Jean-Paul Besset

Ancien député européen d’EELV (2009-2014) 
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Ayant débuté à l’extrême gauche, Jean-Paul Besset explique que son «“tournant” écolo» vient de sa rencontre avec la pensée de René Dumont, le premier candidat écologiste à la présidentielle, qu’il décrit ainsi : «C’était en réalité l’aboutissement d’un long cheminement intellectuel et sensible qui m’avait conduit peu à peu à m’éloigner de la doxa de la gauche traditionnelle pour m’impliquer plus avant dans le paradigme écologiste.» Ainsi, Jean-Paul Besset est passé de l’extrême gauche progressiste à l’écologisme radical, appelant à un changement en profondeur de la société. Il partage le point de vue malthusien de René Dumont selon lequel la croissance démographique constituerait le problème principal : «Comme l’annonçait l’agronome, la “bombe à retardement” a frappé. L’excès démographique surdétermine toutes les autres crises, économique, sociale et écologique.» Considérant que «le mythe salvateur du Progrès est mort», Jean-Paul Besset défend la décroissance avec ses mots d’ordre : «réduire, renoncer, sacrifier». Néanmoins, il critique l’anticapitalisme radical, car celui-ci disculpe la société et les individus, «renvoyant la charge du délit sur un “système”. Voilà en effet un bouc émissaire parfait.» Et d’affirmer que «la destruction de la planète n’est pas un avatar monstrueux de la malfaisance “ultralibérale”».
Ses positions radicales ne l’empêchent pas d’adopter une stratégie pragmatique, en s’associant par exemple à Nicolas Hulot, dont il est devenu l’un de ses plus fidèles lieutenants. Nicolas Hulot décrit ainsi sa relation avec Jean-Paul Besset : «Jean-Paul a structuré ma pensée, il est devenu mon mentor sur beaucoup de sujets. Souvent, lorsqu’il écrit un texte pour moi, je ne change pas un mot.» Jean-Paul Besset est aussi l’un des initiateurs de l’aventure Europe Ecologie avec Daniel Cohn-Bendit. De plus, il n’est «pas de ceux qui crachent sur le Grenelle. A l’échelle franco-française, le Grenelle a enclenché une prise de conscience vitale. Le problème, c’est que les mesures prises ne sont pas encore traduites, politiquement parlant».
Depuis plusieurs années, Jean-Paul Besset se désolidarise des instances du parti écologiste. En décembre 2010, il démissionne avec fracas et affirme «renoncer à toute responsabilité au sein d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV)», dénonçant le «climat délétère de guerre froide et de paix armée» régnant au sein de la formation écologiste. Il juge le mouvement «métastasé» et décrit les oppositions ainsi : «D’un côté, le parti où nombre de Verts verrouillent une reproduction à l’identique, avec les mêmes têtes, les mêmes statuts, les mêmes pratiques, les mêmes courants, la même communication pseudo radicale, la même orientation servile vis à vis de la gauche; de l’autre côté, la Coopérative que certains veulent instrumentaliser en machine de guerre contre le parti.» En 2012 et contrairement à la position de la plupart des militants et responsables d’EELV, il se dit favorable au traité de discipline budgétaire européen, estimant que «nous devons avoir comme objectif de réduire les déficits. C’est ainsi que nous échapperons aux griffes des marchés que tout le monde dénonce». Même s’il n’a plus aucun poste officiel dans les instances d’EELV, il intervient ponctuellement pour critiquer certaines orientations du parti. Ainsi, en février 2015, il s’est opposé à l’Appel aux Chantiers d’espoir, signé notamment par Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse, qui vise à faire converger les écologistes avec les forces d’extrême gauche.  A propos de cette intiative, Jean-Paul Besset a déclaré : «Si nous nous sommes investis à EELV, c’est pour placer l’écologie au cœur de la société, pas pour nous fondre dans un nouveau cartel des gauches qui sentent bon la nostalgie bolchevik.»

Né en 1946 à Chamalières (Auvergne), Jean-Paul Besset a débuté dans les années 70 comme journaliste à la rédaction de Rouge, la publication des Jeunesses communistes révolutionnaires (l’ancêtre de la LCR). Après un passage de plus de dix ans à la LCR, il rejoint, avec Denis Pingaud, un camarade de cellule, Le Matin de Paris. En 1984, Jean-Paul Besset et son ami atterrissent au cabinet de Laurent Fabius, devenu Premier ministre. Alors que Denis Pingaud est nommé chargé de mission, Jean-Paul Besset se trouve chargé de communication à Matignon. En 1985, au moment de la révolte kanak, il se rend en Nouvelle-Calédonie pour créer un quotidien «anticolonialiste». Il retourne ensuite rapidement en France, où il rejoint Libération. En 1988, il quitte ce journal pour participer ensuite à la fondation de Politis, dont il sera le rédacteur en chef pendant quatre ans. En 1992, il écrit une biographie élogieuse de l’agronome René Dumont, le premier candidat écologiste à l’élection présidentielle. En 1995, il rejoint l’équipe du Monde en tant que correspondant régional à Toulouse et c’est à ce titre qu’il sera présent lors du saccage du MacDo de Millau par José Bové. En écrivant à cette époque une dizaine d’articles sur Bové, il contribue à en faire une figure connue du grand public. En juin 2003, en s’appuyant sur des éléments faux, il écrit un article dans Le Monde, avec Nicolas Fichot, qui fera grand bruit puisqu’il alimentera l’affaire Baudis.
Fin 2004, il quitte Le Monde (dont il est devenu le directeur adjoint de la rédaction) en raison d’un désaccord avec la politique éditoriale du quotidien. Toujours en 2004, il sort son livre Comment ne plus être progressiste… sans devenir réactionnaire, véritable pamphlet écologiste décroissant. C’est à ce moment que la rencontre avec Nicolas Hulot se fait: «Après la sortie de mon livre Comment ne plus être progressiste sans devenir réactionnaire, nous avons constaté nos convergences, et décidé de réfléchir ensemble à des propositions politiques.» L’ancien journaliste devient alors le coordinateur du Pacte écologique et que, dans la foulée, est devenu le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot (FNH) dans le cadre du Grenelle de l’environnement en 2007. A l’époque, il tente de convaincre, sans succès, Nicolas Hulot de se présenter à l’élection présidentielle. En 2009, Jean-Paul Besset quitte ses fonctions au sein de la FNH et devient tête de liste aux Européennes pour Europe Ecologie. Il est élu député dans la circonscription Massif Central-Centre avec 13,33% des voix. Début 2010, il préside l’Association pour la Fondation de l’Ecologie Politique qui vise à créer une Fondation d’utilité publique de l’écologie politique. Le 7 décembre 2010, il décide de «renoncer à toute responsabilité au sein d’Europe Ecologie-Les Verts», avouant un «échec, personnel et collectif». En 2011, il fait partie de l’équipe de campagne de Nicolas Hulot pendant la primaire écologiste en vue de l’élection présidentielle. En août 2012, il se déclare favorable au vote du traité de discipline budgétaire européen, contre l’avis de la majorité des militants et dirigeants du parti. En novembre 2012, il devient membre du Conseil de surveillance de la Fondation de l’Ecologie Politique. Membre de la commission parlementaire Affaires économiques et monétaires et de la commission de la Pêche, Jean-Paul Besset a régulièrement interpellé Pierre Moscovici, le ministre français des Finances,comme en décembre 2012 sur la réforme bancaire, ou en mai 2013 «sur la transparence (…) des activités des entreprises multinationales et la lutte contre l’opacité des sociétés offshore». Aux Européennes de 2014, il n’est pas réélu député.

  • Le dossier calédonien, éditions La Découverte, Paris, 1988.
  • Amnesty International, la conspiration de l’espoir, éditions du Félin, 1991.
  • René Dumont, une vie saisie par l’écologie, éditions Stock, 1992 (réédité en avril 2013, Les Petits Matins).
  • Comment ne plus être progressiste… sans devenir réactionnaire, éditions Fayard, 2005.

 

 

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