiste à «prendre 5 ans pour transférer massivement, mais progressivement, les aides du premier pilier de la PAC à la restauration collective», comme incitation à utiliser des produits agricoles de qualité. Il considère «qu’à terme c’est toute notre agriculture qui va devoir évoluer vers l’agroécologie, qui est une agriculture qui fait un usage intensif des ressources naturelles par des voies biologiques. La forme d’agriculture qui y ressemble le plus en France, c’est le bio». Il estime que l’avenir de l’agriculture française, «c’est plutôt une agriculture artisanale qui associe céréales et élevage, qui limite l’emploi des pesticides, qui exige plus de travail humain». Marc Dufumier admet qu’avec cette agriculture artisanale, «le rendement va diminuer mais les agriculteurs auront plus de valeur ajoutée, et ce marché est rémunérateur».

Né le 26 janvier 1946 à Pacy-sur-Eure, il a été professeur en agriculture comparée à l’Institut national agronomique Paris-Grignon (INA-PG) de 1977 à 2011. Ancien élève de René Dumont et titulaire de la chaire du célèbre agronome écologiste, il a été vice-président de l’Association pour la création de la Fondation René Dumont. Il a réalisé de nombreuses missions d’expertise dans plusieurs pays en voie de développement, en Asie, en Amérique du Sud et en Afrique. De 1989 à 1996, il a présidé l’Institut de Recherche et d’Application des Méthodes de Développement (IRAM). De 1997 à 1998, il a été président du Comité de Coopération avec le Laos (CCL). Peu de temps après, il rejoint le comité de veille scientifique de la Fondation Nicolas Hulot, et collabore à la rédaction du volet agricole du Pacte écologique. En 2007, il participe au Grenelle de l’environnement au sein du groupe sur l’agriculture. Il s’était déclaré dans le passé encarté chez les Verts, mais disait accorder plus d’importance à son engagement auprès de Nicolas Hulot.  Aux Européennes de 2009, il soutient la liste d’Europe Ecologie. Le 9 juin 2011, Marc Dufumier, en tant que président de la Fondation René Dumont, a organisé un hommage à l’auteur de L’utopie ou la mort. Parmi les membres du comité de parrainage de la Fondation René Dumont, on peut mentionner : Eva Joly, Nicolas Hulot, Denis Cheissoux, Yves Cochet, Daniel Cohn-Bendit, Marc Jolivet, Brice Lalonde, Jean-Marie Pelt, Jacques Testart, Dominique Voynet, Antoine Waechter. En 2011, au sein du Centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture, il participe au groupe de travail «Le monde agricole en tendances». En novembre 2012, il organise un colloque «René Dumont revisité et les politiques agricoles africaines». En 2013, il a été nommé membre du conseil scientifique de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
Marc Dufumier est aussi chevalier de l’ordre du Mérite agricole et de l’ordre de la Légion d’honneur.

  • Recherche et développement en agriculture (en collaboration avec R. Billaz). Collection techniques vivantes. Presses universitaires de France ; Paris 1980.
  • Les politiques agraires, Collection Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 1986.
  • Les projets de développement agricole, manuel d’expertise, Karthala, 1996.
  • Un agronome dans son siècle. Actualité de René Dumont, ouvrage collectif, Association pour la création de la Fondation René Dumont/Éditions Karthala/INA P-G, coll. « Hommes et Sociétés », 2002.
  • Agricultures et paysanneries des tiers mondes, Karthala, 2004.
  • Agricultures africaines et marché mondial, Fondation Gabriel Péri, 2007.
  • Famine au Sud, Malbouffe au Nord. Comment le bio peut nous sauver, Editions NiL, 2012
  • Agriculture biologique : espoir ou chimère ?, débat avec Gil Rivière-Wekstein, collection Le Choc des idées, Le Muscadier, 2013.
  • 50 idées reçues sur l’agriculture et l’alimentation, Allary édition, 2014.

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