Foodwatch

53, rue Meslay
75003 Paris
Tél. : 09 67 10 86 49
E-mail : info@foodwatch.fr
Site : https://www.foodwatch.org/fr/

Foodwatch se présente comme une association de défense des consommateurs dont l’objectif est d’informer ces derniers «des pratiques trompeuses de l’industrie et des risques sanitaires sur le marché alimentaire européen». Cependant, contrairement aux grandes associations consuméristes, foodwatch se définit comme une «organisation politique» et elle s’inscrit clairement dans la mouvance écologiste. En effet, fondée d’abord en Allemagne en 2002, puis aux Pays-Bas en 2009 et en France en 2013, foodwatch est une initiative de Thilo Bode, ancien directeur général de Greenpeace Allemagne (1989-1995) et de Greenpeace International (1995-2001). La directrice générale de foodwatch France est, elle aussi, une ancienne de Greenpeace, ayant assuré pendant plus de six ans la coordination internationale de la campagne Forêt d’Afrique (2009-2015), tout comme la secrétaire de l’association qui est par ailleurs directrice de la collecte de fonds chez Greenpeace. De plus, foodwatch n’aurait pas pu voir le jour sans l’aide financière au départ de certains acteurs des milieux écologistes, bio et anthroposophes allemands.
Avec à l’appui des campagnes médiatiques et de pétitions, la stratégie de foodwatch consiste à cibler, avec une communication professionnelle, certains produits alimentaires bien connus du grand public et de dénoncer ce qu’elle appelle les arnaques à l’étiquette, c’est-à-dire les étiquetages abusifs ou trompeurs. Foodwatch mène aussi des campagnes alarmistes contre les OGM, le glyphosate ou encore sur le risque de migration de substances toxiques dans l’alimentation.
L’association s’oppose à la spéculation sur les denrées alimentaires et milite également contre le TAFTA, le traité transatlantique en cours de négociation entre l’Europe et les Etats-Unis car il «menace les consommateurs et le contenu de leurs assiettes», ainsi que contre le CETA, un projet d’accord similaire entre l’UE et le Canada. Selon foodwatch, «l’étiquetage extensif des OGM ou l’interdiction de substances potentiellement dangereuses présentes dans l’agriculture et l’alimentation, mesures que défend foodwatch, deviendraient quasiment impossible avec l’adoption de ces traités».

Association de la loi de 1901, créée en 2013.

Conseil d’administration

  • Thilo Bode : membre fondateur
  • Loïc Cadin : président
  • Joëlle Le Vourc’h : trésorière
  • Anne-Marie Schmit : secrétaire

Equipe

  • Karine Jacquemart : directrice générale
  • Ingrid Kragl : directrice de l’information
  • Mégane Ghorbani : responsable de campagnes
  • Eric Moranval : chargé web

A la fin de son mandat de directeur de Greenpeace International, Thilo Bode décide de fonder une ONG de lobbying sur les questions alimentaires, affirmant avoir été motivé par la crise de la vache folle. En 2001, Thilo Bode rencontre Henner Ehringhaus, un ancien responsable du WWF International et ancien vice-président de l’entreprise anthroposophe Weleda, qui l’introduit auprès de donateurs potentiels issus de l’agriculture bio pour financer cette initiative. Thilo Bode crée d’abord foodwatch à Berlin en 2002, puis une branche hollandaise en 2009 et française en 2013.

De mai à septembre 2014, foodwatch lance ses cinq premières campagnes de pétition sur les ruses légales, ciblant la Marque Repère (E.Leclerc), Maggi (Nestlé), Lustucru (Panzani), Vrai (Triballat Noyal) et Puget (Lesieur). L’association dénonce par exemple la mention «100% filet» sur l’emballage de filets de dinde Leclerc, laissant croire que le produit est totalement constitué de viande de dinde. Quant au yaourt bio Vrai, foodwatch pointe du doigt la mention «arôme fruits rouges» car il ne contient pas de morceaux de fruits mais seulement un arôme qui n’est pas bio. En décembre 2016, l’association dénonce le cas des terrines de canard ne contenant que 20% de canard.
En décembre 2014, le règlement européen concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires entre en vigueur et les trois bureaux européens de foodwatch lancent simultanément une campagne «pour dénoncer la faiblesse du règlement et la toute-puissance des lobbies de l’industrie agroalimentaire». Fin 2014, les cinq pétitions ont rassemblé près de 150.000 signatures.
En janvier 2015, Triballat Noyal annonce l’arrêt de la commercialisation de son yaourt bio Vrai arôme naturel fruits rouges. En juillet 2015, Leclerc décide de supprimer la mention «100% filet» sur l’emballage.
En août 2015, foodwatch France et la Ligue nationale contre le cancer s’associent pour lancer une pétition pour empêcher le renouvellement de l’autorisation européenne du désherbant glyphosate. La pétition réunit 347.000 signatures. Deux mois plus tard, foodwatch s’est unis à une quarantaine d’organisations européennes (Amis de la Terre, Générations Futures, Greenpeace, Réseau Environnement Santé, Fondation Sciences Citoyennes…) pour faire pression sur la Commission européenne sur la question du glyphosate.
En octobre 2015, en partenariat avec André Cicolella du Réseau Environnement Santé, foodwatch révèle que des aliments de grande consommation, conditionnés dans des emballages carton – souvent recyclés –, «sont contaminés par des huiles minérales, hydrocarbures dangereux pour la santé». Foodwatch demande des mesures urgentes à ce sujet et lance une pétition en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. En avril 2016, foodwatch lance une action administrative contre Auchan, pour obtenir le retrait de ses lentilles corail, qui affichaient la plus forte contamination par les hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales (MOAH) parmi les produits testés. Quelques mois plus tard, foodwatch se félicite que E.Leclerc, Carrefour, Lidl, Intermarché, Casino et Système U se sont formellement engagés à bannir les MOAH de leurs aliments.
Suite à une demande de foodwatch faite à Coca-Cola fin 2015, la multinationale américaine a rendu publiques en avril 2016 ses financements de la recherche en Europe. Foodwatch fait aussi campagne contre l’étiquetage nutritionnel à cinq couleurs, lui préférant un système de feux tricolores. En janvier 2016, à la demande de France 2, foodwatch analyse des jus de fruits exotiques afin de montrer que dans leur composition, l’orange et la pomme sont en plus grande quantité que les fruits exotiques mis en avant sur l’étiquette. Fin mars 2017, foodwatch lance une pétition demandant «à la Commission d’améliorer les règles concernant la taille des caractères sur les étiquettes alimentaires, et d’établir des critères pour un étiquetage lisible». En juin 2017, l’association lance une pétition au sujet du Capri-Sun Multivitamin. Pour Karine Jacquemart, «Il est inacceptable que Capri-Sun Multivitamin se fasse passer pour une boisson pleine de fruits alors qu’il y en a peu, et qu’elle contient du sucre ajouté. Vu sa teneur en sucre, l’OMS estime que Capri-Sun Multivitamin ne devrait pas cibler les enfants avec son marketing.». En août 2017, foodwatch dénonce une gestion opaque dans l’affaire des œufs contaminés au fipronil en France. En décembre 2017, foodwatch dénonce 20 arnaques à l’étiquette dans les menus de fête et lance une pétition contre Coraya qui «induit les consommateurs en erreur avec son surimi “Suprêmes au goût frais de Homard” qui affiche en grandes lettres le mot “homard” à l’avant de son emballage, mais qui n’en comporte pas la moindre trace». En février 2018, l’association porte plainte avec plusieurs parents dans l’affaire Lactalis «pour 12 infractions qui engagent la responsabilité de tous les acteurs impliqués». Le même mois,  elle dénonce la tisane «drainage et élimination pamplemousse» de La Tisanière en tant que produit detox et la qualifie d’«arnaque» car  elle contient à peine 1% de morceaux de pamplemousse. En septembre 2019, dans sa nouvelle enquête, foodwatch épingle une douzaine de produits connus, ciblant en particulier Yoplait et son Panier 0% aux fruits rouges «qui contient de la gélatine de bœuf mais ne le signale pas».
Par ailleurs, depuis 2014, foodwatch France est partie prenante de l’initiative européenne «stop TAFTA» qui regroupe plus de 250 organisations et participe au comité de suivi stratégique sur cette question initié par le Secrétaire d’Etat au commerce. En mars 2017, foodwatch, l’Institut Veblen et la Fondation Nicolas Hulot utilisent la procédure de la «porte étroite», qui leur permet d’exprimer directement au Conseil constitutionnel leurs préoccupations sur le CETA avec un mémoire.

AnnéeProduitsChargesRésultat
2017762.451 €683.419 €79.031 €
201635.681 €542.946 €-507.265 €
201544.960 €268.558 €-223.598 €

Foodwatch France affirme être «uniquement financée par les dons de particuliers, fondations ou sociétés». En fait, elle dépend financièrement presque entièrement sur foodwatch Allemagne. Elle précise que pour son lancement, elle aurait reçu de foodwatch Allemagne des aides d’environ 130.000 euros en 2013 et de 200.000 euros en 2014. Foodwatch Allemagne a octroyé à foodwatch France un don de 30.000 euros en 2015, de 12.500 euros en 2016 et de 610.000 euros en 2017. En 2016, foodwatch France a reçu un prêt de 500.000 euros de foodwatch Allemagne. De novembre 2014 à décembre 2016, le montant total du prêt de foodwatch Allemagne en faveur de sa branche française s’élève à 720.000 euros. En 2017, l’association a reçu une subvention de 98.345 euros de Google Ad Grants (il s’agit de publicité offerte par Google avec des liens sponsorisés, les «Adwords»).
L’objectif de foodwatch France, à long terme, est de financer son travail en France par des dons et les cotisations de ses membres. Toutefois, ce n’est qu’en 2016 qu’elle a  mis en place les moyens de récolter des dons. Les dons en 2017 représentent 41.289 euros (contre 20.673 euros en 2016), couvrant à peine 6% des charges. En 2016, les ressources de foodwatch Allemagne s’élèvent à environ 3 millions d’euros et à 1,2 million d’euros pour foodwatch Pays-Bas.
Au nom de l’indépendance, foodwatch dit ne pas accepter d’argent provenant de l’industrie agro-alimentaire, de fonds publics, ni des grandes entreprises de la distribution alimentaire. Cependant, pour son capital de démarrage d’environ 1,5 million d’euros, foodwatch Allemagne a emprunté à la GLS Bank, une banque d’inspiration anthroposophe, et reçu d’importantes subventions notamment du milliardaire Rolf Gerling, administrateur d’un institut de recherche sur l’agriculture biologique, d’Alfred Ritter, fondateur de l’entreprise agroalimentaire Ritter Sport, de Karl Ludwig Schweisfurth, producteur bio, Nikolai Fuchs, coordinateur européen de Demeter International, la marque agricole d’inspiration anthroposophe.
Foodwatch France précise : «Tous les dons supérieurs ou égaux à 500 euros par an, qu’ils soient effectués par des entreprises ou des particuliers, feront l’objet d’un contrôle, afin d’exclure tout lien avec les secteurs mentionnés. Les noms de tous les grands donateurs (à partir de 5000 euros) sont cités sur le site internet de foodwatch – c’est la condition sine qua non pour que nous acceptions ces fonds.»

 

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